Pas de deux

Tempo.

Le tempo est donné. La mesure est lancée. Il n’aura fallu qu’une journée. Qu’une occasion. Insérée. Proposée. Imposée. Un peu. Parce que la vie est ainsi faite. Il faut parfois la brusquer. Pour la ramener. Les mauvais plis sont facilement créés. Je crois que vous le savez.

La danse.

Nous y voilà. Nous y sommes entrés. Dans la danse. Dans la cadence. Sentir le rythme. Qui mijote. Qui concocte. Un changement. Qui s’opère tranquillement. Comme un murmure dans le temps. Comme une brise qui s’entend. À peine. Mais qui est là. Constante. Confiante. Que le mouvement s’inscrit. Sans heurts. Ni bruits.

Hier.

Hier, je vous parlais de lumière. De cette invitation à éclairer le chemin. À éblouir demain. À la lueur de la douceur. De celle qui mène au bonheur. Hier, je vous parlais du présent. De celui qui fuit. Aussi vite que le temps. De celui qu’il faut valoriser à tout moment. Mais, ce présent est passé. La lumière s’est installée. Il ne faut pas en douter. Par l’action. Par l’intention.

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Aujourd’hui.

Mais aujourd’hui apparaît. Il prend le relais. Avec l’insistance. D’imposer sa prévalence. Aujourd’hui s’inscrit. Se définit. S’écrie. Emprunte sa voie. Ou sa voix. C’est selon. À chacun ses démons. Car oui. Ils sont là. Alimentés par la précarité. Par le doute. Qui survient. Ici et là. Sur la route. L’importance de la lumière. De la chaleur. Construire. Avec ardeur.

Aujourd’hui se construit. Des premiers rayons. Jusqu’à la dernière respiration. Il vivra. Il grandira. S’enflammera. Se nourrira. Il gravera sa marque. S’assurera qu’on le remarque. À condition qu’on s’y attaque. Qu’on fasse l’effort. De le prendre. À bras-le-corps.

Ensemble.

Et si on dansait. Ensemble. Et si on valsait. À s’y méprendre. Sur la vie. Qui étourdit. Sur les peurs. Qui engendrent la noirceur. Si on dansait. Ensemble. Dans une nuée. À travers la journée. Mettant le rythme en suspens. Et si on se choisissait. Comme famille. Dans un monde qui grapille. Sans gêne aucune. Ce qui nourrit. Ce qui unit.

Car la famille, ça se construit. Ça se renforcit. À coup de choix. Et d’émois. Car il faut être là. La présence. Ça s’invente pas. Il faut oser se mettre en pause. Obliger le silence. Se permettre. De reprendre son souffle. De s’écouter.

Il faut se donner le droit. De s’arrêter. De se regarder. De se retrouver. De reprendre. Là où on a laissé. Rien ne sert de s’acharner. Il suffit d’un instant. D’un temps. D’un silence. Pour reprendre la danse. Mais. Chaque note a son importance. Chaque soupir est créateur de souvenir.

2.

On est jour deux. Tout est encore possible. Rien n’est déterminé. Le chemin est entamé. Mais à peine. C’est l’ivresse. De l’infini qui se dessine. Et de l’appel de la destination. Vous avez trouvé? Ce à quoi aujourd’hui est destiné?

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Cidre chaud.

Pour réchauffer. Pour apaiser. Pour rassembler. Pour visualiser. Patiemment. La douceur du temps. Qui s’infuse. Qui se charge. Des saveurs. Qu’on lui offre. Avec coeur.

Secret.

Le secret. 10pommes. 1 orange. 1main pleine de canneberges. Du sirop d’érable. C’est selon. Allez-y avec votre besoin de douceur. 1 bâton de cannelle. Pour la force. Une étoile d’anis. Pour le côté festif. Un peu de poussière de muscade. Une trainée de gingembre. Mettez à tremper. Laissez reposer. Avec chaleur. Et douceur. Et partager. C’est le secret.

Tant qu’à y être.

Je vous propose ceci. Comme un éloge. À la lenteur. Au ensemble. À la simplicité. D’être. Comme dessiné. D’un trait. Qui se prolonge. Au fil des jours. Au fil du temps.

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(J59) Patience et longueur de temps

Contexte.

Les gens du milieu le savent. Le public en a eu vent. Par les médias. Avec ce que ça comporte. Et colporte. Et puis il y a mes collègues. Celles de l’école-maison. Qui sont sur le qui-vive. Comme les gardiennes que nous sommes. Depuis longtemps. Presque toujours. Gardiennes de la liberté de choix. Et éducative. Au nom du respect de l’enfance. De la famille. De l’individualité. Et de son importance dans le groupe. De la richesse qu’elle procure. À la société. Le milieu éducatif québécois est en remodelage. En processus de remodelage.

Terrain glissant.

Le climat est incertain. Le terrain s’effrite. Devant nos yeux. Il faut s’en occuper. On ne peut le nier. Il faut y aller de prudence. Comme toujours. Quand de grands changements sont en jeu. Il faut faire le portrait général. Échafauder des plans. Esquisser des visions. Tenir compte de l’environnement. De la clientèle. Les temps changent. Les gens aussi. Il faut s’adapter. Pour le bien commun. Sans s’oublier. Sans oublier l’individu. Ses besoins. Ses attentes aussi.

Restauration.

C’est un peu dans ce contexte que nous sommes. Dans ce contexte que flotte l’incertitude. Née du dépôt d’un projet de loi. Le projet de loi 144. Mais je le rappelle. C’est un projet. De par son nom. Sa nature. Et son état. Il s’agit d’une entrée en matière. D’un brut. Issu de rencontres. De recherches. De discussions. De constatations. Issu également d’intentions. De visions. De valeurs. Et sûrement de quelques promesses électorales. Faut pas se leurrer non plus. Le temps est au réalisme. Pas à la partisanerie. Et quelque part. Au milieu de tout ça. Pour une raison ou une autre. Il y a la volonté de changer. D’essayer. Et qui dit essai. Dit risques. De gagner. D’échouer. De bouleverser. De surprendre…c’est normal.

Danger.

Il est là le danger. À mon avis. Celui d’être aveuglés. Par la surprise. Ou la peur. Celui qui survient quand on monte aux barricades. Trop rapidement. Mal informés. Mal préparés. Dépourvus des outils nécessaires. Il faut prendre sur soi. Affiner sa stratégie. Avant de s’élancer. Il faut connaître la lutte qui nous attend. Avoir une idée des défis qui sont au-devant de nous. Plutôt que de s’acharner. À s’en épuiser. Dans des combats trop nombreux. Inadéquatement ciblés. Sans en avoir valider la nécessité. Ou la pertinence.

Patience.

C’est ma première arme. Celle qui constitue ma base. Je choisis de prendre le temps. Et je vous invite à me rejoindre. En tout. Ou en partie. Je choisis de prendre le temps d’éduquer. Comme je l’ai fait depuis le début de l’aventure. Parce que c’est important de se connaître. Pour ensuite se reconnaître. Le temps n’est plus à la peur. Il est à l’ouverture. Au dévoilement. À la force d’association. À l’acceptation.

Longueur de temps.

Il faut voir loin. Peu importe notre parcours. Comme dans tout projet d’envergure. C’est d’une société dont il est question. Pas d’une aventure improvisée. Encore moins sans lendemain. Il est question de demain. Et c’est grand demain. Et c’est long. Long longtemps. Alors. Aussi bien prendre son temps.

Évaluer la route

Entrevoir le chemin à parcourir


Prendre son temps.

Je parle de prendre son temps. Pas de le perdre. Pas de le regarder passer. Inerte. Je parle de prendre le temps de sonder le terrain. De planifier la route. De s’informer. De se former. Et aussi prendre le temps. Pour respirer. Se ressourcer. S’enrichir. Intellectuellement. Humainement. Pour grandir. Intérieurement. Et redonner. S’impliquer. Contribuer efficacement. À la cause que nous soutenons.

Vers l’avant.

Elle est là. L’arrivée. Entre temps, je suis en route. Je reste alerte. Attentive. Mais aussi confiante. C’est ce qui me donne l’élan. Pour continuer. À y croire. À voir grand. Et beau. Et loin. J’espère vous croiser sur ma route. Ou même la partager avec vous. Le temps qu’il faut. Le temps que ça durera. Par ci. Par là. J’ai envie de vous connaître. Ça me fait grandir. Inévitablement. Et ça me rend fière. De ce que le groupe auquel je suis associée construit. Chaque jour. 

Mes convictions sont profondes. Mais ouvertes. Elles sont solidement enracinées. Elles soutiennent un sol. Propice à l’érosion. Depuis la nuit des temps. Mes convictions sont celles qui veulent un avenir grand. Pour mes enfants. Pour les vôtres. Et pour les leurs. Pourquoi pas. Mes convictions sont aussi celles qui soutendent mon présent. Un présent que je vois diversifié. Riche. Collaboratif.  Un présent qui nous mènera tous vers un horizon. Un horizon gagnant.

Pour s’informer. Et réfléchir.

Je vous laisse ma liste. De trucs à lire. Ou à relire. À voir. Ou revoir. Pour l’été.Ne vous gênez pas.  Si vous avez des coups de cœur. Des découvertes. Partagez!

Education documentaries on creativity and the future of learning

Waiting for Superman

School of trust

Race to nowhere

Where to invade next (disponible sur Netflix)

(J45)Pour que ça roule

Ces affaires qui s’oublient pas.

Il paraît  qu’il y a des choses que l’on ne peut pas oublier. Mais des fois on se rend tout simplement compte qu’on a jamais vraiment su. Qu’on galérait un peu tout croche.  Pis que tout se passait relativement bien. Jusqu’à ce qu’on prenne le champs. Sul dos dans l’fossé. À chercher de l’aide pour se relever.

Promenade du dimanche.

Je vais être honnête. Parce que je le sais maintenant. Parce qu’au point où j’en suis j’ai pas de raison de le cacher.  J’ai abusé du cruise control. J’ai pris pour acquis qu’il ferait toujours beau. Et que la route serait sans surprise.  J’ai fait confiance à la machine. Je l’ai fait rouler à haute vitesse. J’ai mis la musique dans le tapis. Pis j’ai roulé.

Ce qui deva arriver.

Ça a l’air que la vie trouve toujours le moyen de te faire comprendre ce que tu refuses de voir.  Ce fut le cas. Ça l’est toujours. J’ai entamé un processus. C’est long. Ce sera long. Ce sera en dents de scie. Je le sais. Et je fais avec. Ça s’appelle grandir il paraît. Moi, maintenant, j’appelle ça Vivre.

Premier constat.

Mon premier constat a été de réaliser que, dans ma vie de tous les jours, j’ai besoin de routine. J’ai réalisé que ce que je réussis le mieux est basé sur une routine. Forte et flexible. Je me suis rappelée de mes années d’étudiante. De mes années d’école-maison. De mes voyages. J’ai tenté de voir pourquoi pour ça, ça marchait. Puis j’ai réalisé l’évidence. La préparation me sécurise. Elle me donne confiance. Elle me permet de me concentrer sur l’essentiel. L’important.

L’artillerie lourde.

Alors j’ai entrepris de voir ma vie comme un voyage. Une journée à la fois. Une semaine à la fois. En gardant la tête haute pour ne pas perdre les grands objectifs de vue. Ma première cible: les petits matins. Tant qu’à commencer quelque part. Commençons par le début.

ABC d’un réveil.

J’ai fait l’inventaire de mes besoins. Puis de mes musts. Puis des ces petits extras qui peuvent faire une GROSSE différence pour moi.

Mes besoins:

  • Du calme, de la lenteur, du silence
  • Mon combo de vitamines: huile de poisson, vitamines D, magnésium et gelée royale
  • Un délicieux déjeuner: des bons gras et des protéines à profusion
  • Une douche: seule, en silence et dans l’obscurité

Mes musts:

  • Un oil pulling: pendant lequel je fais autre chose
  • Une eau citronnée: pour accompagner mon repas
  • Une lampe de luminothérapie: pendant mon déjeuner
  • Un journal personnel, un agenda: que je crayonne en mangeant
  • Une séance de brossage à sec: j’en reparlerai en détail bientôt

Mes petits extras:

  • Un café avec mon chum: c’est en général le seul temps où on peut se jaser!
  • Des rideaux grands ouverts laissant entrer le soleil
  • Des huiles essentielles qui flottent dans les airs: du romarin, des agrumes

Cest ainsi que chaque matin je m’assure que mes besoins sont comblés. En priorité. Et que aussi souvent que possible je tente de ponctuer ma routine de ces petits riens qui font grimper mon niveau d’énergie. Et de bonheur. En tout, ça représente entre 15 et 45 minutes. C’est pas la mer à boire. Mais pour moi, c’est le paradis. Ça a un impact direct sur mon énergie. Ma capacité à gérer l’anxiété. À affronter la journée avec courage et laisser aller.

Et vous, vous avez une routine matinale qui vous sauve la vie?

La lumière au bout du tunnel

(J40) À vos marques

Bonjour.

Hey oui! Ça fait tellement longtemps. Des lustres. J’en ai perdu le fil. Et la main. Et presque l’assurance de l’inspiration qui refait surface au fil du cliquetis du clavier. Mais je suis là. Comme ci. Comme ça. Vibrant au rythme des mêmes passions. Mais ayant appris beaucoup sur moi-même. Je suis là aujourd’hui beaucoup plus humble. Je suis là beaucoup plus consciente de mes limites. En respect de moi-même en fait. Je suis là plus honnête que jamais. Parce que de me cacher derrière mon masque de maman-éducatrice-artiste-travailleuse autonome-amoureuse-tralala m’a coûté plusieurs mois de ma vie. Parce qu’en fait j’ai bien cru y laisser ma vie.

1, 2, 3 go.

Je reviens. J’y suis. Un peu nouvelle. Un peu comme avant. Je reprends ma vie en toute conscience de mes limites. Un peu plus transparente. Un peu moins exigeante aussi. J’ai choisi d’alléger ma vie. J’ai choisi d’élaguer ce qui me ruinait le moral. Certains diront qu’on ne fait pas que  ce que l’on aime. Je dirai qu’en ce moment, je ne suis en mesure de faire que ce qui me fait vibrer. Utopique? L’avenir nous le dira.

Vivre.

J’ai dû réapprivoiser ma vie. Minute par minute. Puis heure par heure. J’en suis à profiter de journée entière. Quel voyage ce fut. Quelle leçon d’humilité aussi. Les tâches se sont accumulées. Certaines ont été délaissées. D’autres déléguées. D’autres restructurées ou réapprivoisées. J’ai dû, et je dois encore, réapprendre à respirer, marcher, travailler. J’en suis venue à ne plus pouvoir lire. Encore moins écrire. Il n’y a toujours pas de diagnostique officiel. Mais l’énergie reprend de la force et c’est encourageant.

Choisir.

J’ai fait le ménage. J’ai épuré mon horaire. J’ai choisi de garder ce blog. Parce qu’il est mon exhutoire. Mon lien avec le monde aussi. Parce que vos messages sont une nourriture d’une valeur inestimable. Parce que j’aime ça. Tout simplement. Pourquoi chercher plus loin.

J’ai gardé l’école-maison dans ma vie. Pour être honnête, je me suis questionnée. Non pas tant sur mon désir de poursuivre. Plutôt sur mon aptitude à le faire. À la hauteur des exigences que nous nous étions fixées. Au départ. Avant que la vie ne me reprenne.

J’ai choisi de poursuivre le projet à la base de The Bees au-delà des déceptions. Car notre rêve nous a un peu filé entre les doigts au même moment où je perdais le contrôle de ma vie. Parce que cette maison de rêve en manque d’amour nous apparaîssait faite sur mesure pour nous. Parce qu’au-delà de l’immensité du chagrin et de la déception, il y a la résilience et l’apprentissage de l’acceptation du destin.

Le rêve qui ne sera pas réalité. La douleur encore vive dans les coeurs de notre famille. Mais qui guérit doucement.

Le rêve qui ne sera pas réalité. La douleur encore vive dans les coeurs de notre famille. Mais qui guérit doucement.

Revenir.

Je reviens donc. À la fois plus forte et plus fragile. Tantôt pareille. Tantôt changée. Des projets plein la tête et le coeur. Mais une volonté de raisonner l’irraisonnable afin de maintenir et, si possible, d’améliorer la santé et l’énergie. Je reviens donc avec ce même amour de l’éducation, de la famille, de la cuisine et de l’auto-suffisance qu’avant. Mais je reviens avec un amour débordant également pour la santé, le respect et la connaissance de soi, pour l’amour de soi et de nos proches.

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Des recettes à tester par les enfants.

À demain.

Je vous dis donc à demain. Et, je l’espère, à tout plein de jours qui suivront. Rebienvenue dans la ruche. Faites comme chez vous. Prenez ce qui vous va. Et laissez le reste aller où bon lui semblera.

Mélissa

(J39) Le mur

Il était une fois…

Ça fait longtemps. Comme dans vraiment longtemps. Sans m’éterniser sur le sujet, je vais essayer de vous raconter le voyage que j’ai fait. Toute une histoire. J’arrive à peine à le croire moi-même. Alors, ça va comme suit…

À se regarder les pieds …

Durant les derniers mois, j’ai couru. Du boulot à la maison. De l’école-maison aux tâches. De la maman à l’amoureuse. Bref, j’ai courru come une poule pas de tête en ne regardant pas trop où je m’en allais. J’essayais juste de « puncher ». De faire au minimum ce que j’avais mis à l’horaire. Le faire pour le faire. Sans plaisir réel. Juste faire ce qui devait être fait.

… on risque de trébucher.

Et puis arriva ce qui devait arrivé. Semble-t-il. J’ai perdu pied. Mon coeur s’est emballé. Mes poumons se sont enfermés. Mes muscles se sont rebellés. Je suis allée passer de petits séjours de le monde des services de santé où l’on m’a examinée de long en large. De la tête aux pieds. Pour finalement me donner le verdict:  » Madame, nous croyons que vous êtes fatiguée! »

Confusion.

C’est troublant de réaliser que notre corps a besoin de se rebeller aussi fort pour que nous l’écoutions. Troublant de réaliser qu’on peut aussi facilement se rejeter soi-même. Se mentir aussi. Je le prends comme une chance de prendre conscience. Comme un cadeau. À moi. De moi. Comme l’occasion de faire une mise au point. Et de repartir sur des bases qui auront plus de chances de me mener à bon port. Tout en rendant la route le plus agréable possible.

L’horizon.

J’avais oublié l’horizon. Son importance pour maintenir le cap. J’avais fait fi du danger de trop focusser sur l’instant. J’ai perdu l’équilibre. Là, je me reprends. Tranquillement. Au fur et à mesure que mes muscles me le permettent. Je relève la tête. Pas pour regarder le monde de haut, mais plutôt pour voir loin. Pour respirer la brise. Pour sentir le soleil aussi.

L’équipe.

J’avais oublié aussi la force de l’équipe. Je m’étais auto-proclamée chef. Je m’étais attitrée le rôle de protéger ma gang. Seule pour tous. Alors que prendre soin d’une équipe, ça se fait en équipe. Parce que c’est moins lourd. Parce que la pression est beaucoup plus supportable. Parce que c’est beaucoup plus plaisant. Et parce que c’est tellement plus efficace.

La machine.

Dans la folie. Dans la course. J’avais oublié l’importance de la machine. Ou plutôt sa vulnérable complexité. Je m’étais dit que tant que je lui procurais du carburant elle avancerait. Que tant que je la faisais travailler, elle ne s’encrasserait pas. J’ai eu tout faux. Et à bien y penser, je réalise maintenant que le simple fait d’avoir pensé de la sorte indique que je n’avais plus l’esprit clair.

Contre Pente, Félix LeBlanc. Un projet d'EXMURO.

Contre Pente, Félix LeBlanc. Un projet d’EXMURO.

Demander pardon.

Je ne suis pas fière de ce que j’ai engendré. Pas fière de ce que je me suis imposée. Physiquement. Et mentalement il faut se l’avouer. J’aurais aimé avoir plus de cran. Mettre mes limites au bon moment. C’est un des apprentissages qui fait partie de mes nouveaux plans. Je ne suis pas fière d’avoir été si peu présente pour mes enfants et mon amoureux. J’ai été là de corps c’est vrai. Et de coeur cela va sans dire. Mais ma tête était si fatiguée. Si éparpillée.

Et repartir.

Je continue de me reposer. Selon ce que mon corps réclame. On se réapprivoise. Lui et moi. Je reprends doucement le goût de faire des projets. De revoir des gens. De lire. Et d’écrire. Je profite du temps en famille. Je reprends contact avec les enfants. Avec mon chum. Avec le monde autour.

Au plaisir.

Au plaisir de vous retrouver. De continuer de grandir avec vous. En espérant mieux vous connaître au fil du temps. En espérant continuer de toucher des cordes sensibles chez vous. Ici et là. En espérant vous inspirer à prendre soin de vous et de ceux que vous aimez.

Mélissa

(J36) Passer le flambeau

Un secret.

J’ai envie, aujourd’hui de vous partager un de mes secret. J’ai envie de vous livrer une des raisons de mon attachement si profond pour l’instruction en famille. J’ai envie de vous dévoiler une partie de ce qui me passionne, m’émeut et m’impressionne. J’ai envie de vous jaser de ce qui est, chez nous, la base immuable de l’éducation.

Instruction et éducation.

Chez nous, le lien est fort entre l’instruction et l’éducation. Le pas à franchir entre les deux est court. La frontière est pratiquement impalpable. Tellement qu’on s’y perd nous-même un peu. Je pense. Mais ça ne nous dérange pas vraiment. Ça nous plaît même pas mal. Au fond…

Au fond.

Ce que nous voulons pour nos enfants est qu’ils grandissent. De corps. De tête. De coeur aussi. Rien de bien original. Ça doit même être plutôt universel. Au fond, nous voulons les voir évoluer dans un équilibre qu’ils se construisent à chaque jour. Nous voulons les voir se développer en douceur. Le plus possible. Car la vie n’est pas toujours facile. Chez nous comme ailleurs.

Franchir les étapes.

En tant que parents, nous nous voyons comme des accompagnateurs de nos enfants. Nous leur proposons des routes, des moyens de franchir les étapes. Les obstacles aussi. Nous partageons, au quotidien, avec eux, les joies et difficultés qu’impliquent les voyages. Nous les réconfortons dans leurs peurs et leurs insécurités. Nous célébrons avec eux leurs victoires et dépassements. Mais. Je réalise que la fratrie est d’autant sinon plus importante parfois que l’accompagnement parental.

Frères et soeurs.

Mes enfants ne sont pas mes amis. Ils ne sont pas amis entre eux non plus. Ils n’ont pas à partager les mêmes intérêts ou les mêmes passions. Ils n’ont pas à se définir par leurs similitudes pour développer une appartenance familiale qui dépasse tout. Un lien dont la force me surprend et m’émeut. En tant qu’enfant unique j’éprouve parfois de l’envie pour cette relation encore jeune mais tellement forte que je vois se construire entre chacun de mes enfants. En même temps, je trouve très réconfortant de les voir veiller les uns sur les autres maintenant. En espérant que demain, l’image sera un peu la même.

Faire confiance.

C’est ainsi que jour après jour, j’apprends humblement à laisser aller, à déléguer, à faire confiance à mes enfants. C’est ainsi que jour après jour, le lien se renforcit, gagnant en solidité et en souplesse. En couleurs et en saveurs. Fonder une famille c’est aussi ça dans la ruche, c’est donner à chacun la chance de faire valoir le meilleur de lui-même et d’être supporter dans sa fragilité.

Ensemble.

Ensemble.

(J34) La fibre maternelle

Égal.

Pour ceux qui nous suivent, vous le savez déjà. J’ai 3 enfants. Trop enfants que j’adore. Que j’aime également. Également mais…pas de la même façon.

Pareil pas pareil.

J’aime mes enfants de façon différente tout d’abord parce qu’ils sont différents. Différents de personnalité. De besoin aussi. Chacun a ses propres insécurités. Ses défis personnels. Ses moments de fragilité. Chacun requiert une partie de nous. Ces parties se côtoient au quotidien. Parfois en parallèle. Parfois en se croisant.

Évolution.

Mon amour pour mes enfants grandit chaque jour. Il grandit en force mais surtout en profondeur. Mon amour pour mes enfants évolue. Il s’intensifie. Se densifie. Se teinte par le passage du temps et des événements.

Ma fille.

Aujourd’hui, j’ai envie de prendre un moment pour vous parler de ma fille. J’ai eu tout d’abord deux garçons. Je me plaisais beaucoup dans mon rôle de maman de garçons. C’était devenu assez confortable. Quoique le confort de la parentalité est une notion bien variable. Mais il y avait un petit quelque chose de rassurant.

Puis, voilà qu’une petite fille se pointe. Une petite fille tout ce qu’il y a de plus en santé. Une petite perfection mais…

Clash.

Attendre une petite fille a été pour moi déstabilisant. À raison ou à tort, ça m’a fait peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas trouver en moi, la confiance de lui aider à bâtir la sienne. Peur de ne pas savoir ce qu’est une fille, une femme. Car, pour être honnête, je ne me suis jamais vraiment arrêtée à me décrire par cette caractéristique de la féminité. Bien sûr, les faits sont indéniables. Mais au fond de moi, la féminité me faisait plus peur qu’elle ne m’attirait.

Et puis…

Et puis elle est arrivée dans mes bras. Fébrile. Un peu secouée par le voyage vers l’extérieur. Sa fragilité me déstabilisait. Et puis, nous sommes revenues à la maison. Nous nous sommes collées. Nous avons appris à nous connaître à travers les silences. Et les regards. Nous avons appris à nous comprendre. Doucement. Et le déclic s’est fait. J’ai vu en elle une douceur, toute féminine, qui m’a réconciliée avec mes peurs.

Aster.

Aster c’est mon étoile. Une douceur lumineuse. Une perle nacrée. Ma fille est l’être le plus féminin et doux que je connaisse. Une petite bouche rose en coeur. Des grands yeux bleus, bordés de cils immensément longs. Une petite rondeur, d’une beauté qui m’émeut à chaque fois que mes yeux se posent sur elles.

Maman.

À ses côtés j’apprivoise cette partie de moi que je ne connaissais pas. Ou que j’avais peur de rencontrer. Peu importe. Aujourd’hui, je réalise la richesse de ce que je mettais volontairement de côté. Je découvre une facette de moi nouvelle. Je me découvre moi-même. À travers mon rôle de maman de petite fille, je suis devenue une personne plus riche. Plus entière. Plus complète.

S’assumer.

Avec ma fille, j’assume des petits plaisirs féminins. J’ai envie, avec elle, de chérir ses petits moments de filles. D’assumer ce que j’ai longtemps nié. Pas parce que c’est une fille. Mais parce qu’il y a de ces trucs qui semblent avoir pris une place dans son coeur autant que dans le mien. Étrangement. La vie est comme ça.

J’ai envie que ma fille soit fière d’être fille. Qu’elle porte en elle la confiance d’être entière. En tant que fille. En tant qu’être humain.

Dans l’atelier.

Le châle d'Aster.

Le châle d’Aster.

Alors pour elle. Pour sa douceur et sa féminité incarnée. Je me suis lancée dans la production d’un châle. Une laine merveilleuse de Julie Asselin, la Leizu DK (merino et soie). Un patron simple et délicat d’Alicia Plummer: Campside.