(J59) Patience et longueur de temps

Contexte.

Les gens du milieu le savent. Le public en a eu vent. Par les médias. Avec ce que ça comporte. Et colporte. Et puis il y a mes collègues. Celles de l’école-maison. Qui sont sur le qui-vive. Comme les gardiennes que nous sommes. Depuis longtemps. Presque toujours. Gardiennes de la liberté de choix. Et éducative. Au nom du respect de l’enfance. De la famille. De l’individualité. Et de son importance dans le groupe. De la richesse qu’elle procure. À la société. Le milieu éducatif québécois est en remodelage. En processus de remodelage.

Terrain glissant.

Le climat est incertain. Le terrain s’effrite. Devant nos yeux. Il faut s’en occuper. On ne peut le nier. Il faut y aller de prudence. Comme toujours. Quand de grands changements sont en jeu. Il faut faire le portrait général. Échafauder des plans. Esquisser des visions. Tenir compte de l’environnement. De la clientèle. Les temps changent. Les gens aussi. Il faut s’adapter. Pour le bien commun. Sans s’oublier. Sans oublier l’individu. Ses besoins. Ses attentes aussi.

Restauration.

C’est un peu dans ce contexte que nous sommes. Dans ce contexte que flotte l’incertitude. Née du dépôt d’un projet de loi. Le projet de loi 144. Mais je le rappelle. C’est un projet. De par son nom. Sa nature. Et son état. Il s’agit d’une entrée en matière. D’un brut. Issu de rencontres. De recherches. De discussions. De constatations. Issu également d’intentions. De visions. De valeurs. Et sûrement de quelques promesses électorales. Faut pas se leurrer non plus. Le temps est au réalisme. Pas à la partisanerie. Et quelque part. Au milieu de tout ça. Pour une raison ou une autre. Il y a la volonté de changer. D’essayer. Et qui dit essai. Dit risques. De gagner. D’échouer. De bouleverser. De surprendre…c’est normal.

Danger.

Il est là le danger. À mon avis. Celui d’être aveuglés. Par la surprise. Ou la peur. Celui qui survient quand on monte aux barricades. Trop rapidement. Mal informés. Mal préparés. Dépourvus des outils nécessaires. Il faut prendre sur soi. Affiner sa stratégie. Avant de s’élancer. Il faut connaître la lutte qui nous attend. Avoir une idée des défis qui sont au-devant de nous. Plutôt que de s’acharner. À s’en épuiser. Dans des combats trop nombreux. Inadéquatement ciblés. Sans en avoir valider la nécessité. Ou la pertinence.

Patience.

C’est ma première arme. Celle qui constitue ma base. Je choisis de prendre le temps. Et je vous invite à me rejoindre. En tout. Ou en partie. Je choisis de prendre le temps d’éduquer. Comme je l’ai fait depuis le début de l’aventure. Parce que c’est important de se connaître. Pour ensuite se reconnaître. Le temps n’est plus à la peur. Il est à l’ouverture. Au dévoilement. À la force d’association. À l’acceptation.

Longueur de temps.

Il faut voir loin. Peu importe notre parcours. Comme dans tout projet d’envergure. C’est d’une société dont il est question. Pas d’une aventure improvisée. Encore moins sans lendemain. Il est question de demain. Et c’est grand demain. Et c’est long. Long longtemps. Alors. Aussi bien prendre son temps.

Évaluer la route

Entrevoir le chemin à parcourir


Prendre son temps.

Je parle de prendre son temps. Pas de le perdre. Pas de le regarder passer. Inerte. Je parle de prendre le temps de sonder le terrain. De planifier la route. De s’informer. De se former. Et aussi prendre le temps. Pour respirer. Se ressourcer. S’enrichir. Intellectuellement. Humainement. Pour grandir. Intérieurement. Et redonner. S’impliquer. Contribuer efficacement. À la cause que nous soutenons.

Vers l’avant.

Elle est là. L’arrivée. Entre temps, je suis en route. Je reste alerte. Attentive. Mais aussi confiante. C’est ce qui me donne l’élan. Pour continuer. À y croire. À voir grand. Et beau. Et loin. J’espère vous croiser sur ma route. Ou même la partager avec vous. Le temps qu’il faut. Le temps que ça durera. Par ci. Par là. J’ai envie de vous connaître. Ça me fait grandir. Inévitablement. Et ça me rend fière. De ce que le groupe auquel je suis associée construit. Chaque jour. 

Mes convictions sont profondes. Mais ouvertes. Elles sont solidement enracinées. Elles soutiennent un sol. Propice à l’érosion. Depuis la nuit des temps. Mes convictions sont celles qui veulent un avenir grand. Pour mes enfants. Pour les vôtres. Et pour les leurs. Pourquoi pas. Mes convictions sont aussi celles qui soutendent mon présent. Un présent que je vois diversifié. Riche. Collaboratif.  Un présent qui nous mènera tous vers un horizon. Un horizon gagnant.

Pour s’informer. Et réfléchir.

Je vous laisse ma liste. De trucs à lire. Ou à relire. À voir. Ou revoir. Pour l’été.Ne vous gênez pas.  Si vous avez des coups de cœur. Des découvertes. Partagez!

Education documentaries on creativity and the future of learning

Waiting for Superman

School of trust

Race to nowhere

Where to invade next (disponible sur Netflix)

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(🚸) Les voyages forment la jeunesse

« Dans le cadre d’un projet commun initié par Julie (Maman escargot), je me suis jointe à d’autres parents-éducateurs blogueurs afin de témoigner de mon expérience de scolarisation à domicile. Le thème proposé: Ce que la scolarisation à domicile représente pour vous (votre famille, vos enfants), ce que ça vous apporte et comment vous le vivez au quotidien. »

Un jour.

Je ne me souviens pas trop du moment précis. De l’instant où l’idée a germé? Où l’élan de folie a pris forme. J’ai plutôt l’impression que c’était ce qui devait être. L’école-maison ne s’est pas imposée dans notre vie. Elle a été la suite. Logique. De ce qui avait été. Et elle allait teinter ce qui allait s’offrir à nous. Par la suite.

Point de départ.

Si vous nous avez déjà lu vous savez. Vous savez que j’ai eu mon premier fils assez jeune. Je suis devenue adulte en devenant mère. Et nous avons grandi ensemble. Pas à pas. Tour à tour, j’ai enfilé les rôles. Constamment maman. Mais ponctuellement étudiante. Puis travailleuse autonome. Nous nous sommes habitués à une routine à deux. Nous sommes devenus une équipe. Des compagnons de voyage.

Planifier.

Donc. Rien n’a réellement été planifié. Nous sommes partis à l’aventure. Simple de même. Pas toujours en fait. Mais pour commencer du moins. Sans trop savoir où on s’en allait. Ni où ça allait nous conduire. Ni combien de temps on serait sur la route. C’est sûrement dû à la candeur de la jeunesse. Mais ce fut merveilleux.

La route.

Le voyage aura été riche. Ponctué de paysages splendides. De rencontres enrichissantes. D’expériences confrontantes. On aura vécu des moments de doute. D’incertitudes. On aura escaladé des montagnes. Mais on aura tout traversé ensemble. Comme l’équipe que l’on était. Et on en ressort forts. Comme jamais je ne l’aurais cru.

Faut pas se leurrer.

Il y a eu des jours de tempête. Des orages. Et des grands vents. Des moments d’attente. Des impressions d’immobilité. Des ruelles sombres et lugubres. Des douaniers zélés aussi. On en a vu de toutes les couleurs. Mais au final. Ce que j’en retiens. Ce sont les arcs-en-ciel. Qui ont toujours suivis. Juré. Craché.

Terminus.

Ce premier voyage est fini. Du moins presque. Du moins avec moi. Mon fils prend une autre route. Qui lui appartient. Et je sais qu’il saura se repérer. J’ai confiance. Je l’ai vu grandir. Tomber. Se relever. Il ira loin. Aussi loin qu’il le souhaitera. Et j’en suis émue. Et fière. Et un brin nostalgique. Quand je pense école-maison, c’est ce qui me vient en tête. Instantanément.

Tout le monde ne descend pas.

Et nous y voilà. Nous reprenons la route. Avec un nouvel équipage. Cette fois nous sommes deux capitaines. Évidemment, tout est à refaire. Rien n’est acquis. Parce que l’équipe a de nouveaux rêves. D’autres besoins. Elle a ses forces. Et ses faiblesses. Et un vécu. Indépendant. Et collectif. Ce n’est pas négligeable.

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Revenir et repartir

Voir du pays.

Le plus beau dans tout ça. Ce qui fait qu’on a le courage de reprendre la route. Ce qui fait qu’on a l’énergie de s’élancer à nouveau. Dans le vide. C’est…indescriptible. Décevant de même. Je ne saurai jamais ce que l’on serait devenus. L’allure que notre famille aurait prise. Si on avait choisi de vivre autrement. Mais je sais que j’aime ce que nous sommes. Tellement. Et que j’ai envie que l’on continue. De découvrir. De foncer. De vivre. Ensemble. Je veux voir mes enfants se construire. Devenir et être. Ce qu’ils sont réellement. Sans pression. Ni jugement. Parce que je sais aujourd’hui. Je sais que c’est de cette façon qu’ils seront à leur meilleur. Et qu’ils toucheront au bonheur. Et qu’ils auront envie de le partager. Avec d’autres. Inévitablement.

Lever l’ancre.

Nous repartons donc. Sous peu. Vers de nouveaux horizons. Fébriles. Devant l’inconnu. Mais forts. Et confiants. D’être ensemble. C’est le plus beau. Quel chemin prendrons-nous? Je ne sais pas. Pour combien de temps serons-nous du voyage? Je ne sais pas plus. Ce que je sais? Je sais que j’en sortirai grandie. Et que ce sera le cas pour tout le monde. Je sais que le voyage sera une aventure. Marquante. Formatrice. Enrichissante. Pour tous. Jeunes et moins jeunes.

Et.

Avant de mettre le point final. Avant de clore. Laissez-moi vous souhaiter bon voyage. Peu importe votre destination. Peu importe avec qui vous partez. Prenez le temps de le vivre. Et de vous laisser imprégner. Et si l’école-maison vous interpelle. Si vos pas vous y mènent. Préparez-vous à vivre. De grandes émotions. De grandes réalisations.

(J54) Planifier une année d’école-maison (3)

Dernier droit.

On a étudié nos enfants. On a analysé une série d’opportunités. Farfouiller dans le monde des pédagogies. Standards ou alternatives. Survoler les philosophies d’apprentissage. On a commencé à tisser des liens. À faire des connections. Entre nos enfants. Leurs besoins d’apprentissage et d’épanouissement. Et ce qui leur permettra d’optimiser leur expérience. Et la nôtre.

Dissection.

Selon ce sur quoi nos choix ce sont posés. Selon ce qui nous a interpellé. Nous sommes en mesure d’établir des listes. D’objectifs à atteindre. De sujet à travailler. De matériel à se procurer. Dans le fond, nous sommes en mesure de fixer nos incontournables. D’un point de vue étudiant. Et parent-accompagnant.

Avec tout ça en main on peut avancer encore un peu. Je vous propose de définir votre calendrier. Un calendrier scolaire. Si on veut. Ou plus des balises temporelles. Qui seront d’une aide portante quand viendra le temps de diviser la matière à voir. De prévoir des vacances. De planifier des sorties. Et par la suite. Un horaire hebdomaire. Puis quotidien. Il n’est pas question ici de vous emprisonner. Mais plutôt d’avoir un élément de référence.

Grand deviendra petit.

Je commence par établir mon calendrier annuel. Je détermine ma date de départ. Et ma date de fin. Les périodes de congé. Et leur répartition. Un peu comme ceci.

Année scolaire 2017-2018

Du septembre 2017 au 15 juin 2018

Bloc 1: du 11 au 29 septembre 2017

Bloc 2: du 09 au 27 octobre 2017

Bloc 3: du 06 au 24 novembre 2017

Bloc 4: du 04 au 22 décembre 2017

Vacances de Noël: du 23 décembre 2017 au 08 janvier 2018

calendar, calendrier

calendrier 2017-2018


Et ainsi de suite. Je crois que vous comprenez assez bien le principe. Je poursuis avec ma planification hebdomadaire. Comme vous avez constaté. Chaque bloc comprend 3 semaines de travail. Et une semaine de relâche. Ou de congé. Appelez ça comme bon vous semble. Voici le descriptif d’une semaine.

Chaque semaine de travail est répartie comme suit:

Du lundi au vendredi. Le mercredi étant une demie-journée de travail.

18 périodes de 30 minutes. Soit 4 par jour. Sauf le mercredi où il n’y en a que 2.

Pour un total de 9 heures de travail par semaine.

Et finalement,la planification de mon horaire quotidien. Pas de stress. On se donne le droit de le modifier. De le moduler. De l’ajuster. En temps et lieu. L’objectif premier est le bonheur de tout le monde. Alors comme je disais, 4 périodes par jour les lundis, mardis, jeudis et vendredis. 2 le mercredi. Et elles seront réservées aux projets. Et chaque projet est conçu pour être complété en 6 heures. Petit calcul rapide. 5 projets dans l’année entière.

2 périodes en avant-midi. Et deux en après-midi. Pour les journées complètes. Ne reste qu’à distribuer mes matières. Selon la philosophie éducative choisie. Ou les philosophies. Car tout est possible. Dans notre cas on pige ici et là. Pour le moment, notre école-maison est constituée d’éducation classique, de Charlotte Mason et de pédagogie par projet. Surtout. Disons qu’elles sont nos fondations.

Les matières que nous avons choisies pour la dernière année de préscolaire de notre fils sont les suivantes:

  • Français
  • Mathématiques
  • Anglais
  • Histoire / Géographie
  • Sciences / Étude de la nature
  • Arts
  • Musique
  • Religion / philosophie

Et nous les répartissons comme ceci. Encore une fois. Je vous donne des exemples. Mettez-y du vôtre. Faites-le à votre image.

schedule, horaire

Horaire hebdomadaire, préscolaire 2


Matières premières.

Les plans sont échafaudés. Il est temps de choisir avec quoi on va travailler. Vous pouvez vous informer à des gens. Si vous suivez le programme du minisère, demandez à votre école ressource . De même si vous avez un projet de courte durée. Vous aurez une idée de ce à quoi votre enfant devra s’attendre au retour. Sinon, une bonne façon de débuter vos recherches est d’aller à la rencontre de gens qui ont les mêmes valeurs que vous. En personne. Via des groupes Facebook. Des forums. Des sites dédiés à des philosophies éducatives. Comme ceux mentionnés dans mon 2e post sur le sujet.

Et. Parce que je ne vous laisserai pas partir comme ça évidemment. Vous pouvez visiter les maisons d’éditions en ligne. Des magazines sur le sujet. Ou encore certains libraires. Profiter des aperçus. Avant de faire des choix. En voici quelques-uns:

Et si vous recherchez des ressources en ligne. Ou en téléchargement. En voici quelques-unes. Tous niveaux confondus. Je ne les ai pas toutes testées. Certaines sont mes coups de cœur. D’autres sont laissées à votre bon jugement.

Soyez sages. On a souvent tendance à vouloir tout prendre. Surtout au début. Prenez votre temps. Cherchez conseils et suggestions. Et gardez en tête que ce seront des outils de travail. Qu’ils doivent convenir à l’apprenant. Et qu’ils doivent donner envie de travailler. À tout le monde. Certains ont des corrigés d’autres pas. Certains sont illustrés. Ou encore en couleur. Bref, il y en a pour tous les goûts.

Il y en a beaucoup en anglais. C’est la réalité de l’école-maison. Vous pouvez traduire. Ou vous en servir comme prétexte à l’apprentissage de l’anglais intensif. J’ai volontairement omis plusieurs sites d’intérêt pour alléger le tout. Gardez en tête les sites reliés aux  chaînes de télé spécialisées. Aux magazines. Aux gouvernements et à leurs ministères. Aux organismes humanitaires. Aux musées. Aux bibliothèques. Au top 100 de Cathy Duffy. Et tout ce qui peut vous passer par la tête. Ou presque.

Admirer.

Voilà venu le moment. Celui où tout le temps passé à observer prend forme. Où la réflexion s’articule de façon plus concrète. Celui où le fruit de vos efforts devient tangible. C’est ici le corps du projet. La façon dont je procède quand j’utilise du matériel pédagogique de type livre ou cahier.

  • Je place toutes mes matières dans un ordre qui me convient.
  • Je titre de façon précise.
  • J’inscris le nom de mon document de travail principal.
  • Je dresse la liste des principaux thèmes à l’étude.
  • Je définis les objectifs intermédiaires.
  • Je cite quelques exemples de moyens utilisés pour y parvenir.
plan prescolaire, preschool plan

Exemple de planification préscolaire

elementary plan, planification primaire

Exemple de planification scolaire au primaire

Je devais vous donner un exemple de ma planification lors de projet. Je vous reviendrai là-dessus. Il y a trop à dire. Finalement. Et je déteste les trucs bâclés. Tant qu’à faire. Allons-y avec la totale.

D’où est-ce que ça sort.

À la fin de mon plan de scolarisation, j’y vais en détail. Je fais des listes exhaustives de ce qui est prévu comme matériel. Autant les livres que les cahiers. Autant les sites internet que les logiciels. Ou les applications. Sans oublier les lectures obligatoires. Les films. Les documentaires. En fait, tous mes supports sont listés, par matière. Ma façon de procéder:

Titre, auteur, maison d’éditions ou boîte de production, éditions, année, ISBN ou numéro d’identification.

Pis, la socialisation?

Je dresse une liste d’activités significatives. Des voyages. Des sorties. Des activités. Cela permet aux évaluateurs de mieux connaître l’enfant. De mieux cerner les valeurs familiales. D’avoir un aperçu de la dynamique éducative. De comprendre certains objectifs. C’est certain que la socialisation se fait chaque jour. Mais je m’en tiens aux événements marquants. Je ne vois pas l’utilité de citer que mon enfants fait les courses avec moi. Tous les enfants peuvent faire ça. Je m’assure de décrire la socialisation dans une perspective d’expérience formatrice. Éducative. De prendre la tangente de l’épanouissement. Et du développement personnel.

Projection.

On se retrouve donc la semaine prochaine. Avec le montage d’une planification d’un projet. Dans le détail.

(J49) Planifier une année d’école-maison 1

Ça y est.

On commence. Par le commencement. Avant de remplir du papier. Il faut se mettre en situation. Revenir en arrière. Se demander d’où on vient. Revoir les portraits de chaque membre de l’équipe. C’est essentiel. Car avant tout, il faut que tous pagayent dans le bon sens. Si on veut arriver à bon port.

Tout d’abord.

Laissez-moi vous dire que vous ne partez pas de zéro. Ne l’oubliez jamais. Vous avez une connaissance de vos enfants. En tant qu’enfants. Vous avez une connaissance de vous-mêmes. En tant que persones. En tant que parents. Vous avez un bagage de valeurs. Personnelles, familiales, sociales, écologiques. Name it. Vous avez aussi la tête pleine d’idées, de désirs, de motivations. Teintés par votre parcours. Votre vécu. Tout ça constituent les fondations de ce que vous vous apprêtez à construire. Ce qui constituera l’immuable. L’indélogeable. Un béton lié par votre plus grand atout. Votre amour pour vos enfants. C’est pas rien tout ça.

Maintenant.

Une fois que vous avez pris conscience de ce qui se trouve dans vos bagages, l’exploration commence. Chaque chose en son temps. Commençons par découvrir les participants. Il y a vous, en tant que parents. Qui avez un projet. Mais qui n’avez pas nécessairement en tête quel type d’accompagnant vous serez. C’est important qu’un projet d’école-maison respecte les désirs, les limites, les visions d’un parent. Car ce projet, il vous en demandera du temps. Et des efforts. Car il vous emmènera son lot de doutes. De craintes. De remises en question. De batailles aussi. Peut-être. Probablement. Et toutes ces données changeront. Au fil des ans. Des enfants. De la vie en mouvement. Rien ne sera acquis. C’est la vie. Alors prenez un temps pour pensez à vous. Ça peut faire toute la différence. Et garder les traces de tout ça. Ça vous sera utile quand vous aurez l’impression de perdre le Nord.

L’équipage.

Continuons notre progression vers le vif du sujet. Vous connaissez vos enfants. Vous avez peut-être suivi de près leurs parcours scolaires de près. Mais là, c’est différent. Vous serez le capitaine. Et afin que tout roule, il faut connaître ses enfants en tant qu’apprenants. 

Il y a d’abord les catégories d’apprenants dites sensorielles. Qui constituent une bonne base. Pour entamer l’observation. Se donner un point de départ. Ce n’est pas tout. Mais c’est un outil précieux. Une cartographie du voyage. Qui peut éviter bien des impasses. Bien des détours inutiles. Voici un aperçu. N’hésitez pas à pousser plus loin ce qui vous interpelle.

  • Les visuels: ils apprennent à travers l’observation et ont une grande capacité à visualiser. Ils apprécient les supports visuels, les graphiques, les photos.
  • Les auditifs: ils captent l’information par l’écoute. Peuvent sembler absents ou désintéressés mais demeurent attentifs tout de même.
  • Les tactiles: on en retrouve 2types. Ceux qui aiment manipuler, toucher. Et ceux qui ressentent le besoin d’encoder l’information par des graphiques, des notes, des dessins.
  • Les kinesthésiques: les kinesthésiques apprennent dans le mouvement. Sortez les ballons, les cordes à sauter et les trampolines!
  • Les séquentiels: ils aiment apprendre par étape, dans un ordre. Ils aimeront les plans, les lignes du temps.
  • Les simultanés: au contraire des séquentiels, ils préfèrent avoir une vue d’ensemble. Sortez les cartes du monde et autres représentations globales qui leurs permettront de faire des liens et de catégoriser selon leurs envies.
  • Les logiques: ils ont besoin d’analyser et de réfléchir avant de se lancer. Ce sont souvent des amateurs de maquettes, de modèles réduits et autres montages conceptuels.
  • Les verbaux: ceux-ci ont besoin d’interagir verbalement pour apprendre. Ils aiment la discussion, les débats pour assimiler les connaissances.
  • Les interactifs: ils aiment les travaux en équipe et être entourés.
  • Les solitaires: leur rendement est souvent meilleur dans un environnement calme. Ils ont besoin de limiter les éléments perturbateurs pour offrir leur plein rendement. Sortez les casques d’écoute ou faites leur un coin bien à eux.
  • Ceux qui préfèrent l’expérimentation indirecte: ils aiment en général l’enseignement classique, de type magistral. Ils préfèrent se servir de l’expérience des autres pour se construire leur propre bagage.
  • Ceux qui préfère l’expérimentation directe: ils ont besoin de sentir qu’ils sont partie prenante du processus d’apprentissage, de manipuler, d’interagir.
  • Les rythmiques-mélodiques: ils pensent en rythme ou selon des patrons, qu’ils soient proposés ou de leur cru. Ce sont souvent des amoureux de la musique. Ils aiment apprendre en marchant ou en frappant des rythmes réguliers.

Chaque enfant est donc un unique mélange de genre. Ils auront probablement une prédominance dans un type sensoriel. Mais ils ne seront jamais purement et simplement confinés à une seule et même catégorie. Parole de maman. Et l’effort d’observation en vaut la chandelle. Car plus l’enfant est stimulé efficacement plus l’apprentissage est enrichissant. Et plus l’expérience sera agréable. Pour tout le monde. Évidemment!

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Commencer l’aventure


Pause.

Vous pouvez prendre une pause. N’oubliez pas de respirer. Profondément. De vous donner du temps. Mais tout ce temps mis à observer vos enfants est important. Même si vous n’en êtes pas à vos débuts. Car avec le temps, tout le monde change. Grandit. Évolue.

Investissement. 

Le temps investit ici peut sembler perdu. Vain. Mais croyez-moi, tout ira tellement plus vite et efficacement après. Quand le temps sera venu de choisir une pédagogie. Ou d’en mélanger plusieurs. Quand vous aurez à déterminer un horaire et un calendrier. À choisir votre matériel. À établir une prévision de cadence. Et plus. Et plus. Et plus.

Ce n’est qu’un au revoir.

J’arrête ici pour le moment. Probablement que tout cela ne semble pas très excitant pour la plupart. Cependant, je crois fermement que de commencer par un temps d’observation est la clé d’un plan efficace et utile. Car le plan de scolarisation doit avant tout vous être utile. Vous ne devez pas le faire pour faire plaisir à une instance. Vous devez le faire pour vous. Pour vos enfants. Car à priori, ce projet, c’est vous qui le vivrez. C’est vous qui surmonterez les défis. Un après l’autre.

Je vous dis donc à la semaine prochaine. Avec un tout autre programme. Plus technique. Où il sera question de planification dans le temps. De lois. De pédagogies. Et autres facettes pratico-pratiques de l’école-maison. Au plaisir de vous y retrouver.

(J47) Esquisser son chemin d’école-maison (1)

Janvier.

Nous y voici déjà. La planification commence à se préparer. Pour la prochaine année. C’est tôt. Mais jamais trop. Mon expérience me rappelle que le plus tôt, le mieux. Et avec un bébé tout neuf qui s’annonce pour le printemps. Et un autre gros projet que l’on souhaite voir se concrétiser pour l’été. Pas de chance à prendre. C’est le temps des notes. De la recherche. Du creusage de coco.

Constat.

Commençons par le commencement. L’année n’est pas terminée. Loin de là. Mais les premiers élans donne une idée. Une idée de qui est notre enfant. De comment il apprend. De son rythme. De sa cadence. De ses besoins. De ses défis particuliers. De ce qui l’a animé. De ce qui l’a ennuyé. Bref, le portrait est déjà esquissé.

Le plan de scolarisation.

Dans notre projet d’école-maison, le plan de scolarisation est important. Très important. C’est un outil de communication. Avec le système scolaire. Et dans la famille. Car oui, chez nous c’est avant tout une histoire de famille. On le construit bien avant le début de notre parcours. Et on l’annote durant. Sans jamais rien effacer. C’est notre itinéraire. Il ne nous guide pas. Mais il nous permet d’évaluer comment les idées se conjuguent à la réalité. Sans se brimer. Sans se rusher.

Par étape.

Le plan de scolarisation est un travail imposant. De longue haleine. Sa construction exige de la recherche. De la réflexion. Des remises en questions. Des heures de lectures. Innombrables heures. Des calculs. Et des questionnements. Encore. Et ce même après 12 ans de métier. 

Des chiffres.

Il ne se définit pas par un nombre de pages. Pas nécessairement, en fait. Car, dans le fond, si je veux qu’il me serve, il faut qu’il soit assez complet. Et détaillé. Et clair. Chez nous, ca varie entre 30 et 75 pages. Selon le niveau. Selon l’enfant. Mais encore là. Ça c’est pour chez nous.

Sa qualité ne dépend pas non plus d’un nombre d’heures. Mais faire des recherches demande du temps. Et implique des questionnements. Des remises en question. De l’investissement personnel. Qui à leur tour vous renverrons à vos recherches. C’est un cercle vicieux. Un cycle sans fin. Auquel vous ne pourrez échapper. Car on le fait pour nos enfants avant tout. Et ce qui est bon pour les miens ne l’est pas nécessairement pour les vôtres. Essais et erreurs bienvenus. Mais ne vous inquiétez pas. C’est enrichissant. Et valorisant. Ici, j’y mets entre 50 et 100h. Selon le niveau. Selon l’enfant.

Et des lettres.

Un plan doit être éloquent. Tout d’abord pour vous. Puis, selon votre situation, pour ceux à qui vous le confierez. Les paroles s’envolent. Les écrits restent. Alors qu’il vous securisera dans votre aventure, il confortera les ressources externes sur  votre parcours. Votre vision. Votre détermination. Il doit refléter votre personnalité. Et celle de votre famille. Il sera votre représentant. Quand vous serez absents. Qu’on parlera de vous. Qu’on questionnera votre cheminement. Inévitablement. Mettez-y du cœur. Vous éviterez bien des soucis!

Son contenu.

Encore là, bien difficile de définir de façon rigide le contenu d’un plan de scolarisation. Essayez de penser à ce qui vous sauvera du temps au courant de l’année. Essayez d’imaginer ce qui pourrait vous sauver des tracas. Essayez de vous mettre à la place de ceux qui le consulteront. De quoi avez-vous besoin pour être en confiance dans votre rôle?  Pour vous donner une idée, voici la table des matières de mon plan. Ce n’est pas LE plan à suivre. Ce n’est pas non plus le meilleur. Ni l’infaillible. De toutes façons, ils n’existent pas ceux-là.

– une page de présentation

– une table des matières 

– les extraits de lois reliés à l’école-maison

– un court résumé descriptif du type de pédagogie employée  

– notre calendrier scolaire

– notre horaire hebdomadaire

– les descriptifs de chacune des matières incluant les ressources principales utilisées, 

   les objectifs d’apprentissage généraux et le contenu détaillé.

– un aperçu des activités connexes ayant un impact positifs sur le développement de l’enfant

   telles que sorties prévues, cours, interêt significatif de l’enfant pour un domaine en particulier, voyage

   Bref, tout ce qui permettrait à une personne de mieux connaître votre enfant.
Avant de se lancer.

Voici donc MA vision d’un plan de scolarisation. La formule qui me convient. Qui m’accompagne depuis belle lurette. Celle que j’ai apprivoisée aussi. Car il faut se le confier. C’est important de se donner du temps. Et des chances. D’apprendre à se connaître dans ce nouveau volet de la vie. Qu’on a choisi. Avec courage. Mais surtout beaucoup d’amour.

Alors, assurez-vous d’avoir papier et crayons en main. Préparez-vous un bon breuvage réconfortant. Et pourquoi pas une pointe de gâteau. Et lancez-vous avec nous. Si le cœur vous en dit. On commence lundi.

Prêts pour le plan de scolarisation 2017-2018


À suivre…

(J43) L’espace de tête

Partage de nuages.

Permettez-moi  de vous offrir un petit moment parabolique. Permettez-moi cet écart un instant. Donnez-moi ce petit plaisir. Qui sera, je vous l’assure, le meilleur véhicule pour vous transmettre un de mes bonheurs. Une de mes plus grandes fiertés. Un de ces trucs qui me donnent envie de me donner une bonne tape dans le dos.

Semer.

Tout commence au printemps de la vie. Lorsque la chaleur commence à faire dégeler la terre. Lorsque cette dernière commence à affirmer ses particularités. Ses richesses. Ses défis. Lorsque le sol meuble est une invitation qu’on ne peut refuser. Lorsque l’envie d’y mettre un peu du sien nous enflamme. Lorsque toutes les conditions semblent en place pour que la vie s’épanouisse encore plus.

Grandir. Oups! Pousser!

Puis les rayons du soleil deviennent de plus en plus chauds. La croissance en profite, bien sûr. Mais il faut rester attentif. Les catastrophes naturelles peuvent toujours poindre à l’horizon. Il faut garder l’oeil sur ce terreau si généreux et gorgé de possibilités. Il faut écouter sa voix, silencieuse mais oh! combien révélatrice. Il faut savoir mettre des mots sur les non-dits. Il faut garder confiance aussi.

Récolter.

Puis vient le temps. Ce temps où les fruits de notre travail prennent forme. Et couleurs. Et saveurs. Et odeurs. Où les sens rejoignent les espérances dans le temps. Où l’on sait enfin que le jeu en a vallu la chandelle. Où l’on célèbre. Et où l’on prend note des impératifs changements à apporter aussi.

Conserver.

Toute cette belle récolte. Cette abondance de vie. Cette nourriture du corps ne doit pas se perdre. Il est temps de mettre en conserve, de stériliser. D’y aller d’essentiel en essentiel. De se permettre quelques petites gâteries au passage également. De conserver ce qui ne peut être utilisé. De s’assurer, qu’au moment opportun, il sera possible d’en profiter. Que la beauté des fruits de notre labeur viendra, dans la froideur et la noirceur de l’hiver, nous réchauffer et nous réconforter.

Parallèle.

Et il en est de même avec l’esprit. Nos enfants, dès leur plus jeune âge, nous poussent à sustanter leur insatiable curiosité. Leur immense besoin d’apprendre, de découvrir. Leur besoin naturel de se dépasser nous entraîne à leur suite. Puis vient le temps de la scolarisation pour certains. Pour décrire notre situation, je qualifierais ce passage d’entrée dans les apprentissages dirigés peut-être. En fait, je n’y ai jamais vraiment pensé. J’imagine que le titre me viendra plus aisément quand l’histoire sera complétée. Encore que je n’arrive pas à en entrevoir la fin.

Semences du patrimoine.

Chez nous, les apprentissages viennent également avec leur part d’inutilités. En fait c’est ce que le milieu scolaire qui régit nos évaluations semble en penser. C’est ce que nous ressentons quand on les voit reléguer ce qui représente à l’horaire plus de 3h de lectures et travaux par semaine à une seule case horaire. La faible valeur quantitative accordée se traduit inévitablement en méconnaissance. Puis en dévalorisation. Puis..

Quand la lumière émerge des nuages.

Quand la lumière émerge des nuages.

Bourrage de crâne.

J’ai souvent l’impression qu’on considère ce bloc de bourrage de crâne. De pelletage de nuages? Je ne comprends pas trop. Ce qui est appelé Éthique et culture religieuse est composé chez nous de 4 périodes hebdomadaires réparties comme suit: Religions et pratiques religieuses, Éthique et philosophie, Mythologie et Grec ancien. Non mon fils ne parle pas grec quand il va au dépanneur chercher un litre de lait. Non, nous ne sommes pas pratiquants ni même associés à une religion. Serait-ce pour autant des apprentissages inutiles? Un apprentissage, quel qu’il soit peut-il réellement être inutile?

Espace de tête.

Un peu comme cet espace vide laissé dans la mise en conserve pour en assurer la bonne conservation, mon bloc inutile n’est pas du gaspillage. Il est, à mon avis, ce qui permet au reste de garder sa forme. Sa valeur.

L’espace de tête habite silencieusement l’esprit de mes enfants. Puis un jour, on le voit prendre forme à travers la vie. On le voit accompagner la naissance du raisonnement. On le voit structurer la démarche. On le voit appuyer la notion de patience aussi. Car c’est aussi ça apprendre. Avoir la confiance et la patience d’accepter sans nécessairement comprendre la valeur de ce qui nous est offert.

Ma conserverie.

Voici ce que nous mettrons en conserve cette année. Libre à vous de vous en inspirer ou non. Le point important que je voulais livrer aujourd’hui est que: l’utilité n’est pas nécessaire en tout temps. L’instantanéité non plus. Surtout en éducation.