(J57) Sauve qui peut

Il était une fois.

Il était une fois une maman. Il était une fois une famille. De trois enfants. Bientôt quatre. Il était une fois un ventre qui grossissait. Un utérus en mode BabyHouse. Il était une fois une petite fille. Curieuse de ce qui se tramait. De ce qui se transformait. Devant elle. Mais derrière des portes closes à la fois. Il était une fois une famille ordinaire. Qui se préparait à l’extraordinaire.

Bedon de laine, bedon rond.

Et puis j’arrondissais. Je devenais de plus en plus évidente. Difficile à manquer. Le projet se concrétisait. Tranquillement. On se préparait. Et on préparait les enfants. On voulait une épopée familiale. Un happy ending à notre image. À l’image de ce vers quoi nos rêves soutendent. Une grande finale. Une grandiose symphonie. Ça aura été autre chose. Mais j’y reviendrai. Sûrement. Quand ce sera le bon moment.

Introduction.

Bref. On jasait. Les enfants posaient des questions. On tentait de les laisser diriger les conversations. Pour répondre à leurs interrogations. Pour apaiser leurs inquiétudes. Pour qu’ils se sentent impliqués. Parce qu’on les voulait ainsi. Impliqués. On les invitait à suivre le parcours. On leur faisait des comptes-rendus. On y allait au gré de leurs envies. Dans le plus grand respect de leurs limites. On les incitait à créer le contact. Avec le futur membre de la famille. Doucement. En lui parlant. Le touchant. L’écoutant.  On entrevoyait un germe de lien. On se délectait de cette naissance qui s’effectuait sous nos yeux. Celle de la fratrie qui nous faisait rêver. On était aux anges.

Bébé de famille.

Puis il y avait Aster. La petite dernière. Sur qui on portait une attention particulière. Parce que fragile comme le verre. À cause d’un sevrage forcé. Imposé. Mais nécessaire. Pour mon équilibre. De femme. De mère. À cause de ce qu’elle est aussi. Tout simplement. On l’entraînait dans l’aventure. Prudemment. Conscients des défis que la situation lui imposait. En lui permettant de rester à l’écart. Au besoin. Et en l’accueillant avec une joie immense. Le reste du temps.

Puis.

Le temps est venu. Pas comme on avait prévu. Pas de la façon qu’on l’aurait voulu. Malgré la visualisation. Malgré les préparatifs. Et tout le cœur qu’on y avait mis. Ainsi va la vie. L’expérience en famille n’aura pas eu lieu. Malgré notre bonne volonté. C’est douloureux. Mais ce fût pour le mieux. C’est ce que la tête finit par comprendre. Pendant que le corps guérit. Et que le cœur se donne du temps. Pour digérer. Cicatriser.

5H48.

Il était 5H48. Quand bébé est arrivé dans mes bras. Quand enfin nos yeux se sont croisés. Dans un fragile équilibre. De douceur et de froideur. Dans une atmosphère à l’image des émotions. Qui nous envahissaient. Nous submergeaient. On aurait voulu que ça se passe en équipe. Que les présentations soient futiles. Superflues. Mais il fallait faire avec ce que la vie nous offrait.

Ciao. Bye.

Quitter. C’est tout ce qu’on voulait. Quitter. Pour rentrer. Se retrouver. À l’endroit où nous nous devions d’être. Entourés de ceux qui nous sont le plus chers. Retrouver la famille. Pour que l’équipe soit complète. Pour s’unir. Dans l’intensité du moment. Après des jours d’incertitude. De déception. Pour reprendre pied. En s’appuyant. Les uns sur les autres.

Toc. Toc. Toc.

6H. Il aura fallu attendre 6H. Une éternité. Dans les circonstances. Puis on l’a eu. Le fameux OK. Timide. Forcé. Hésitant. Mais on l’a eu. On a emmitouflé bébé. On a pris la route. Puis on est arrivés. Soulagés. Essoufflés. Fatigués. Fébriles. Mais heureux. Au travers de tout ça. On était surtout heureux. On a pris soin de cogner à la porte. Comme se doit de faire tout invité. Parce que ultimement. On avait quelqu’un à présenter.

Rencontre.

Et la porte s’est ouverte. Et on est entrés. On a déposé la coquille au sol. Pour faciliter le contact. Hélios s’est approché. A salué bébé. Mais pas d’Aster. Ma petite qui m’avait tant manqué. Elle ne venait pas vers moi. Ni vers le bébé. Qu’elle chérissait. Quelques jours auparavant. À travers moi. Puis je l’ai aperçue. Foncer comme une fusée. Pour aller se cacher.

24H.

Et ce fût ainsi. Durant 24H. 24 longues heures. Où elle s’est retirée. Où elle refusait mon contact. La proximité avec bébé. La nouvelle réalité. Qu’elle se faisait imposer. 24H d’impuissance. À ne pas pouvoir la réconforter. Car après tout. J’étais à l’origine de ce qui la troublait. Ce bébé qui venait tout chambouler. Une longue journée. Où j’ai oscillé. Entre la reconnaissance envers la vie. Pour cet autre miracle de la maternité. Et l’impuissance. Devant ma petite en désarroi. Face à un si grand changement.

brother and sister

Trouver l’équilibre ensemble.

Abracadabra!

Puis tout s’est placé. Comme par magie. En toute simplicité. Il aura fallu une sortie. Puis une entrée en scène. Différente. Où Aster était a l’honneur. Où elle revêtait un nouveau rôle. Il aura fallu qu’elle soit celle qui s’intègre à l’environnement de son nouveau petit frère. Et non le contraire. On aurait pû y penser. Vaut mieux tard que jamais. La suite s’est déroulée plus rondement. On a recommencé à respirer. Graduellement. Et à espérer. Que nos rêves de famille allaient se réaliser.

Retour du balancier.

Les jours se suivent. Les choses se placent. Nous sommes satisfaits. De ce qui a été fait. De comment on l’a fait. Nous somme fiers d’avoir fait confiance à la vie. Mais surtout à nos enfants. De leur avoir fait cadeau du temps qu’ils nécessitaient. D’avoir pris la voie de la patience. Et surtout de la confiance. De la résilience. Il nous reste encore beaucoup  à apprendre. Surtout au niveau de l’équilibre. De l’ensemble. Et des individus qui le composent. C’est un défi de taille. Qui n’a comme égal que le bonheur. D’avoir enfin cette famille. Dont j’ai tant rêvé. Mais on y parvient. En se ressourçant. À travers les enfants. À travers les victoires. En les voyant. S’aimant. S’entraidant. De temps en temps. Entre deux séances de picossage. C’est inévitable.

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(🚸) Les voyages forment la jeunesse

« Dans le cadre d’un projet commun initié par Julie (Maman escargot), je me suis jointe à d’autres parents-éducateurs blogueurs afin de témoigner de mon expérience de scolarisation à domicile. Le thème proposé: Ce que la scolarisation à domicile représente pour vous (votre famille, vos enfants), ce que ça vous apporte et comment vous le vivez au quotidien. »

Un jour.

Je ne me souviens pas trop du moment précis. De l’instant où l’idée a germé? Où l’élan de folie a pris forme. J’ai plutôt l’impression que c’était ce qui devait être. L’école-maison ne s’est pas imposée dans notre vie. Elle a été la suite. Logique. De ce qui avait été. Et elle allait teinter ce qui allait s’offrir à nous. Par la suite.

Point de départ.

Si vous nous avez déjà lu vous savez. Vous savez que j’ai eu mon premier fils assez jeune. Je suis devenue adulte en devenant mère. Et nous avons grandi ensemble. Pas à pas. Tour à tour, j’ai enfilé les rôles. Constamment maman. Mais ponctuellement étudiante. Puis travailleuse autonome. Nous nous sommes habitués à une routine à deux. Nous sommes devenus une équipe. Des compagnons de voyage.

Planifier.

Donc. Rien n’a réellement été planifié. Nous sommes partis à l’aventure. Simple de même. Pas toujours en fait. Mais pour commencer du moins. Sans trop savoir où on s’en allait. Ni où ça allait nous conduire. Ni combien de temps on serait sur la route. C’est sûrement dû à la candeur de la jeunesse. Mais ce fut merveilleux.

La route.

Le voyage aura été riche. Ponctué de paysages splendides. De rencontres enrichissantes. D’expériences confrontantes. On aura vécu des moments de doute. D’incertitudes. On aura escaladé des montagnes. Mais on aura tout traversé ensemble. Comme l’équipe que l’on était. Et on en ressort forts. Comme jamais je ne l’aurais cru.

Faut pas se leurrer.

Il y a eu des jours de tempête. Des orages. Et des grands vents. Des moments d’attente. Des impressions d’immobilité. Des ruelles sombres et lugubres. Des douaniers zélés aussi. On en a vu de toutes les couleurs. Mais au final. Ce que j’en retiens. Ce sont les arcs-en-ciel. Qui ont toujours suivis. Juré. Craché.

Terminus.

Ce premier voyage est fini. Du moins presque. Du moins avec moi. Mon fils prend une autre route. Qui lui appartient. Et je sais qu’il saura se repérer. J’ai confiance. Je l’ai vu grandir. Tomber. Se relever. Il ira loin. Aussi loin qu’il le souhaitera. Et j’en suis émue. Et fière. Et un brin nostalgique. Quand je pense école-maison, c’est ce qui me vient en tête. Instantanément.

Tout le monde ne descend pas.

Et nous y voilà. Nous reprenons la route. Avec un nouvel équipage. Cette fois nous sommes deux capitaines. Évidemment, tout est à refaire. Rien n’est acquis. Parce que l’équipe a de nouveaux rêves. D’autres besoins. Elle a ses forces. Et ses faiblesses. Et un vécu. Indépendant. Et collectif. Ce n’est pas négligeable.

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Revenir et repartir

Voir du pays.

Le plus beau dans tout ça. Ce qui fait qu’on a le courage de reprendre la route. Ce qui fait qu’on a l’énergie de s’élancer à nouveau. Dans le vide. C’est…indescriptible. Décevant de même. Je ne saurai jamais ce que l’on serait devenus. L’allure que notre famille aurait prise. Si on avait choisi de vivre autrement. Mais je sais que j’aime ce que nous sommes. Tellement. Et que j’ai envie que l’on continue. De découvrir. De foncer. De vivre. Ensemble. Je veux voir mes enfants se construire. Devenir et être. Ce qu’ils sont réellement. Sans pression. Ni jugement. Parce que je sais aujourd’hui. Je sais que c’est de cette façon qu’ils seront à leur meilleur. Et qu’ils toucheront au bonheur. Et qu’ils auront envie de le partager. Avec d’autres. Inévitablement.

Lever l’ancre.

Nous repartons donc. Sous peu. Vers de nouveaux horizons. Fébriles. Devant l’inconnu. Mais forts. Et confiants. D’être ensemble. C’est le plus beau. Quel chemin prendrons-nous? Je ne sais pas. Pour combien de temps serons-nous du voyage? Je ne sais pas plus. Ce que je sais? Je sais que j’en sortirai grandie. Et que ce sera le cas pour tout le monde. Je sais que le voyage sera une aventure. Marquante. Formatrice. Enrichissante. Pour tous. Jeunes et moins jeunes.

Et.

Avant de mettre le point final. Avant de clore. Laissez-moi vous souhaiter bon voyage. Peu importe votre destination. Peu importe avec qui vous partez. Prenez le temps de le vivre. Et de vous laisser imprégner. Et si l’école-maison vous interpelle. Si vos pas vous y mènent. Préparez-vous à vivre. De grandes émotions. De grandes réalisations.

(J53) Planifier une année d’école-maison (2)

Les présentations.

On a passé du temps à observer nos enfants. À essayer de les voir sous un nouvel angle. Pas si nouveau. Mais quand même. Avec peut-être aussi un objectif autre. Autre que celui du parent. Plutôt avec celui du parent-éducateur. Certains diront qu’un et l’autre sont la même personne. Et je suis assez d’accord. À la différence près des comptes qu’ils ont à rendre. En cours de route. Ou à l’arrivée. Et ça, ça fait toute la différence.

La page de présentation.

C’est tout simple. Et c’est une belle façon d’attaquer le travail. Sans pression. En utilisant vos observations précédentes. Elle ne contient rien de compromettant. Elle sert seulement à vous présenter. Une première impression. Un bon moment pour vous exprimer. J’y inclus:

  • Le nom de mon enfant
  • Son niveau scolaire selon le régime scolaire québécois (même si je suis une autre pédagogie)
  • L’année scolaire
  • Le titre du document
  • Le code permanent de mon enfant, s’il y a lieu
  • Le nom de la personne qui a élaboré le plan
  • La date de création du document final
  • Et une image. Un dessin, une photo. Qui représente l’enfant, quelque chose qu’il aime, une passion, etc.

Amusez-vous. Les étapes suivantes seront…disons-le comme ça…mécaniques.

L’ordre.

Une table des matières. Ça a l’air de rien comme ça mais c’est important. Pourquoi? Pour plusieurs raisons:

  • Pour faciliter les communications à distance avec les intervenants qui vous seront attitrés
  • Parce qu’il y a des chances pour que ce soit la seule et unique page qui soit réellement lue dans votre plan de scolarisation. Malheureusement.
  • Pour avoir des repères qui vous feront sauver du temps en cours d’année.

Faites-la à votre guise. Une simple liste. Un document avec hyperliens intégrés. À vous de choisir. Selon que vous garderez une formule digitale seulement. Ou que vous ferez un document papier. Selon vos connaissances en informatique. Ou vos envies du moment. Mais faites-en une.

Et la loi.

C’est une grande source de craintes. Et de questionnements. Et c’est normal. On veut ce qu’il y a de mieux pour nos enfants. Et on veut être bien interprété. On veut aussi se placer dans une position confortable. Pour dormir sur nos deux oreilles. En étant en règle. En respectant nos obligations. Et en faisant respecter nos droits. Ça va dans les deux sens.

J’ai appris sur le tas. Quand j’ai commencé, je n’avais pas internet. Je ne connaissais pas les associations. Ni mes droits. Ni les attentes des autres parties. J’étais un peu naïve. Et ça m’a servie. Un temps. Maintenant je suis beaucoup mieux informée. Et j’en suis fort heureuse. Mais il m’a fallu passer par des périodes plus tourmentées. Et ça. J’aurais pu m’en passer.

Les associations vous le diront. Les flous des textes de lois font en sorte que vous pouvez déclarer ou pas vos enfants. Ceci dit, si vous faites le choix de ne pas déclarer, soyez tout de même au fait des lois en vigueur. On est jamais trop bien outillé. Si vous faites comme moi et déclarez vos enfants, les lois vous serviront à faire respecter vos droits. Mais aussi à comprendre les obligations des intervenants. Et bien souvent le pourquoi de leurs requêtes. Et de leurs réactions. Et ainsi d’éviter beaucoup de conflits. En permettant une meilleure communication. Une meilleure compréhension du rôle de chacun.

La scolarisation à la maison est régie à plusieurs niveaux. Il y a bien sûr les paliers gouvernementaux. Écoles. Commissions scolaires. Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Mais il y a aussi la Loi Sur la protection de la jeunesse. Et le Code civil. Et chacun se rapporte à certains aspects de l’école-maison. Et chacun peut laisser place à interprétation. De là l’importance d’en prendre connaissance. Et de prendre des notes. Et d’intégrer les articles de lois pertinents dans votre plan. Pour vous y référer rapidement en cas de besoin. Mais aussi pour que tous en soient informés. Car une enseignante n’est pas nécessairement au fait de la Loi sur la protection de la jeunesse. Et une intervenante de la DPJ n’est pas nécessairement une experte en évaluation académique. À chacun son métier. Mais je vous suggère de faire un survol de l’ensemble de la réglementation. Car en cas de litige, vous serez le pont entre tout ce beau monde. Un parent informé en vaut deux. C’est pas moi qui l’a inventé. Voici un court résumé de qui fait quoi. Rien d’exhaustif. Plus un élan pour entamer vos recherches.

  • Le Ministère: Au Québec, l’enseignement est régi par le Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Cette section du gouvernement est responsable de la mise en place des programmes de formation. Et des méthodes d’évaluation. Et de l’application de la Loi sur l’instruction publique. Articles 1, 13, 14, 17 et 18. Mais surtout 15 alinéa 4. En ce qui nous concerne. Elle supervise les pratiques d’enseignement appliquées par les organisations de première ligne. C’est votre ultime recours en cas de litige.
  • La DPJ: elle est responsable de l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse. Articles 38 alinéa 1 et 39. En ce qui touche l’école-maison, on parle du devoir des parents à fournir une éducation à leurs enfants. Ils ne sont pas là pour évaluer les performances académiques mais bien pour veiller à ce que les besoins et droits de l’enfant soient respectés.
  • En appui aux réglementations des 2 premiers intervenants, les articles 599 et 600 du  Code civilsont également   d’intérêt.
  • Les commissions scolaires: les commissions scolaires sont les organisations responsables de l’évaluation de l’expérience éducative des enfants de leur territoire. Elles sont donc les représentantes officielles du Ministère de l’éducation et ont la tâche d’appliquer la Loi sur l’instruction publique. Ainsi que l’ensemble des mesures décrites par les orientations ministérielles en matière d’école-maison.
  • Les écoles du réseau public: parfois, les commissions scolaires délèguent la tâche d’évaluation aux écoles de quartier. Vous aurez donc à rencontrer un ou plusieurs intervenants tels que membres de la direction, professeur du niveau de votre enfant ou encore des spécialistes.

Ouf! C’est lourd. J’en conviens. Mais un parent bien informé est essentiel dans un projet d’école-maison. Une bonne façon de commencer votre exploration de la sphère légale liée à votre future aventure est de parcourir ce document concernant les orientations ministérielles. Faites un résumé de l’ensemble de la législation et faites-en l’introduction de votre plan de scolarisation. Vous démontrerez votre connaissance. De vos devoirs. Et de vos droits. Et de votre implication. Et de votre sérieux.

La voie.

Une fois qu’on a choisi l’école-maison comme route. Qu’on s’est informé sur le cadre légal. Il faut aussi choisir sa voie. Celle qui nous permettra d’avancer. Rien ne vous empêche de changer en cours de route. De prendre un temps d’arrêt. Pour revoir l’itinéraire. Mais si on veut avancer, il faut choisir une voie de départ. C’est ce que votre pédagogie représente. Je vous en cite ici quelques-unes. Mais encore une fois, faites-vos recherches. Car je ne les ai pas toutes vécues. Ni toutes explorées avec autant d’ardeur.

Le programme officiel du Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur

C’est assez simple comme idée. Ce programme est celui qui est appliqué dans la grande majorité des écoles du réseau public. En consultant les ressources, vous aurez des listes explicites pour vous guider. Des progressions d’apprentissage standards. Des listes de vocabulaire par niveau. Des listes de documents d’enseignement approuvés. Des procédures d’évaluation. Bref, vous aurez une bonne quantité d’outils. Destinés à priori aux enseignants.

L’utilisation de ce programme à son lot d’avantages et d’inconvénients. Comme tout le reste. Dont:

  • Il est général. Donc si vous voulez offrir une expérience éducative personnalisée à votre enfant, vous devrez l’adapter. L’effort en vaudra assurément la chandelle.
  • Il est facilitant au niveau des communications. Les intervenants le connaissent. Ils travaillent avec chaque jour.
  • Vous serez assurés de trouver des ressources faciles à utiliser. En français. Provenant du Québec.
  • Il est aussi adapté à un projet d’école-maison de courte durée. L’enfant sera probablement réconforté par cette continuité.

Que vous choisissiez ou non cette forme d’école-maison il est bon d’en être au fait. Parce que c’est le langage des intervenants. Leur point de départ dans l’évaluation de l’équivalence éducative. C’est un peu comme apprendre une langue. Personnellement, j’ai les documents suivants en format digital et papier. Je les fais imprimer une fois. En début de parcours. Voici quelques liens utiles.

Préscolaire

Primaire

Secondaire

Matériel éducatif

  • Le RÉCIT qui est un réseau axé sur l’intégration et le développement des compétences par l’intégration des TIC
  • Le guide de recherche du matériel didactique approuvé

L’école à distance

Une autre option où à peu près tout est dit dans le nom. J’ai déjà cité cette option dans la section sur le programme ministériel. Pour le secondaire. Mais il y a d’autres opportunités. En français. Et une tonne en anglais. Je me contente de vous guider vers les options francophones. Car ce blog est en français. Car les ressources anglophones sont faciles à trouver.

Les avantages et inconvénients vous diront encore une fois si la formule est pour vous. Ou encore quelle formule choisir. Il faut s’attendre à un enseignement plutôt traditionnel. Mais qui n’est pas aligné avec le programme québécois. Évidemment. Vous aurez probablement à faire des conversions. À donner des explications. La routine doit être maintenue. Les évaluations s’enchaînent. Il faut de la constance. Mais tout le matériel est déjà là. Toute la planification est faite. Ne vous reste qu’à accompagner. Ça peut être très intéressant pour certains. Moins pour d’autres.

  • Le CNED, le Centre d’éducation à distance de la France. En formule complète ou à la carte. Réglementée ou libre. Avec possible service de tuteur. Il faut s’informer car les offres et tarifs varient. Selon qui vous êtes. Où vous habitez. Ce que vous recherchez. Et informez-vous sur la progression dans le système français avant de choisir!
  • L’Académie-en-ligne. La formule gratuite du CNED. Sans tutorat. En formule autonome. Mais avec la même qualité de matériel.
  • EAD. Enseignement à distance de la Belgique. Avec des tarifs familiaux abordables.

Le Unschooling

Là on entre dans le vif du sujet. Dans ce qui, à mon avis, est une des plus belles opportunités de l’école-maison. Le droit de choisir sa formule. En fonction des enfants. De ses valeurs. De la vie que l’on veut construire. Nous ne sommes pas des unschoolers. Par choix. Mais j’ai un énorme respect pour les parents qui prennent cette option. Car elle est exigeante. Elle n’offre pas d’accalmie. Il faut être à l’écoute. Tout le temps. Attentif aux moindres détails. Creuser. Fouiller. Remettre nos choix en question. C’est une aventure qui demande de rester sur le qui vive. Mais qui peut permettre un épanouissement sans pareil. Pour l’enfant. Le parent éducateur. Et tout ce qui les entoure. Je n’entrerai pas dans le sujet en profondeur. Je parlerais à travers mon chapeau. Mais je vais vous donner quelques pistes de réflexions. Et de recherches.

De ce que j’en comprends. Vous pouvez me corriger. Le unschooling est:

  • une formule éducative où l’apprenant est au centre des décisions. Où il est le principal décideur des directions à prendre. En étant accommpagné. Plus ou moins intensément. Selon son âge. Ses besoins.
  • une prise de conscience que les apprentissages et la vie sont indisociables. Surtout chez l’enfant. Qui a une propention naturelle à apprendre. À suivre ses élans de curiosité.

Le unschooling n’exige donc pas de planification à long terme serrée. Mais beaucoup d’adaptation. Afin de suivre l’enfant. Et d’être la courroie de transmission entre ses acquis et les exigences des évaluateurs. Il faut savoir naviguer dans l’entre-deux. C’est inévitable.

Je vous laisse donc avec quelques pistes de recherche

Ce ne sont que quelques pistes. Parcourez le web. Lisez des livres. Rejoignez des communauté sur Facebook. Et gardez-vous à l’affût. Et bonne découverte!

Thomas Jefferson.

Thomas Jefferson Education. Ou encore Leadership Education. Ou tout simplement Tjed. Cette philosophie éducative est basée sur les 7 grands principes suivants:

  • L’utilisation d’œuvres classiques. Si possible en version originale et intégrale.
  • L’accompagnement par mentorat plutôt que l’enseignement.
  • La recherche d´inspiration. Par rapport à l´imposition d´exigences.
  • La structure du temps. Plutôt que la gestion des contenus.
  • La recherche de la qualité. Sans exiger le conformisme.
  • La simplicité. Par opposition à la complexité.
  • L’exemple parental. L’importance de la formation continue. Et de l’établissement d’un milieu de vie propice au développement des connaissances. Et des aptitudes de tous genres.

Ces principes sont, bien sûr, applicables à différents degrés. Selon l’enfant. Mais surtout la phase d’apprentissage dans lequel il se situe. Les grandes phases sont:

  • Le développement global. Ou de base. De 0 à 8 ans. La période parfaite pour les apprentissages par expérience. Dans le quotidien. Et le confort de son environnement immédiat. Avec la famille. Le temps de jouer. De lire des histoires. D’écouter de la musique. De sensibiliser les enfants à l’art. De les impliquer dans les tâches du quotidien. De leurs offrir des occasions d’explorer et découvrir le monde.
  • La découverte de la connaissance. Ou plutôt la découverte de son rôle dans le développement. Et l’acquisition de connaissances. De 8 à 12 ans. Suite logique de la précédente phase. Où l’enfant commence a relier son quotidien à différents apprentissages. Dans une structure de temps un peu plus construite. Mais obligatoirement logique.
  • Le développement intellectuel. De 12 à 16 ans. C’est le moment où le mentorat prend vraiment son importance. Et où la pensée abstraite devient plus accessible. Permettant ainsi une meilleure compréhension de la critique.
  • La période d’approfondissement. De 16 à environ 22 ans. Tout est déjà dit. C’est le moment où le jeunes prend les directions qui l’interpelle. Le moment où il décide de ce qu’il veut approfondir. Ou développer.
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Thomas Jefferson 1743-1826

C’est donc un type de formation exigeant. Pour l’apprenant. Qui se doit de s’automotiver. S’auto-critiquer. S’auto-corriger. S’auto-stimuler. Et pour le parents. Qui doit être un exemple. De tous les jours. S’investir sans compter.

L’éducation classique.

C’est une formule éducative qui implique un projet à lng terme. Plus souvent qu’autrement. Qui implique de vivre le présent en gardant un oeil sur l’avenir. Et en s’inspirant fortement du passé. Évidemment. L’objectif premier est d’apprendre à apprendre. Et à penser. Le développement de l’intellect est au coeur de la chose. Et ce en misant sur les sciences humaines. Histoire. Philosophie. Géographie. Langues anciennes. Y sont à l’honneur.

Un des piliers de la formation classique est le découpage des apprenants. En 4 stades d’apprentissage. Ou phases.

  • La phase pré-grammaticale. on y utilise la propention naturelle de l’enfant à la découverte. Au jeu. son aisance à accepter la nouveauté. On le guide vers une découverte du monde. À utiliser ses sens pour donner du sens. À bouger. À s’exprimer. Artistiquement. Ou autrement. Du pré-scolaire à la 2e année.
  • La phase grammaticale. On se sert de la curiosité de l’enfant. Encore présente. Mais également de son plaisir à interagir. À communiquer. On poursuit son aprentissage du monde. En intégrant de la mémorisation. Des regroupements. On lui démontre doucement sa capacité à créer des liens. à connecter des faits. À intégrer des connaisasnces. On lui apprend à se reconnaitre. D’un point de vue intellectuel. De la 3e année à la fin du primaire.
  • La phase logique. C’est le moment où l’on intégre des outils. Où l’on favorise l’utilisation de certaines base commune. On l’on conduit l’élève à établir une communication plus construite. Plus réfléchie. C’est le temps des cartes géographiques. Ou thématiques. Des lignes du temps. Des présentations. Des conférences.Et des débats. Secondaire 1 et 2.
  • La phase rhétorique.Finalement. L’aboutissement d’un long processus. Long et exigeant. L’élève est emmené à présenter. À débattre. À exposer ses recherches. À faire des synthèses. Il se voit attitrer des responsabilités. Transmet ses connaissances aussi. C’est le temps d’approfondir. De valider. De solidifier.
Socrate, classical studies, education classqiue

Socrate

Et ça aura été notre coup de coeur. Bien qu’ayant choisi une méthode éclectique. Je crois que la formation de notre premier enfant aura été classique à 80-90%. Selon son niveau académique. Et ce, jusqu’en secondaire 3. Année où l’obtebtion du DES nous aura fait bifurquer. Vers un programme québécois standard.

La transition n’est pas nécessairement facile. C’est le pourquoi du long terme. Exprimé plus haut. Mais pour des familles plutot intellectuelle. C’est un tracé magnifique. Les ressources sont nombreuses. En anglais. Soyez avertis! Mais ce n’est pas la route la plus facile. Il y a énormément de lectures. De réflexsions. De recherches. De travail en solitaire aussi. De là l’importance de bien connaître votre enfant. Et de bien vous connaître.

Ah! Et il y a souvent un caractère religieux intégré aux ressources. À vous de voir. Vous pouvez adapter. Enlever. Faire avec. À votre guise.

Des ressources:

Charlotte Mason.

Un autre grand courant populaire chez nos collègues anglophones. Qu’est-ce que Charlotte Mason? Charlotte Mason se base sur l’idée que l’enfant est une personne. Et que, comme toute personne , il forme un tout indissociable.

“Education is an Atmosphere, a Discipline, a Life.”

En fait, selon les grands principes, l’enfant absorbe beaucoup plus que seulement des connaissances. Il est affecté par son milieu. Par la discipline de vie qui lui est offert. En parts égales. En voici les grandes lignes:

  • Les living books. Ils en sont la base. Des livres significatifs. Des auteurs significatifs également. L’importance de la richesse des idées qu’ils contiennent. Auxquels s’ajoutent des narrations. De la calligraphie. De la copie. Pour développer la sphère littéraire. Et la capacité à communiquer. Et de faire des liens.
  • L’étude de la nature. Pour la découverte du monde qui entoure l’enfant. Mais également pour qu’il réalise qu’il fait partie d’un tout encore plus grand.
  • Les arts. Musique. Arts visuels. En favorisant favorisant l’accès aux grandes oeuvres. Et à leur créateur. En permettant à l’enfant de passer du temps en leur compagnie. À apprécier. À ressentir. À critiquer.
  • L’acquisition de bonnes habitudes de vie. Et leur intégration à long terme. Par divers moyens.
Charlotte Mason, homeschooling, ecole-maison

Charlotte Mason

Charlotte Mason va donc au-delà de la simple philosophie éducative. Elle nous plonge dans une philosophie de vie. Un modèle de gestion du quotidien. Il faut être prêt à plonger. C’est certain. C’est une implication en continu. Mais c’est aussi entrer dans un monde de douceur. Où les défis sont possibles à réaliser dans le confort. C’est magnifique. Mais encore là… Pensez à vos enfants. À vous. À vos valeurs. Tout ce que je vous présente aujourd’hui a de magnifiques côtés. Offre un potentiel de réalisation. Mais reste à trouver celui qui vous permettra d’atteindre vos propres objectifs.

Pour en savoir plus, il y a Ambleside online qui est un bon point de départ.

La pédagogie par projet. Ou Unit Study.

Ici, c’est assez clair. On utilise un thème comme prétexte à l’intégration de la matière scolaire. L’intérêt. Les apprentissages interreliés permettent souvent de mieux assimiler la matière. Donc, tout peut y passer. Ou une partie seulement. L’idée est de prendre un sujet. Parce qu’il passionne l’élève. Ou parce que vous croyez qu’il peut le faire progresser. Et d’y adjoindre du matériel significatif. Dans le plus de matières possible. Afin que tout se complémente. Un peu comme les pièces d’un casse-tête. Et vienne tisser une toile. Dans la tête de votre enfant.

Un de ses grands avantages est qu’elle force l’apprenant à voir un même concept sous différents angles. À adapter sa pensée selon le contexte. L’enfant développe ainsi une certaine souplesse intellectuelle. Qui est une grande richesse. Les ressources sont infinies. En anglais. En français, je vous suggère de jeter un coup d’oeil du côté de Carpe Diem. Mais libre à vous de monter les projets vous-même. Je vous donnerai un exemple d’intégration de projet dans le plan de scolarisation. Dans le prochain volet.

Montessori. Waldorf. Reggio Emilia.

Je les mets ensemble. Ils ont tous leur petites particularités. Mais ils ont aussi des bases communes. Ce sont des noms connus de plusieurs. Parce que leur pédagogie sont appliquées dans des écoles. Publiques ou privées. Et ce, à traves le monde.

Tout d’abord. On y sent un grand respect de l’enfant. De son rythme. De sa capacité à reconnaître ses besoins. On mise sur son autonomie. Également. L’enfant y est vu comme un tout. Intellectuel. Affectif. Créatif. Physique. Mais aussi spirituel. Et psychologique.

Dans tous les cas on tente de protéger l’enfant de la surcharge. De lui procurer un environnement adapté. Optimal. Naturel. Qui lui permet d’aiguiser ses sens graduellement.

Elles comportent bien entendu quelques particularités qui les distinguent. Sinon, elles n’existeraient pas. En voici certaines:

  • L’application du curriculum et les divisions des niveaux scolaires.
  • La méthode d’enseignement. Montessori confère plus de liberté individuelle à l’enfant dans le choix de ce qu’il veut faire. Alors que Waldorf propose plusieurs activités. Souvent en groupe. Quoique emmener par les enfants.
  • L’imaginaire et le fantastique. Pour Montessori, il s’agit ici d’une partie de la sphère créative. Alors que pour Waldorf, ils sont une part importante du développement de l’enfant et sont inclus dans le curriculum général.

Des mots clés. Je ne m’étendrai pas sur ces trois pédagogies outremesure. Car c’est un sujet complexe que de comparer des façons de faire. Qui ont toutes du bon. Mais qui ont toutes un public cible également. Et parce que c’est un sujet largement exploité déjà. Car déjà apppliqué dans plusieurs écoles. Je vous laisserai donc avec quelques mots-clé reliés à chacune:

  • Montessori: leadership, indépendance, multi-âge, manipulation, choix, auto-correction, entraide, enseignant-guide.
  • Waldorf: individualité, exclusion technologique, nature, approche basée sur le jeu, créativité, expression, anthroposophie, enseignant-dirigeant.
  • Reggio: coopération, résolution de problèmes, résolution de conflits, éducation à la citoyenneté, portfolio, pédagogie par projet, enseignant-collaborateur.

Encore une fois. Ceci n’est qu’un survol. Faites vos recherches. Cibler ce qui vous interpelle. Et allez-y à fond.

Next.

Je dois l’avouer. Je suis un peu essoufflée. La semaine prochaine. On établit l’horaire et le calendrier. Puis je vous donne quelques exemples de matières que je mets dans mon plan de scolarisation. Puis je finalise. Avec la bibliographie. La médiagraphie. Et l’approche de socialisation.

Bonne semaine. Bonnes lectures. Bonnes découvertes. Je l’espère.

 

 

 

(J51) Prête pas prête

La normale.

On délimite la grossesse. 40 semaines, dit-on. On veut une norme. Une moyenne. Un cadre. Une référence. On sait tous que l’être humain n’est pas une machine. Et malgré tout on ne peut s’en empêcher. On se compare. Et bien souvent on a le bouton panique facile. On est pas assez. Un peu trop. On est jamais pile poil. Même si on est pourtant dans la zone cible.

Pareil pas pareil.

On sait qu’il n’y a pas deux enfants pareils. Mais on s’inquiète quand on ne vit pas une grossesse comme la précédente. On regarde nos courbes. Nos dossiers de suivi. On regarde d’anciennes photos. Puis on se demande si on fait tout ce qu’il faut. Si on fait tout comme il le faut. Ça semble inévitable. Les questionnements. Les doutes. Les craintes aussi. Ça devrait faire partie des symptômes de la grossesse.

Case départ.

Que ce soit le premier. Le deuxième. Le troisième. Alouette. On n’est jamais parfaitement confortable. On a beau faire confiance à notre corps. On a beau y croire de toutes nos forces. Se dire que ce bébé nous a choisi comme parents. Se dire qu’on va y arriver. Parce qu’on y est déjà arrivé. Par amour. Peu importe la raison. Il y aura toujours des moments où la confiance sera fragile. En fait c’est comme ça pour moi. Et j’ai l’impression de ne pas être la seule dans mon cas.

Suivi.

On a la chance de profiter de suivis professionnels. Peu importe que nos choix se portent vers un médecin. Ou une sage-femme. Et même si on choisit d’y aller sans assistance. On a la chance d’avoir le choix. Et c’est merveilleux. On a, à notre disposition, une panoplie d’outils. Qui tantôt nous informent. Tantôt nous protègent. Tantôt comblent notre curiosité. On a la chance d’en profiter ou non. Et malgré tout. On se rend bien compte que ce n’est pas tout. Qu’une grossesse c’est bien plus qu’un changement physique. C’est bien plus qu’un corps qui se construit. Que la grandeur du moment dépasse de beaucoup les chiffres. Et les mots. Et les images.

Construction.

Je disais donc. La grossesse est bien plus que le développement d’un petit être humain. C’est la naissance d’une maman. D’un papa. De frères et de sœurs. D’une famille. C’est la genèse des liens qui grandiront avec le temps. Qui s’enrichiront au fil des jours. Et de l’amour qui cimentera tout ça. C’est le début d’une grande aventure. Avec ce que ça entraîne de fébrilité. Et d’excitation.

Tranche de vie.

J’ai eu trois beaux enfants à ce jour. Tous en santé. Tous petits à la naissance. Tous nés en retard. Si on peut réellement parler de retard. 10 jours pour le premier. 5 jours pour le deuxième. Et 13 pour la petite derniere. J’ai beau me dire à moi-même qu’une grossesse c’est 42 semaines dans mon cas. J’ai beau ajouter 2 semaines à ma dpa quand mes proches me demandent c’est pour quand. J’ai beau tout faire pour me concentrer sur l’essentiel. Il y a toujours une pointe d’insécurité qui arrive à la date fatidique. Une envie d’en faire plus. Une envie de trouver LA méthode qui fera naître l’enfant tant attendu. Qui rendra le tout facile. Parfait. Conforme. 

Et si…

Cette grossesse est ma dernière. C’est un fait. On est enfin en paix avec la question de notre descendance. Après des années de questionnements. On a trouver notre équilibre. Et c’est merveilleux. Mais en même temps j’ai une envie profonde de faire de ce moment un havre de paix. De favoriser mon intériorité de femme. Et de maman. De partager chaque moment d’intimité avec mes proches. D’impliquer mes enfants. D’en faire un événement.

Cet équilibre me donne aussi envie de faire un retour en arrière. De comprendre le pourquoi du comment des précédentes grossesses. D’essayer de reproduire ce qui a bien fonctionné. D’éviter de répéter ce qui a mener à des difficultés. Ce qui a provoqué des blessures. Qui ont parfois été longues à guérir.

Puis je me suis longuement questionnée.  Sur le pourquoi de ces longues attentes. De ces dépassements de dates. Disons le comme ça. C’est absurde. Mais on se comprend.  Et je me suis dit…et si ce n’était pas bébé qui tardait à être prêt . Et si c’était moi?

Je m’explique.

Et si c’était mes craintes qui freinaient la vie. Et si mes hésitations empêchaient le cours naturel des choses. Et si ce bébé attendait tout simplement que je sois prête. À l’accueillir. À lâcher prise.  À lui faire de la place. La place qui lui appartient. Qui lui revient.

Et si cette attente représentait en fait le temps nécessaire à construire la mère. Plutôt que l’enfant. Et si ce temps supplémentaire était en fait un cadeau. Un extra. Pour peaufiner ce qui reste encore un peu brut. Pour ajouter du confort. De la confiance. Pour que le moment venu. Tout soit plus facile. Plus doux. Plus centré sur l’essentiel.

Maintenant.

J’en suis maintenant à 34 semaines et des poussières. Officiellement. Je suis dans ce que j’appelle le dernier droit. Celui où la fatigue se fait sentir. Celui où le corps n’en peut plus. Celui où la motivation demande parfois des efforts. Mais aussi celui où l’on voit de pointer une silhouette. Encore pâle et floue. Mais elle est bien là. Définissant ce qui nous attend à l’horizon.

Je ne sais pas si toutes ces révélations changeront la tradition. Mais peu importe. Je sais que je ne serai pas perdante. Je sais que ce luxe introspectif que je m’offre est un immense cadeau. Pas une gâterie extravagante. Mais plutôt une immense bouffée d’oxygène. Le genre de truc essentiel à la vie. Mais qui fait tellement de bien.

Route, road.

Apprécier la route

Post scriptum.

Je ne suis pas sage-femme. Ni accompagnante. Juste une maman. Passionnée de tout ce qui entoure ce prolongement de la vie. Et reconnaissante à l’extrême d’avoir pu vivre tout ca. 4 fois maintenant. Et c’est avec mon expérience de maman que j’ai envie de vous dire. Profitez. Savourez. Respirez. Prenez le temps. Ressentez. Faites-vous confiance. Donnez-vous des chances. Appropriez vous le moment. Quitte à sortir du cadre. Un peu. Juste assez.

(J47) Esquisser son chemin d’école-maison (1)

Janvier.

Nous y voici déjà. La planification commence à se préparer. Pour la prochaine année. C’est tôt. Mais jamais trop. Mon expérience me rappelle que le plus tôt, le mieux. Et avec un bébé tout neuf qui s’annonce pour le printemps. Et un autre gros projet que l’on souhaite voir se concrétiser pour l’été. Pas de chance à prendre. C’est le temps des notes. De la recherche. Du creusage de coco.

Constat.

Commençons par le commencement. L’année n’est pas terminée. Loin de là. Mais les premiers élans donne une idée. Une idée de qui est notre enfant. De comment il apprend. De son rythme. De sa cadence. De ses besoins. De ses défis particuliers. De ce qui l’a animé. De ce qui l’a ennuyé. Bref, le portrait est déjà esquissé.

Le plan de scolarisation.

Dans notre projet d’école-maison, le plan de scolarisation est important. Très important. C’est un outil de communication. Avec le système scolaire. Et dans la famille. Car oui, chez nous c’est avant tout une histoire de famille. On le construit bien avant le début de notre parcours. Et on l’annote durant. Sans jamais rien effacer. C’est notre itinéraire. Il ne nous guide pas. Mais il nous permet d’évaluer comment les idées se conjuguent à la réalité. Sans se brimer. Sans se rusher.

Par étape.

Le plan de scolarisation est un travail imposant. De longue haleine. Sa construction exige de la recherche. De la réflexion. Des remises en questions. Des heures de lectures. Innombrables heures. Des calculs. Et des questionnements. Encore. Et ce même après 12 ans de métier. 

Des chiffres.

Il ne se définit pas par un nombre de pages. Pas nécessairement, en fait. Car, dans le fond, si je veux qu’il me serve, il faut qu’il soit assez complet. Et détaillé. Et clair. Chez nous, ca varie entre 30 et 75 pages. Selon le niveau. Selon l’enfant. Mais encore là. Ça c’est pour chez nous.

Sa qualité ne dépend pas non plus d’un nombre d’heures. Mais faire des recherches demande du temps. Et implique des questionnements. Des remises en question. De l’investissement personnel. Qui à leur tour vous renverrons à vos recherches. C’est un cercle vicieux. Un cycle sans fin. Auquel vous ne pourrez échapper. Car on le fait pour nos enfants avant tout. Et ce qui est bon pour les miens ne l’est pas nécessairement pour les vôtres. Essais et erreurs bienvenus. Mais ne vous inquiétez pas. C’est enrichissant. Et valorisant. Ici, j’y mets entre 50 et 100h. Selon le niveau. Selon l’enfant.

Et des lettres.

Un plan doit être éloquent. Tout d’abord pour vous. Puis, selon votre situation, pour ceux à qui vous le confierez. Les paroles s’envolent. Les écrits restent. Alors qu’il vous securisera dans votre aventure, il confortera les ressources externes sur  votre parcours. Votre vision. Votre détermination. Il doit refléter votre personnalité. Et celle de votre famille. Il sera votre représentant. Quand vous serez absents. Qu’on parlera de vous. Qu’on questionnera votre cheminement. Inévitablement. Mettez-y du cœur. Vous éviterez bien des soucis!

Son contenu.

Encore là, bien difficile de définir de façon rigide le contenu d’un plan de scolarisation. Essayez de penser à ce qui vous sauvera du temps au courant de l’année. Essayez d’imaginer ce qui pourrait vous sauver des tracas. Essayez de vous mettre à la place de ceux qui le consulteront. De quoi avez-vous besoin pour être en confiance dans votre rôle?  Pour vous donner une idée, voici la table des matières de mon plan. Ce n’est pas LE plan à suivre. Ce n’est pas non plus le meilleur. Ni l’infaillible. De toutes façons, ils n’existent pas ceux-là.

– une page de présentation

– une table des matières 

– les extraits de lois reliés à l’école-maison

– un court résumé descriptif du type de pédagogie employée  

– notre calendrier scolaire

– notre horaire hebdomadaire

– les descriptifs de chacune des matières incluant les ressources principales utilisées, 

   les objectifs d’apprentissage généraux et le contenu détaillé.

– un aperçu des activités connexes ayant un impact positifs sur le développement de l’enfant

   telles que sorties prévues, cours, interêt significatif de l’enfant pour un domaine en particulier, voyage

   Bref, tout ce qui permettrait à une personne de mieux connaître votre enfant.
Avant de se lancer.

Voici donc MA vision d’un plan de scolarisation. La formule qui me convient. Qui m’accompagne depuis belle lurette. Celle que j’ai apprivoisée aussi. Car il faut se le confier. C’est important de se donner du temps. Et des chances. D’apprendre à se connaître dans ce nouveau volet de la vie. Qu’on a choisi. Avec courage. Mais surtout beaucoup d’amour.

Alors, assurez-vous d’avoir papier et crayons en main. Préparez-vous un bon breuvage réconfortant. Et pourquoi pas une pointe de gâteau. Et lancez-vous avec nous. Si le cœur vous en dit. On commence lundi.

Prêts pour le plan de scolarisation 2017-2018


À suivre…

(J44) J’ai échoué mon 2015

Quand on veut.

Chaque année. Chaque année, le 24 au soir, je fais mon bilan de l’année. Parfois, je prends le temps de l’écrire. Souvent pas. Ça reste dans ma tête. À moi de moi. En toute honnêteté. En toute simplicité.

On peut pas toujours.

Cette année, je l’ai fait vite. Bien vite. En fait, j’ai simplement mis en place ce qui a été le résultat de mes réflexions de l’année. J’ai tenté de mettre un peu de structure dans mes constats. D’ordonner ce qui s’est pointé par-ci, par-là. Au fil des jours. Au fil des mois.

Roulement de tambour.

Bien peu de mots peuvent résumer ce que je retiens de mon année. J’AI ÉCHOUÉ. J’ai échoué mon 2015 haut la main. Je l’ai échoué la tête haute. Le coeur plus léger. Une armure en moins.

Ma fierté.

Mon échec est quasiment ma fierté. Je n’ai même pas besoin de relire la liste des désirs et accomplissements prévus que j’avais dressé. Il y a près d’un an. Le 1er janvier 2015. Je le sais. Profondément. Je suis passée à côté des prévisions. Et tant mieux.

Ma clé.

Entrons dans les clichés. En 2015, j’ai fait quelque chose que je n’avais jamais fait. En 2015, j’ai fait un burn-out. Je me suis fait accoler un trouble d’adaptation dans mon dossier médical. J’ai surtout dû réapprendre la vie. Un pas à la fois. J’ai dû réapprendre à vivre avec moi-même. Avec les autres. Avec la vie. Par le fait même, je me suis redécouverte. J’ai redécouvert les gens que j’aime. J’ai redécouvert la vie. Sa saveur. Ses odeurs. Ses soubresauts. Son inconstance. Son énergie.

Et 2016.

2016 arrive à grands pas. Avec lui vient un lot impressionnant de désirs. Une envie de renouveau. Un vent de possibilités. 2016 arrive à grands pas et je l’accueille avec ce que je suis aujourd’hui. De nouvelles forces mais aussi de nouvelles limites. 2016 arrive et j’emboîterai le pas avec un plaisir immense. 2016 arrive et je ne dresse aucune liste d’objectifs ou de résolutions. 2016 arrive. Et je lui ouvre la porte de ce que je suis devenue. En 2016, mon seul souhait est que le temps travaille pour moi plus que je ne travaille pour lui.

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Bonne année 2016. Paix, santé et amour!

De l’autre côté.

Alors au tournant de changement d’année, laissez vous porter un peu par le courant. Pas trop longtemps, mais au moins le temps de savourer ce que vous êtes. Ce que le temps vous a donné. Ce qu’il a forgé en vous. Et autour de vous. Prenez le temps de reprendre votre souffle. De retrouver l’horizon si vous l’avez perdu. Car bien que le voyage importe plus que la destination, il est toujours bon d’avoir quelques repères.

En notre nom.

Alors. En notre nom. Je vous souhaite d’être. À la vitesse qui vous convient. À l’endroit qui vous plaît. Entouré de ceux que vous aimez ou seul. Dans la cohue ou le silence. Que 2016 soit à l’image de qui vous êtes maintenant et de qui vous désirez être. Je vous souhaite une aventure sans peur et sans regrets. Dans la douceur et la lumière.

(J41) Le monde est petit

Où. Quand. Comment. Pourquoi.

La curiosité des enfants est aussi innée que déstabilisante. Ils ont un pouvoir incroyable de remettre en question ce qui nous apparaît pourtant être établi. Ils ont encore l’intelligence de déconstruire les piliers de la connaissance, de réfuter les évidences. Ils sont des moteurs de changement et de dépassement.

Construire.

Je trouve important de laisser les enfants construire leur éducation. Je trouve important de leur permettre d’exprimer leurs visions. De toutes les formes possibles. La discussion. Le débat. Les mises en scène. Les maquettes. Les arts. Les expériences scientifiques. L’exploration passive aussi.

Car oui, je crois que l’apprentissage passif a sa place. L’observation permet au spectateur de mûrir ses sentiments, ses questionnements. Elle permet d’apprivoiser la patience. Non pas comme un état d’attente. Plutôt comme une transition entre l’action et l’aboutissement. Une latence. Un passage senti et, éventuellement contrôlé.

En temps et lieu.

Bien sûr chaque chose en son temps. La construction de la pensée et des qualités d’apprenant se fait à long terme. C’est un cheminement, fait d’obstacles, de retours et d’avancées. C’est un cheminement de vie, comme bien d’autres. Avec ses victoires et ses défis de persévérance. C’est une étape de croissance qui peut passer inaperçue. Mais qui, un jour où l’autre, nous éclaire. Au moment venu.

Un peu partout.

Je laisse une place prépondérante à mes enfants dans les décisions qui concernent leur éducation. Nous discutons beaucoup. Des notions. De leur compréhension. De leurs hésitations. Mais également de leurs visions. De leurs objectifs. De leurs sentiments aussi.

Unicité.

Je souhaite avant tout inculquer un plaisir d’apprendre chez mes enfants. Mais je veux également leur offrir une éducation sur mesure qui fera d’eux des penseurs indépendants. Je veux qu’ils gardent cette capacité de ne pas pas prendre pour acquis les évidences. Le plus longtemps possible. Afin qu’ils saisissent l’importance de l’identité intellectuelle. Afin qu’ils valorisent la richesse individuelle au-delà des attentes populaires.

Mettre en perspertive.

Il est impératif que nos enfants apprennent à  à revoir leur point de vue. À se questionner. À se mettre en doute. Qu’il apprennent à se situer dans un contexte. À se comparer de façon constructive. À tirer humblement partie de ceci. À laisser tomber cela aussi. Nous croyons que la confrontation à la différence apporte une meilleur connaissance. Un jugement plus aiguisé. Un sentiment d’équité et de justice plus ancré.

Inspiration.

Je vous laisse ce qui m’a inspiré aujourd’hui. Ce qui m’a rappelé l’importance d’avoir une passion. L’importance de proposer du nouveau. L’importance d’avoir confiance. L’importance de communiquer aussi. Et pour moi tout cela naît de la curiosité. Toute naturelle chez l’enfant. Mais possible à préserver. Avec de l’écoute. De la perspective. De la résilience. De l’humilité. Et de la foi. Bonne année scolaire  2015-2016. Que vous soyez en dedans ou en dehors du cadre.

To Scale: The Solar System from Wylie Overstreet on Vimeo.