(J45)Pour que ça roule

Ces affaires qui s’oublient pas.

Il paraît  qu’il y a des choses que l’on ne peut pas oublier. Mais des fois on se rend tout simplement compte qu’on a jamais vraiment su. Qu’on galérait un peu tout croche.  Pis que tout se passait relativement bien. Jusqu’à ce qu’on prenne le champs. Sul dos dans l’fossé. À chercher de l’aide pour se relever.

Promenade du dimanche.

Je vais être honnête. Parce que je le sais maintenant. Parce qu’au point où j’en suis j’ai pas de raison de le cacher.  J’ai abusé du cruise control. J’ai pris pour acquis qu’il ferait toujours beau. Et que la route serait sans surprise.  J’ai fait confiance à la machine. Je l’ai fait rouler à haute vitesse. J’ai mis la musique dans le tapis. Pis j’ai roulé.

Ce qui deva arriver.

Ça a l’air que la vie trouve toujours le moyen de te faire comprendre ce que tu refuses de voir.  Ce fut le cas. Ça l’est toujours. J’ai entamé un processus. C’est long. Ce sera long. Ce sera en dents de scie. Je le sais. Et je fais avec. Ça s’appelle grandir il paraît. Moi, maintenant, j’appelle ça Vivre.

Premier constat.

Mon premier constat a été de réaliser que, dans ma vie de tous les jours, j’ai besoin de routine. J’ai réalisé que ce que je réussis le mieux est basé sur une routine. Forte et flexible. Je me suis rappelée de mes années d’étudiante. De mes années d’école-maison. De mes voyages. J’ai tenté de voir pourquoi pour ça, ça marchait. Puis j’ai réalisé l’évidence. La préparation me sécurise. Elle me donne confiance. Elle me permet de me concentrer sur l’essentiel. L’important.

L’artillerie lourde.

Alors j’ai entrepris de voir ma vie comme un voyage. Une journée à la fois. Une semaine à la fois. En gardant la tête haute pour ne pas perdre les grands objectifs de vue. Ma première cible: les petits matins. Tant qu’à commencer quelque part. Commençons par le début.

ABC d’un réveil.

J’ai fait l’inventaire de mes besoins. Puis de mes musts. Puis des ces petits extras qui peuvent faire une GROSSE différence pour moi.

Mes besoins:

  • Du calme, de la lenteur, du silence
  • Mon combo de vitamines: huile de poisson, vitamines D, magnésium et gelée royale
  • Un délicieux déjeuner: des bons gras et des protéines à profusion
  • Une douche: seule, en silence et dans l’obscurité

Mes musts:

  • Un oil pulling: pendant lequel je fais autre chose
  • Une eau citronnée: pour accompagner mon repas
  • Une lampe de luminothérapie: pendant mon déjeuner
  • Un journal personnel, un agenda: que je crayonne en mangeant
  • Une séance de brossage à sec: j’en reparlerai en détail bientôt

Mes petits extras:

  • Un café avec mon chum: c’est en général le seul temps où on peut se jaser!
  • Des rideaux grands ouverts laissant entrer le soleil
  • Des huiles essentielles qui flottent dans les airs: du romarin, des agrumes

Cest ainsi que chaque matin je m’assure que mes besoins sont comblés. En priorité. Et que aussi souvent que possible je tente de ponctuer ma routine de ces petits riens qui font grimper mon niveau d’énergie. Et de bonheur. En tout, ça représente entre 15 et 45 minutes. C’est pas la mer à boire. Mais pour moi, c’est le paradis. Ça a un impact direct sur mon énergie. Ma capacité à gérer l’anxiété. À affronter la journée avec courage et laisser aller.

Et vous, vous avez une routine matinale qui vous sauve la vie?

La lumière au bout du tunnel

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(J30) 1, 2, 3 chandelles

Retour en arrière.

Ça a commencé le 18 février 2012. Il y a déjà trois ans. J’étais impatiente. Mon chum avait la broue dans le toupet. C’était la fête de Mawie Guillemette. C’était à son tour de se faire portraitiser par FlexiB. L’encre a manqué…juste en fin de matinée. Mon chum est aller faire une course pour refaire des réserves…vite vite. Et, pendant son absence, j’ai lavé le plancher et les fenêtres du salon. Et ça a marché!

Quand le sablier s’active…enfin!

J’étais rendue à cette étape de ma grossesse où les gens veulent plus savoir quand tu accouches que comment tu vas. Rendue à cette étape où les gens t’écrivent pour te demander à quel stade d’ouverture est ton col utérin. Rendue à l’étape où la fatigue et les hormones te donnent une envie de leur hurler en plein visage de se mêler de leurs affaires. Mais ça a fini par commencer.

Je me rappellerai toujours de la première contraction qui m’a fait dire: Ça y est! Je me rappelerai toujours de mon chum qui m’a demandé de patienter le temps qu’il finisse et numérise son portrait. C’est drôle un homme des fois!

Quand tu découvres pour VRAI ce que c’est une sage-femme.

Puis, vint un moment où l’attente n’est plus parmi le lot des possibilités. Le moment où il faut appeler celle qui nous a accompagnés durant les derniers mois. Celle qui, même si son rôle est professionnel, semble te comprendre mieux que personne. Celle qui vient chez toi pour ne pas que tu aies à te deplacer, en vain, toi et ta proéminente bedaine. Celle qui te permet de consacrer tes énergies à l’essentiel, à sortir ce bébé qui a envie de voir la lumière.

Et la lumière fût!

Hélios est arrivé doucement, sans pleurs, sans cris. Un bébé paisible dès la première seconde. Une boule d’amour tendre. Un soleil lumineux au milieu de cette froide nuit de février. Il était parfait. Il était l’énergie que nous avions besoin à ce moment pour continuer à construire notre famille. Notre bébé-soleil était enfin avec nous. Notre bébé-soleil qui portait si bien son nom.

C'est un garçon!

C’est un garçon!

Pas-à-pas.

Puis la vie a pris son cours, doucement. Petit bébé a su gagner le coeur de ce grand frère qui était un peu hésitant à priori. En fait, il a gagné le coeur de tout le monde assez rapidement. Il grandit vite. Trop vite. J’imagine que toutes les mamans trouvent que leurs enfants grandissent trop vite. Puis sa personnalité s’est mise à s’affirmer au même rythme que ses traits. De petit bébé il est devenu un enfant unique et exceptionnel.

Hommage.

Mon beau Hélios. Le soleil à l’état brut. Une énergie inégalable. Qui réchauffe le coeur comme nulle autre. Mais qui brûle un peu aussi parfois. Et qui donne le goût d’aller se coucher le soir! Je suis fascinée par ta vie qui se dessine sous nos yeux. Par ta vivacité, ton ambition, ta détermination et ton intelligence. Tu as tout ce qu’il te faut pour construire ton destin. Et j’en remercie chaque jour la vie. Longue vie à toi mon amour!

Du haut de tes trois ans, tu nous en fais déjà voir de toutes les couleurs. La liste des souvenirs qui défilent dans ma tête quand je me plonge dans tes grands yeux bleus est déjà longue et riche d’émotions. Bonne fête mon amour! De la santé et du bonheur, à l’état brut. De l’intensité et de la chaleur. Et quelques petites douceurs sucrées ici et là. xxx

Un convive tout en couleur pour le diner d'anniversaire.

Un convive tout en couleur pour le diner d’anniversaire.

 

(J18) Faites comme chez vous

La bougeotte.

Plus jeune, je ne voulais pas de maison. Je voulais voyager. Bouger. Je ne voulais rien entendre de la lourde responsabilité d’être propriétaire d’une maison. Je voyais les possessions immobilières comme un poids, un boulet. Je rêvais de liberté, de grands espaces, de changements, de surprises.

Les assises.

Puis, je me suis mise à travailler de la maison. J’aimais le fait que mon atelier et mon lieu de vie se fondent l’un dans l’autre. J’aimais que mon fils courre autour de moi pendant que je travaille, j’aimais pouvoir profiter de chaque minute d’accalmie pour aller avancer un contrat, j’aimais pouvoir profiter des moments d’attente pour prendre une douche rapide ou partir une lessive. Vous savez, optimiser son temps. Je ne connais pas beaucoup de mamans qui n’aimeraient pas.

Enrichissement.

Puis fiston a grandi. L’école à la maison s’est installée chez nous comme un projet ce vie supplémentaire. Les livres, cahiers, manipulatifs sont entrés…en bonne quantité. Notre lieu de vie et de travail devenait, en plus, un lieu d’étude. L’environnement devenait de plus en plus riche. L’organisation se complexifiait. L’identité de notre chez nous se forgeait déjà un peu.

Fonder une famille.

Puis mon amoureux est arrivé dans ma vie. Et deux autres enfants ont suivi. Le foyer s’est adapté à chacun des événements qui ont marqué nos vies. L’environnement se colore de tout ce que chacun lui apporte, il se pare des essentiels pour combler les besoins de chacun aussi. Le lieu de vie a, tranquillement, commencé à prendre des allures de foyer, de maison familiale. Mon sentiment d’appartenant à ma résidence a grandi, je me suis mise à ressentir le besoin de l’habiter, pas seulement physiquement ou comme un lieu de transit, mais de l’imprégner de ce que je suis et de me laisser imprégner de ce qu’il a à me donner.

L’enveloppe.

Nous sommes en appartement. Nous ne sommes pas propriétaires. Mais au-delà des spécificités administratives, nous nous sentons de plus en plus confortables dans notre chez nous. Les odeurs, les couleurs, les sons…Notre appartement est de plus en plus réconfortants et à l’image de la vie qui est celle dont je rêve maintenant. Bien sûr, je suis comme la plupart. J’aimerais que la peinture soit à jour partout, que tous mes meubles soit confortables, beaux et exempts d’accrocs ou de taches, que mes planchers soient fraîchement sablés. J’aimerais que toutes les matières soit écologiques, éthiques et sans danger pour la santé. Que la vaisselle et la lessive soit en tout temps à jour. Que les lits soit faits en 45. Que les chats ne perdent pas de poils. Mais à quoi bon.Je sais pertinemment que, dans quelques années, beaucoup plus vite que je le souhaiterais, tous ces petits riens me manqueront énormément.

Accueillir.

Il a fallu que j’apprenne à accepter mes limites et à me motiver à relever mes propres défis. Il faut que je fasse preuve d’humilité et que j’accepte que mon intérieur ne soit pas parfait. J’ai longtemps eu, et j’ai encore, beaucoup de difficulté à accueillir des gens chez moi. Non pas que je n’aime pas recevoir, mais parce que si ce n’était que de moi, j’attendrais que tout soit parfait pour inviter des gens. Aussi bien dire que je n’aurais jamais de visite! Il y a peu de chance pour que le ménage soit convenable à mes yeux…et je ne m’en excuse plus. Ça aussi c’est à l’image de ce que nous sommes: des amoureux, des parents, des artistes, des travailleurs autonomes et une école-maison où grandissent des enfants entre 1 et 14 ans. Des gens occupés quoi!

Se relever les manches.

Je ne baisse pas les bras. Chaque jour, je cherche des moyens de rendre chaque minute plus optimale. Chaque jour, j’essaie d’imaginer des moyens de nous faciliter l’organisation. Chaque jour, j’essaie de rendre notre vie en ce lieu plus confortable. On essaie ici et là. Parfois on réussit, parfois on passe rapidement à autre chose. On profite de chaque moment pour apprendre à travailler en équipe, question d’être vraiment efficaces quand on aura notre fermette. Nous savons notre temps compté ici, ça fait partie du projet. Mais nous tenons à être bien au présent. C’est, pour nous, une façon de faciliter notre progression vers nos rêves. On voit ce moment comme un temps de formation et on en profite au max.

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Bienvenue!

 

 

(Interlude) Moi ma sage-femme

Parce que les sages-femmes, c’est tellement plus que ce que les gens peuvent penser.

MA sage-femme.

En fait je devrais dire MES sages-femmes. Mais peu importe, ce que je veux souligner ici, c’est le sentiment d’appartenance que l’on développe envers ces femmes qui nous accompagnent, nous futures mamans mais aussi tout ce petit monde qui nous entoure, dans cette aventure de la maternité. Mes sages-femmes sont entrées dans ma vie pour y rester, car chaque fois que mes yeux se posent sur mes enfants, je ressens un peu de leur douceur, de leur force, de leur bienveillance et de leur confiance.

Des rencontres.

Rencontrer ma sage-femme, dans mon cas, m’a permis de me rencontrer un peu moi-même aussi. Elles sont tellement à l’écoute de nos vécus, de nos doutes, de nos joies qu’elles arrivent à nous convaincre que nous en vallons la peine. Dans les jours où la vie est plus difficile, les moments où j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur, je me les rappelle. Mes sages-femmes étaient plus que sages, elles étaient fortes et douces, compétentes et ouvertes, curieuses et respectueuses. Mes sages-femmes m’ont transmise un peu d’elles-mêmes et je les en remercie car j’en suis une meilleure mère.

Des femmes.

Parce qu’elles sont encore en majorité féminine et parce qu’elles le demeureront sûrement. Parce qu’il y a quelque chose de réconfortant à se faire guider par une femme qui a confiance en nous. Parce qu’il y a quelque chose de rassurant de les savoir là, avec leurs expériences et leur vécus de cliniciennes mais aussi de femmes. Parce qu’il y a une partie de nous, de moi, qui se sent intimement liée à toutes les femmes du monde, j’aime savoir qu’il y en a une à mes côtés dans ces moments si grandioses de la vie que sont les naissances de mes enfants.

Parce que des fois ça marche pas comme prévu.

La naissance de mon deuxième a été un moment de rêve. 3h en maison des naissance, un bébé paisible. Bref, rien à redire. La troisième… Acupunture, strippings, actées, marche, huile de ricin, rien n’y a fait. Rupture des membranes à 41 6/7, poussées infructueuses, douleurs intolérables…transfert à l’hôpital, épidurale, rythme cardiaque du bébé à la baisse, ventouse. Un bébé de petit poids malgré la date dépassée mais en bonne santé. Je ne voulais qu’une chose, retourner chez moi. J’ai réussi à convaincre le pédiatre et hop! 12 heures plus tard, j’étais enfin dans le confort de mon foyer avec mon chum, mes enfants et ma mère.

Mais, même si tout mon petit monde allait bien, il y avait ce petit quelque chose qui n’allait pas. Ce sentiment de défaite, de ne pas avoir été à la hauteur. De ne pas avoir été assez forte pour mettre ma fille au monde. D’avoir perdu le contrôle de mon corps. Et la culpabilité de ne pas être dans cet état de plénitude que l’arrivée d’un enfant devrait provoquer. Et elles ont été là. Elles m’ont guidée de façon si douce et bienveillante dans ce deuil qu’il est devenu quelque chose dans lequel je retire une plus grande force aujourd’hui. J’ai appris que même si les événements ne tournent pas toujours comme on le souhaiterait, il ne faut pas baisser les bras. Rien n’est immuable. N’en tient qu’à nous.

Et maintenant.

Chers membres des CA, des tables de discussion, et des gouvernements. Je vous le dis, vous gagnerez à côtoyer ces femmes. Elles sont de compétentes et humbles représentantes des mères du Québec. Profitez de leur savoir et de leurs expériences car elles sont la clé de bien des solutions à mon avis. Leur bon jugement, leur dévouement vocationnel, leur empathie ne seront jamais de trop. Et je rêve que vous vous en inspiriez quand, autour de vos grandes assemblées, vous tenez en vos mains le destin des enfants du Québec.