(J56) Mea Culpa

Contexte.

Juste pour vous situer. Parce que c’est là que j’en suis rendue. À la presque fin. Ou au presque début. Je ne saurais trop vers lequel pencher. Bref, 39-2 semaines dans la bedaine. Avec ce que ça entraîne. De bouleversements. Physiques. Hormonaux. De doutes. De questionnements. D’impatience. Et, disons le. De sérénité aussi. Quand même!

Le début de la fin.

C’est à peu près là. Où je me situe. Parce que cette grossesse tire à sa fin. Mais également parce que ce sera la dernière. Ne vous détrompez pas. Le deuil est assumé. Et serein. J’ai l’impression d’avoir donné le meilleur de moi-même. Du moins de ce côté. J’ai l’impression aussi d’y avoir vécu ce que j’avais à y vivre. J’en ai profité. Pour grandir. Pour aimer. Pour m’apprivoiser. Pour découvrir. Pour me découvrir. Pour me situer. Et me projeter aussi. Bref, je crois vraiment en avoir retirer énormément. Mais ce temps est maintenant presque chose du passé. Après 4 grossesses. Je me sens extrêmement choyée.

Nouveau chapitre.

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Je n’ose même pas penser aux nombre de chapitres qu’il a conclus. Aux nombres de pages tournées. Mon arrière-grand-père avec les plus jeunes des 4 générations qui l’ont suivi.

En même temps. C’est un peu bouleversant. Ça signifie tourner une page. Et en démarrer une autre. Bien entendu. Une autre page encore vierge. Et même si l’appel se fait sentir. Je suis encore hésitante. Ou peut-être que je suis plus consciente. Tout simplement. Il faut dire que le dernier chapitre représente toute ma vie d’adulte. Jusqu’à  aujourd’hui. 17 ans de vie. C’est pas rien. Je sais désormais que le prochain chapitre verra rapidement mon premier bébé devenir adulte. À son tour. C’est un chapitre annonciateur de nouveaux cycles. Ça fait un peu peur tout ça.

J’y pense.

Quand j’y pense, j’ai le vertige. Tout se bouscule. Tout s’emmêle. S’embrouille. Par ici. Par là. Bref, j’entrevois les grandes lignes. Et c’est enivrant. Et inconfortant. Je me demande parfois si je suis la seule à vivre autant de dualités.

Je n’ai pas peur du quotidien. De relever des défis. De foncer vers de l’inconnu. Ce n’est pas ça. C’est autre chose. Difficile à décrire. À écrire. De l’ordre du ressenti. De l’intangible. L’impression d’être sur la corde raide. Surplombant la frontière entre l’espoir. Et la fatalité. En souhaitant ardemment garder confiance. Et surtout en ne voulant pas se faire tester par la vie. C’est probablement un peu hormonal. Mais peu importe. Il faut que l’avancée se poursuive. À une bonne cadence. De façon régulière. Car c’est le meilleur moyen de garder le cap. Et de maintenir l’équilibre.

Constat.

Outre les doutes. Outre les questionnements. Clore un chapitre entraîne son lot de constats. Inévitablement. Des mises au point. Nécessaires. Plus souvent qu’autrement. Et dans l’ensemble, je suis assez fière. Du chemin parcouru. Des obstacles surmontés. De la confiance acquise. Mais il y a place à l’amélioration. J’en conviens. Pour la suite. J’espère avant tout être à la hauteur. De quoi? On verra bien ce que la vie proposera. Mais en attendant. Je tente de prendre du recul. De voir le portrait dans l’ensemble. Sans filtre. Ni recadrage. La vie ce n’est pas Instagram. Il ne faut pas l’oublier.

Effort soutenu.

Le quotidien est la chose la plus exigeante du monde. Du moins, pour moi. C’est aller rêver sur Pinterest de la parfaite cuisine organisée. Se retrouver dans la sienne après le passage de 3 enfants éternellement affamés. Et se dire qu’on aurait dû lâcher l’écran bien avant. Si vous saviez tout ce qui se produit dans notre cuisine en 10 minutes! C’est monter un projet scolaire étoffé. Sur un sujet qui passionne notre enfant. Et le voir s’en désintéresser. Au moment où. On s’apprête à lui présenter. Et tout recommencer. C’est se lever à 4:30AM. Pour essayer de passer un peu de temps avec son chum. Et pour travailler un peu. Et déclencher le détecteur de fumée en se faisant un café. Misère! Et c’est aussi tout ce qui tourne autour de nous. Tous ces satellites qui influencent notre vie. Directement ou indirectement. C’est gens qu’on aime et qui vieillissent. Ou sont malades. Ou tristes. À qui ont fait une place dans notre vie. Avec tout notre cœur. Et les meilleures intentions du monde. Même si ça bouleverse les plans.

Mea Culpa. Je ne suis pas la plus organisée. Ne vous détrompez pas. Je suis pleine de bonne volonté. Mais ciel que je trouve ça difficile. De tout coordonner. De tout conjuguer. D’insérer l’imprévisible dans la routine. Je voudrais prendre soin de moi, des enfants, de mon couple, des animaux et de la maison. Avoir plus de temps à investir sur ma carrière et faire plus d’activités avec les enfants. En famille. Je voudrais que mes enfants se réveillent chaque matin à l’odeur du pain frais et passer des heures à leur lire des histoires chaque soir. Mais il faut apprendre à laisser-aller. Un peu. Ici et là. Pour qu’à la fin on sente un équilibre. Individuel. Et familial. Du moins momentanément. Car. Entre vous et moi. La culpabilité ne fait pas avancer. Malheureusement.

Focus.

C’est un peu aussi la raison de ce blog. Qui va. Par ci par là. Dans les différentes sphères de notre vie. Sans s’attarder. Plutôt en survolant ce qui nous tient à cœur. En répertoriant ce que nous aimons par-dessus tout. En concrétisant ce qui nous rend le plus heureux. Le plus fiers. Et ce qui fait de nous qui nous sommes. À travers le temps. C’est un peu notre Vision Board familial. Intemporel. Avec beaucoup de mots. C’est ce qui nous donne la force de patienter. Quand on a l’impression que la vie nous maintient. Immobiles. Et celui qui nous redonne l’énergie d’avancer. Quand les obstacles se dressent.

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Un clin d’oeil à mon grand. Celui avec qui tout a commencé. Celui avec qui je suis devenue adulte. Celui avec qui j’ai bravé vents et marées. Celui qui s’apprête, aujourd’hui, à devenir adulte. À son tour.

J’imagine.

J’imagine que c’est ça la vie. Regarder devant. Avoir un peu peur. Avancer quand même. Que les pas soient hésitants. Ou assurés. Juste garder le cap. Par espoir. Par curiosité. Par volonté d’aller plus loin. De risquer.

J’imagine que c’est ça la vie. Changer de trajet. Et accepter que d’autres prennent un autre tracé.

J’imagine que c’est aussi ça la vie. Prendre de l’expérience. Gagner en assurance. Devenir plus téméraire. Ou simplement plus confiant.

En fait. J’imagine que la vie est bien plus le résultat de ce que l’on est. Et des traces que nos pas auront laissées. Que de ce que nous ne sommes pas. En fait. Je l’espère.

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