(J47) Esquisser son chemin d’école-maison (1)

Janvier.

Nous y voici déjà. La planification commence à se préparer. Pour la prochaine année. C’est tôt. Mais jamais trop. Mon expérience me rappelle que le plus tôt, le mieux. Et avec un bébé tout neuf qui s’annonce pour le printemps. Et un autre gros projet que l’on souhaite voir se concrétiser pour l’été. Pas de chance à prendre. C’est le temps des notes. De la recherche. Du creusage de coco.

Constat.

Commençons par le commencement. L’année n’est pas terminée. Loin de là. Mais les premiers élans donne une idée. Une idée de qui est notre enfant. De comment il apprend. De son rythme. De sa cadence. De ses besoins. De ses défis particuliers. De ce qui l’a animé. De ce qui l’a ennuyé. Bref, le portrait est déjà esquissé.

Le plan de scolarisation.

Dans notre projet d’école-maison, le plan de scolarisation est important. Très important. C’est un outil de communication. Avec le système scolaire. Et dans la famille. Car oui, chez nous c’est avant tout une histoire de famille. On le construit bien avant le début de notre parcours. Et on l’annote durant. Sans jamais rien effacer. C’est notre itinéraire. Il ne nous guide pas. Mais il nous permet d’évaluer comment les idées se conjuguent à la réalité. Sans se brimer. Sans se rusher.

Par étape.

Le plan de scolarisation est un travail imposant. De longue haleine. Sa construction exige de la recherche. De la réflexion. Des remises en questions. Des heures de lectures. Innombrables heures. Des calculs. Et des questionnements. Encore. Et ce même après 12 ans de métier. 

Des chiffres.

Il ne se définit pas par un nombre de pages. Pas nécessairement, en fait. Car, dans le fond, si je veux qu’il me serve, il faut qu’il soit assez complet. Et détaillé. Et clair. Chez nous, ca varie entre 30 et 75 pages. Selon le niveau. Selon l’enfant. Mais encore là. Ça c’est pour chez nous.

Sa qualité ne dépend pas non plus d’un nombre d’heures. Mais faire des recherches demande du temps. Et implique des questionnements. Des remises en question. De l’investissement personnel. Qui à leur tour vous renverrons à vos recherches. C’est un cercle vicieux. Un cycle sans fin. Auquel vous ne pourrez échapper. Car on le fait pour nos enfants avant tout. Et ce qui est bon pour les miens ne l’est pas nécessairement pour les vôtres. Essais et erreurs bienvenus. Mais ne vous inquiétez pas. C’est enrichissant. Et valorisant. Ici, j’y mets entre 50 et 100h. Selon le niveau. Selon l’enfant.

Et des lettres.

Un plan doit être éloquent. Tout d’abord pour vous. Puis, selon votre situation, pour ceux à qui vous le confierez. Les paroles s’envolent. Les écrits restent. Alors qu’il vous securisera dans votre aventure, il confortera les ressources externes sur  votre parcours. Votre vision. Votre détermination. Il doit refléter votre personnalité. Et celle de votre famille. Il sera votre représentant. Quand vous serez absents. Qu’on parlera de vous. Qu’on questionnera votre cheminement. Inévitablement. Mettez-y du cœur. Vous éviterez bien des soucis!

Son contenu.

Encore là, bien difficile de définir de façon rigide le contenu d’un plan de scolarisation. Essayez de penser à ce qui vous sauvera du temps au courant de l’année. Essayez d’imaginer ce qui pourrait vous sauver des tracas. Essayez de vous mettre à la place de ceux qui le consulteront. De quoi avez-vous besoin pour être en confiance dans votre rôle?  Pour vous donner une idée, voici la table des matières de mon plan. Ce n’est pas LE plan à suivre. Ce n’est pas non plus le meilleur. Ni l’infaillible. De toutes façons, ils n’existent pas ceux-là.

– une page de présentation

– une table des matières 

– les extraits de lois reliés à l’école-maison

– un court résumé descriptif du type de pédagogie employée  

– notre calendrier scolaire

– notre horaire hebdomadaire

– les descriptifs de chacune des matières incluant les ressources principales utilisées, 

   les objectifs d’apprentissage généraux et le contenu détaillé.

– un aperçu des activités connexes ayant un impact positifs sur le développement de l’enfant

   telles que sorties prévues, cours, interêt significatif de l’enfant pour un domaine en particulier, voyage

   Bref, tout ce qui permettrait à une personne de mieux connaître votre enfant.
Avant de se lancer.

Voici donc MA vision d’un plan de scolarisation. La formule qui me convient. Qui m’accompagne depuis belle lurette. Celle que j’ai apprivoisée aussi. Car il faut se le confier. C’est important de se donner du temps. Et des chances. D’apprendre à se connaître dans ce nouveau volet de la vie. Qu’on a choisi. Avec courage. Mais surtout beaucoup d’amour.

Alors, assurez-vous d’avoir papier et crayons en main. Préparez-vous un bon breuvage réconfortant. Et pourquoi pas une pointe de gâteau. Et lancez-vous avec nous. Si le cœur vous en dit. On commence lundi.

Prêts pour le plan de scolarisation 2017-2018


À suivre…

Publicités

(J32) Méthodologie au préscolaire

Pourquoi?

La méthodologie fait partie de nos cursus préscolaire et primaire. Rendus au secondaire, je prends pour acquis que mon étudiant connaît les outils à sa disposition, sait les utiliser aussi. Je prends aussi pour acquis que, s’il a une interrogation ou un blocage à ce niveau, il a les ressources pour trouver ses réponses. En lui ou autour de lui. Et que ça ne signifie pas nécessairement demander à maman ou aller sur Wikipédia, de grâce!

La méthodologie est une avenue que nous avons choisie d’emprunter dans le but de donner à nos enfants-étudiants plus de confiance en eux et en leur capacité de trouver réponses à leurs questions. Un moyen que l’on met à leur disposition pour découvrir leur univers éducatif. Pour prendre conscience de l’étendue des possibilités qui s’offrent à eux. Est-ce indispensable? Probablement pas. Est-ce une richesse qui a sa place dans un curriculum scolaire. Selon moi, assurément.

Dessiner les cibles.

J’établis mon programme de méthodologie un peu à la façon d’une cible. Une série d’objectifs, principaux et secondaires, gravitant autour d’un ou plusieurs buts centraux préalablement déterminés. Il est impossible de tout voir. Il y a une partie qui sera acquise dans la vie de tous les jours. Une autre partie qui ne sera vue que dans le cadre du programme. Et une autre, majoritaire, qui chevauchera les 2 univers…C’est ça la vie!

Comme mon programme préscolaire est divisé en 4 périodes de 6 mois, je me contente de 3 buts à développer par période. Le premier but traite d’un thème, du vocabulaire relié et des outils qui lui sont associés. Mon 2e but est relié à l’établissement et à la réalisation de routine. Troisièmement, on travaille l’implication dans la cellule familiale. En gros, ça va comme suit.

Période 1: 3 à 3 1/2 ans.

Pour commencer j’ai envie de travailler le temps. Le temps qui passe. Le temps qui se perd. Le temps qu’on compte. Le temps consacré. Le temps visible. Le temps invisible. Le temps sous toutes ses coutures. Il faut bien se comprendre. Au préscolaire, mes attentes ne sont pas dans la réussite d’évaluations mais plutôt dans le maintien de la propension naturelle de l’enfant à apprendre. Je ne vise pas de performances particulières. Mais je tiens à présenter à mon enfant des outils. De cette façon, je crois que lorsque viendra le temps de les travailler plus en profondeur, il sera en terrain connu et pourra diriger son attention sur les tâches à accomplir, sans être distrait par la nouveauté.

Le vocabulaire présenté. Savoir l’utiliser et le décrire dans diverses situations. Savoir le reconnaître également dans certains cas. Voilà l’objectif. Pour nous, ce sera:

– seconde, minute et heure

– jour, semaine, mois, année (an)

– nuit, jour

– dimanche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi

– janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

– printemps, été, automne, hiver

– passé, présent, futur

– hier, aujourd’hui, demain

Les outils de découvertes. Découvrir leur fonctionnement. Savoir les utiliser. Déterminer les contextes d’utilisation.

– la poutre du temps

– la roue des saisons

– le calendrier

– l’horloge

– la ligne du temps

– l’horaire

– le tableau météo

Des pistes de réflexion prises ici: Prendre son temps et perdre son temps, Les goûters philo, Milan jeunesse

Routine: suite séquencielle à 3 étapes.

Tâches familiales: ranger ses jouets ou articles scolaires après utilisation, plier les lingettes et débarbouillettes, mettre ses vêtements sales au panier.

Période 2: 3 1/2 à 4 ans.

Je poursuis mon programme de méthodologie avec le thème de l’espace. Prendre conscience de la place qui nous revient, de celle qui appartient à l’autre. Les concepts d’intimité et de collectivité. L’espace en tant qu’environnement naturel ou construit. L’environnement en tant que facteur influençant le vivant et l’environnement influencé à son tour par l’activité humaine. L’espace comme prétexte à découvrir les méthodes d’orientation. Comme prétexte à travailler le potentiel de la description précise d’un lieu, d’une situation. L’espace pour présenter les différents moyens de représenter le monde aussi. Et de saisir la portée de l’imaginaire et de ses possibilités reliées à la création d’univers.

De la même façon que dans la période 1, du vocabulaire à reconnaître, à utiliser et à expliquer. Il n’est toujours pas nécessaire d’en faire la lecture et l’écriture, bien entendu. Cette fois-ci ce sera:

– chambre, salle de bain, cuisine, salon

– maison, rue, quartier, ville, pays, planète

– nord, sud, est, ouest

– en haut, en bas, à gauche, à droite, dessus, dessous, à côté

– ici, là, près, loin

Les outils de découvertes. Découvrir leur fonctionnement. Savoir les utiliser. Déterminer les contextes d’utilisation. Identique à la période précédente, mais avec de nouveaux objectifs.

– plan

– carte (réelle ou fictive)

– globe terrestre

– atlas

– boussole

– cartes flash

Des pistes de réflexion prises ici: Moi et les autres, Les goûters philo, Milan jeunesse

Des activités d’apprentissage pigées entre autres ici

Routine: suite séquencielle à 4 étapes.

Tâches familiales: mettre la table, nourrir les chats, nettoyer la table.

Période 3: 4 à 4 1/2 ans.

4 ans. C’est le temps où on augmente un peu la cadence. Bien sûr, tout cela reste souple et adaptable à l’enfant, à ses besoins et à ses désirs. Dans notre cas, on a un petit vite. Il mange vite, apprend vite et veut vite passer à ce qui suit. Je ne m’attends donc pas à ce que ce soit comme avec mon plus vieux qui peut passer des dizaines d’heures par semaine à lire. Hélios est heureux dans le mouvement. Alors je tâche de lui monter un programme où il pourra acquérir son apprentissage de façon rapide et où il pourra se consacrer à une autre passion plus physique. En ce moment, c’est le skateboard. Mon coeur de mère voudrait bien que ce soit moins spectaculaire mais bon…c’est sa vie.

Le thème choisi pour introduire cette démarche d’apprentissage plus structurée est le corps. Son petit corps à lui. Sa constitution, son fonctionnement, les interrelations. Les 5 sens. L’alimentation. Les mesures d’hygiène pour se garder en forme. Les mesures de sécurité à respecter. Les concepts de santé et de maladie. La croissance.

Du vocabulaire à reconnaître, à utiliser et à expliquer. Certains mots font partie d’objectif de lecture, je les ai soulignés.

– partie du corps: tête, cheveux, main, pied, jambe, bras, etc.

– les sens (noms): bouche, nez, yeux, oreille, peau, dent, langue

– l’alimentation: fruit, légume, céréale, viande, eau, lait, noix, oeuf, etc.

– les sens (actions): voir, goûter, sentir, toucher, entendre

– l’hygiène: savon, brosse, bain, douche, sport, dodo

Des pistes de réflexion ici: Le corps et l’esprit, les goûters philo, Milan jeunesse

Réaliser des exercices à consignes simples (1 verbe).

Tâches familiales: participer au lavage de la vaisselle, suspendre les vêtements pour sécher (séchoir), arroser les plantes.

Période 4: 4 1/2 à 5 ans.

Déjà la dernière étape du préscolaire chez nous. Le thème est choisi avec la conscience que la scolarisation commence sous peu. La rigueur d’intensifie. La précision prend de l’importance. Nous travaillerons donc les mesures. Mesure de temps, de distance, de longueur, de poids, de grandeur, de volume. Nous intégrons l’estimation. La comparaison aussi.

Du vocabulaire à reconnaître, à utiliser et à expliquer. Certains mots font partie d’objectif de lecture, je les ai soulignés.

– long, court, seconde, minute, heure, jour, nuit, semaine, mois, année (an)

– centimètre, mètre, kilomètre, loin, proche, près

– gramme, kilo, lourd, léger

– grand, petit

– litre

– plus, moins, égal

Les outils de découvertes. Découvrir leur fonctionnement. Savoir les utiliser. Déterminer les contextes d’utilisation. Découvrir la pertinence de la précision.

– horloge, cadran, calendrier, poutre du temps, ligne du temps

– règle, ruban à mesurer

– balance

– tasse à mesurer

– réglettes

Des pistes de réflexion ici: Les petits et les grands, les goûters philo, Milan jeunesse

Réaliser des recettes de cuisine simples.

Tâches familiales: trier les vêtements à laver, préparer des collations simples, peler les carottes et pommes de terre

Prendre la route

Prendre la route

(J27) C’est un départ: Prise 2

Se lancer.

Bon, ce n’est pas la première fois me direz-vous. C’est vrai. Je ne commence pas à zéro cette fois. Je prends un nouveau départ, plus riche d’expérience et de confiance. Mais ce départ est avec un nouvel enfant. Un enfant totalement différent du premier. Un enfant qui n’apprendra pas de la même façon. Ni au même rythme. Un enfant avec des besoins différents. Avec des objectifs différents. Avec des défis différents. Alors, il est vrai de dire que je ne pars pas à zéro. Mais croyez-moi, le vertige et l’excitation sont aussi forts, sinon plus. Après tout, avoir de l’expérience, cela permet aussi d’entrevoir la merveilleuse aventure qui s’annonce!

Mon plan.

Je planifie beaucoup. Trop aux yeux de certains. Juste assez pour me sentir en confiance et avoir l’esprit tranquille. J’y mets les grands champs d’apprentissage, les objectifs généraux, les objectifs détaillés, les moyens utilisés pour les atteindre et les outils qui nous permettront de construire un bagage solide. Je le fais pour tous les niveaux, du préscolaire au secondaire. C’est mon itinéraire de voyage, ma feuille de route.

Il est évident que mon programme est construit de façon à ce qu’il puisse y avoir des modifications, des adaptations. Surtout en début de parcours. Connaître son enfant est une chose. Le connaître en tant qu’apprenant en est une autre. Par chance, personnellement, je commence à bien savoir à quoi je ressemble autant comme mère que comme enseignante.

Construire les fondations.

Chez nous le préscolaire est très important. Il représente les assises sur lesquelles reposeront à la fois le parcours futur d’un enfant mais également la construction de sa confiance en tant qu’étudiant. Confiance en lui, en ses capacités intellectuelles, en ses habiletés sociales, en son instinct et en sa curiosité. C’est le temps de lui en mettre plein la vue, de stimuler son goût naturel pour les apprentissages et son autonomie. C’est le moment où l’on commence à intégrer doucement des outils de travail. Car une grande partie de l’acquisition de l’autonomie repose dans la capacité et l’aisance à utiliser des outils. Pour moi, la réussite tient beaucoup plus dans la persévérance et le questionnement que dans la réussite d’évaluation ponctuelle et la performance commandée.

Les grandes lignes.

Mon programme préscolaire est constitué de 7 champs principaux:

– Méthodologie

– Langage et communication

– Mathématiques

– Découverte du monde

– Activité physique et santé

– Arts

– Musique

Les piliers

Chaque champs d’apprentissage représente donc un pilier sur lequel reposeront les connaissances plus tard. Ces piliers se doivent donc d’être solidement ancrés et solides. Chacun possède une place qui lui est propre et qui facilitera grandement le processus de scolarisation une fois que nous y serons rendus. Comme le préscolaire est une période où l’enfant évolue rapidement, je fais des plans pour chaque demie année. Et mon idée principale est celle-ci: partir de l’enfant et élargir ses horizons graduellement; on commence par prendre conscience de ce qui lui est familier en intégrant graduellement de nouveaux éléments. C’est réconfortant, stimulant et ça construit la confiance en douceur. Comme nous sommes toujours citadins, il se peut que notre progression ne soit pas identique à la vôtre bien sûr!

Mon plan de scolarisation pour le préscolaire est donc en 4 étapes: 3 – 3 1/2 ans, 3 1/2 – 4 ans, 4 – 4 1/2 ans et 4 1/2 – 5 ans. Après cela, chez nous on commence la « vraie » affaire. La division du parcours éducatif en demie année plutôt qu’en année me donne la souplesse nécessaire pour adapter le parcours de mon enfant à sa réalité et à ses besoins changeants. Voici donc, pour la première partie de mon plan, les objectifs généraux de chaque pilier. Je vous reviendrai avec le plan complet par matière sous peu.

Méthodologie

La méthodologie est l’intégration des outils de travail et de procédés visant à optimiser l’effort. Initier l’enfant à avoir recours à des outils, lui faire prendre conscience de la pertinence et de l’utilité des supports de travail qui sont à sa disposition. Pour commencer, nous développerons trois compétences:

– apprendre à utiliser des outils reliés au temps

– exécuter des routines à trois actions

– appliquer des règles de vie commune

Langage et communication

Les aptitudes reliés au langage et à la communicaiton sont préliminaires à l’étude des langues (français, anglais et grec ancien chez nous) mais cela va également bien au-delà. Elles sont précurseurs de l’expression en général et seront utiles en arts, en musique et en sciences, notamment. L’alphabet est un outil permettant de s’exprimer mais la formulation de l’idée est, pour moi l’essence même de la communication. Nos objectifs, pour commencer, seront donc:

– construire des séquences à trois étapes (début, milieu, fin)

– reconnaître les lettres de son prénom H, E, L, I, O, S.

– associer les lettres connues au son qui leur est associé à l’oral

– écouter des histoires

– reformuler, oralement, une histoire connue, dans ses mots

– découvrir des documents de différentes natures

– s’initier à la calligraphie

Mathématiques

Les mathématiques sont une réelle passion pour moi. Elles dépassent le cadre scolaire et font partie de ma vie de tous les jours. Elles sont omniprésentes dans ma pratique artistique autant que dans ma cuisine. Elles sont un outil irremplaçable pour structurer le raisonnement et la pensée. Les mathématiques permettent rapidement une certaine autonomie, ce qui est primordial, à mes yeux, pour construire un apprenant confiant en ses moyens.

– dénombrement de 1 à 10

– comprendre certains concepts de localisation et de quantité

– regrouper selon une caractéristique commune

– reconnaître des polygones réguliers et les décrire

– construire des séquences selon un guide

Découverte du monde

C’est là, quant à moi, que le fun commence. Les possibilités sont infinies, les moyens aussi. C’est le temps d’observer notre enfant et de lui offrir tantôt un nouvel élan, tantôt de la substance pour alimenter sa curiosité intrinsèque.

– étude de la nature: vivant et non-vivant, cycle de temps, éléments environnementaux de proximité

– découvrir la matière: l’eau et le papier

– géographie: la signalisation routière

– histoire: passé, présent et futur, repérer les marques du passé dans l’environnement

– religions: les fêtes religieuses

Activité physique et santé

Mon fils est une bombe. Le défi chez nous n’est pas de le faire bouger mais plus de lui faire prendre conscience du danger et de l’importance du respect des règles de sécurité.

– pratiquer des activités libres

– pratiquer des activités physiques comportant des règles ou guidées

– respect de son corps, se respecter et imposer le respect

– règles d’hygiène

– alimentation: les groupes d’aliments et recettes simples

Arts

On est une famille d’artistes. Chez nous c’est primordial, c’est notre moteur pour avancer dans la vie. Mon chum est plus porté vers créativité en liberté totale. Je suis plus technicienne. On fait une équipe du tonnerre.

– couleurs primaires et secondaires, couleurs chaudes et froides

– coller

– découper, déchirer

– faire des collections

– reconnaître des artistes et des oeuvres, exprimer un commentaire face à une oeuvre

– apprécier, décrire et reconnaître des textures, les associer, les reproduire

– utiliser des moyens plastiques pour s’exprimer ou représenter une idée

Musique

Développer les sens, sensibiliser nos enfants à l’expression musicale, est un cadeau à leur faire. Cela facilite à la fois l’écoute, l’apprentissage des langues et l’ouverture sur le monde.

– reconnaître des artistes et des oeuvres, exprimer un commentaire face à une oeuvre

– reconnaître et reproduire des rythmes

– découvrir des instruments de musique

– construire et inventer des instruments de musique

– utiliser la musique ou le chant pour s’exprimer ou reproduire des airs connus

Un petit garçon qui devient grand.

Un petit garçon qui devient grand.

 

 

 

 

(J25) M&M comme dans…

M comme Maria

Maria était une femme. Forte, intelligente et en avance sur son temps. Observatrice, empathique et travaillante. Mais, à la base, Maria était une femme.

M comme Montessori

Oh! Là vous savez de qui je parle. C’est là que la femme devient médecin et pédagogue. C’est là que la finesse de la femme devient une méthode éducative qui traverse le temps et les barrières. C’est là que sa vision transcende les doutes d’origine et attire le respect.

Je vous présente.

Pour ce post, j’ai une invitée. Une maman éducatrice passionnée et autodidacte. Une femme créative, dynamique et en constante évolution. Je lui ai demandé de vous parler de la pédagogie Montessori parce que j’ai beaucoup de respect pour son cheminement…et parce qu’elle si connaît mieux que moi. Alors, laissez moi vous présenter: Catherine Bouchard de la Garderie Les minipouces

Qui es-tu?

Me décrire… tout un défi. Je n’entre dans aucun moules de la société contemporaine. Je crois souvent que je ne suis pas née à la bonne époque. Je suis certes une passionnée, tout ce que j’aime je le fais à fond et en suivant mon instinct car me faire dire quoi faire; je déteste. J’ai concentré mes études universitaires sur le monde musulman, une grande passion chez moi. J’ai fait tous les cours d’arabe disponibles et j’en aurais fait plus s’il y en avait eus. C’est une culture tellement riche et merveilleuse et qui est malheureusement malmenée aujourd’hui. Ensuite, j’ai eu la chance de connaître la maternité et, encore là, je voulais vivre mon expérience à fond. Maternage, portage, allaitement long. Dans le désir de pouvoir garder ma marmaille avec moi et dans le prolongement de l’amour pour la petite enfance et ses apprentissages, j’ai ouvert mon service de garde. La pédagogie Montessori m’a toujours plu et, la passion prenant le dessus, j’y ai plongé à fond.

Quoi?

L’origine n’est pas si lointaine. C’est Maria Montessori qui en est l’instigatrice. Première femme médecin en Italie, diplômée en 1896, c’est en 1900 qu’elle se lance dans la pédagogie. Elle travaille d’abord auprès d’enfants déficients pour ensuite se consacrer à des enfants « normaux » (je déteste le mot). Elle crée les Casa dei Bambini, des « écoles », ou en fait des maisons pour enfants, où ceux-ci sont libres d’aller mais doivent faire leur part. De 1913 à 1936, elle voyage (même jusqu’aux États-Unis) pour donner des cours, des conférences, des échanges, mais tout ça se termine avec la montée du fascisme en Italie et la fermeture de ses écoles. Elle s’enfuit donc en Espagne mais devra encore déménager suite à l’arrivée au pouvoir de Franco. Elle s’installe donc au Pays-Bas. Elle a aussi travaillé en Inde. Son fils Mario a continué son œuvre jusqu’en 1982. Il y a aujourd’hui environ 22 000 écoles Montessori et ce, à travers le monde.

Les clés.

L’AUTONOMIE, une des phrases célèbres de Montessori « aide-moi à faire seul » ou « ne jamais aider un enfant dans une tâche où il se sent capable de la faire ».C’est vraiment un point très important de cette pédagogie.

L’ORDRE, que ce soit de soi ou de l’environnement.

Et au quotidien.

Pour moi, c’est plus qu’une pédagogie, ça peut devenir une méthode vie. Mais bon, pour ce qui du ludique, pour qu’un jouet soit « montessori » il doit être auto-correctif. Les jeux ne nécessitent pas d’achat. On peut tout simplement faire avec ce que l’on a à la maison. Pratiquer les versées avec la plus petite tasse à mesurer, par exemple. L’enfant ne se fera pas dire dire « non c’est pas ça », il le devinera par lui-même. C’est aussi travailler à faire de son environnement, un milieu où il peut être automne, où il pourrait presque tout faire sans demander l’aide d’un adulte (aller aux toilettes, se laver les mains, se servir de l’eau ou une collation etc…). L’observation de l’enfant est un point très important. Lorsque l’enfant est concentré dans son travail (on réfère souvent au terme travail pour jouer selon Montessori), il est important de ne pas venir « briser » cette concentration, de ne pas venir l’interrompre dans son processus d’apprentissage. Ce n’est pas un rôle si passif puisque l’éducateur doit observer afin de mieux adapter le matériel disponible et connaître parfaitement les besoins de l’enfant. L’éducateur doit aussi être disponible pour aider l’enfant dès que celui-ci en fera sentir le besoin. Voilà là où moi, je décroche un peu. J’aime énormément cette pédagogie mais je ne suis pas une adepte puriste. J’aime bien prendre une part active, quand la situation se présente, aux jeux et découvertes. Je crois qu’il est très important de tisser un lien affectif fort et puissant avec nos enfants ou les enfants à notre charge. L’autonomie, oui, mais je crois que le maternage, à bonne dose, est aussi une merveilleuse chose que tout enfant est en droit de recevoir.

Ta couleur personnelle.

Moi j’aime bien mélanger, créer un environnement unique qui me ressemble c’est pourquoi je m’inspire beaucoup de Montessori mais j’y ajoute un touche de pédagogie Waldorf, un peu de Raggio et beaucoup de touche maman, jusqu’à présent, mon instinct m’a toujours apporté de belles surprises donc, je le suis.

Maria Montessori

Maria Montessori

+++

Un téléfilm sur Maria Montessori

Plein de livres et de biographies dont Dr. Montessori’s Own Handbook

Des formations professionnelles

Bonne découverte!

(J23) Lettres en jeu

Parenthèses.

Je suis désolée pour ceux et celles que l’éducation ne passionne pas autant que moi. Je suis consciente que les publications du moment sont très axées sur l’enseignement et la pédagogie en ce moment, mais c’est aussi ça notre vie. À l’automne on cuisine beaucoup, à l’été on jardine…et en janvier, on prépare notre future année scolaire. C’est un bonheur pour moi, mais c’est passager de vous inquiétez pas!

Le b.a.-ba de l’ABC

Je sors un peu, aujourd’hui, de la construction curriculaire pour vous parler de ce qui, pour moi, représente la base de tout, de ce qui chez nous commence à la naissance et se poursuit tout au long de la vie. De ce qui, pour nous, est la base de tous les apprentissages, de ce qui construit un cerveau apte à comprendre, à faire des liens et à développer des idées. Je veux vous parler ici d’un des grands amours de ma vie: la lecture.

Flash.

Dans mon moment café/prise de messages matinal, je suis tombé sur un article intitulé The 10 Best Things You’re Not Doing for Your Homeschool. Je l’ai d’abord parcouru en diagonale puis je l’ai repris plus sérieusement car je le trouvais digne d’intérêt. Mais une chose me dérangeait. J’en ai un peu marre des reproches, des « tu ne devrais pas faire comme ça », « tu n’es pas assez à l’écoute », etc. Il y a sûrement des parents qui s’y prennent mal dans le milieu de l’école-maison, mais je crois que si ceux que je croise sur le net ont fait l’effort de fouiller des ressources ou de demander de l’aide, ils sont assurément sur une bonne voie. Alors, je reprends la formule, de façon simplifiée, de cette façon:

Le SEUL élément essentiel à une école-maison selon moi.

La lecture. Lisez à vos enfants dès leur naissance mais aussi quand ils sont grands. Lisez pour vous-mêmes afin qu’ils développent le goût de plonger, à leur tour, dans les livres. Proposez des livres partout dans la maison, et toutes sortes de livres. Il n’y a pas de lectures insignifiantes! Laissez-les inventer des histoires, transformer des aventures, créer de nouveaux mondes. Laisser les plonger dans l’univers, fictif ou non de la littérature. Les livres permettent de tisser un lien avec notre enfant autant qu’ils lui ouvrent les portes de l’indépendance. Des livres, des livres et encore des livres!

Faire la lecture à votre enfant vous permet de prendre une pause avec lui, de ralentir l’élan de la routine. Mais cela permet également à votre enfant, de stocker sans aucun effort, des banques de vocabulaire, de syntaxe, de personnages ou encore de lieux. Sans aucun effort, il apprend à exprimer l’intangible et, inversement, à créer sa propre vision d’une fiction par exemple. Lire à ses enfants, c’est leur permettre de s’enrichir dans le doux réconfort de la voix d’un parent et de se bâtir des repères…dans le respect d’un rythme plus naturel que la télévision.

Proposez la diversité. Varier, les langues, les niveaux de langage, le style littéraire. Offrez, sans hésitation de la littérature classique ou des textes encyclopédiques. Laissez traîner des bouquins un peu partout, du livre de recettes à la biographie en passant pas les BD. Piquez leur curiosité, combler leurs besoins de casser l’ennui ou de faire de nouvelles découvertes. Vous pouvez même proposer des livres audio pendant que vous bricolez ou faites une activité calme. Il n’y a pas de limites à ce que l’on peut faire.

Voir grand.

Le fait de proposer des grandes oeuvres, écrites par des auteurs qui ont traversé le temps est un gage de qualité. Le vocabulaire y sera assurément riche, le style sera reconnaissable, les personnages bien construits, les lieux longuement décrits. Parfois, on y retrouvera des références historiques ou culturelles qui serviront de prétextes à pousser de nouveaux apprentissages. Les portes d’un nouveau monde s’ouvrent…

Je vous propose certains de mes auteurs coup de coeur. Mais la découverte est constante alors, ceci n’est qu’un point de départ.

0-5 ans: Découvrir les mots et des images.

Chez les tout-petits, je recherche des livres bien écrits, des histoires intéressantes et éducatives mais, surtout, de belles images qu’ils auront envie de regarder, puis de nommer et de décrire. Vous avez, ici, des versions originales…mais les traductions sont aussi disponibles dans la plupart des cas.

Dr. Seuss (ou Theo Lesieg ou Theodore Geisel): Dr. Seuss’s ABC: An Amazing Alphabet Book!

Eric Carle:  The Very Hungry Caterpillar board book

Margaret Wise Brown: Goodnight Moon

Molly Idle: Flora and the Flamingo

Élise Gravel: Le grand Antonio

6-12 ans: Évasion et expression.

L’entrée dans le monde des apprentissages formels pour la plupart. Le moment idéal pour proposer doucement des oeuvres dont la réputation a traversé le temps et la distance. Le temps de les introduire sans peur dans le monde de la littérature. (Mes enfants lisent aussi des oeuvres populaires, le bonheur est dans l’équilibre, hein!)

Jules Verne: Le Tour du monde en quatre-vingts jours

La Comptesse de Ségur: Les Malheurs de Sophie

Lewis Caroll: Alice au pays des merveilles

Roald Dahl: Charlie et la chocolaterie

E.B. White: Stuart Little

12 + : là où il ne faut arrêter. Surtout pas!

Parce que les grands aussi aiment se faire raconter des histoires.

C.S. Lewis: Chroniques de Narnia

Victor Hugo: Les Miserables

Boris Vian: L’Écume des jours

Daniel Defoe: Robinson Crusoé

Beaudelaire: Les Fleurs Du Mal

Des auteurs québécois.

Bien que plus jeune, la littérature jeunesse québécoise actuelle n’a rien à envier au reste de la planète. Je ne saurai trop vous recommander de partir à la découverte des auteurs et illustrateurs passionnés qui créent, chaque jour, de véritables merveilles. Fréquentez vos libraires indépendants locaux, demandez leur conseil. Ils sont les plus à même de vous guider. Visitez le Salon du Livre de votre région. Abonnez-vous à une bibliothèque et informez-vous des activités qui vous sont accessibles. Ce sont toutes d’excellentes façons de faire de vos enfants de bons lecteurs.

Le feu par le feu.

L’analphabétisme demeure un fléau au Québec, une province où les ressources nous semblent pourtant abondantes. La lecture en tant que partie intégrante de la vie de famille, en tant qu’activité familiale est un des moyens de lutter contre ce phénomène aux lourdes conséquences sociales et économiques. Aidez vos jeunes à lire et à comprendre le langage écrit au-delà des mots écrits, accompagnez-les dans leur entrée dans le monde en contruisant, avec eux, un coffre à outils solides qui leur permettra d’être non seulement fonctionnels mais aussi, et surtout, confiants en leurs capacités et leur potentiel.

Le plaisir avant tout.

Les livres plus haut ne sont bien sûr que des suggestions. Il en va de vos goûts du moment et des intérêts de vos enfants avant tout. Gardez en tête le privilège que vous avez de partager ces doux moments en famille. Mettez-vous à l’aise. Accompagnez la lecture d’un thé, d’un chocolat chaud ou d’une limonade. Variez les lieux, sortez du salon ou de la chambre à coucher. Faites-vous plaisir car, dans bien des années, je vous garantis que ces précieux temps de lecture feront partie de ses souvenirs que vous chérirez chaleureusement.

488076_10151460482828769_1635881202_n

De tout pour tous les goûts!

 

(J8) Yeux, palettes, couilles!

1+1=5

Deux parents. Trois enfants on ne peut plus différents. Un ado intello casanier, un bambin explosif et lumineux et une petite bébé douce et rieuse.

C’est notre rôle de parents de s’adapter et de trouver ce qui permettra à chacun de se dépasser. Mais parfois, le défi est plus grand que d’autres. Parfois, on se sent juste dépassé devant l’immensité de la demande. Parfois, on tente de protéger les autres enfants des excès de l’un…alors que le plus bruyant, le plus imprévisible, est probablement celui qui, derrière toute cette fougue, a besoin de protection et d’accompagnement.

Hélios.

Hélios LeBlanc, 2 ans. De l’énergie à revendre. Comme je n’en ai jamais vu. Inarêtable, inépuisable, inégalable. Une vivacité d’esprit que seul son besoin des grands espaces égale. Une énergie qui, non canalisée, a le potentiel de se transformer en agressivité aussi. Yeux, palettes, couilles! L’alarme est lancée. À vos abris, Hélios se pointe.

Cet enfant est demandant, certes. Mais il l’est parce que nous sommes à l’écoute. Parce que l’on veut ce qu’il y a de mieux pour lui comme pour les autres. Parce que nous sommes pleinement conscients que sa vivacité peut en brûler plusieurs aussi.

Lentement mais sûrement.

Tout d’abord on respire. Puis, on se dit qu’avec l’expérience et les recherches qu’on a faites, on va assurément trouver ce qui nous est indispensable, ce qui lui permettra d’être lui parmi nous. On fouille dans ce qui nous est apparu intéressant, mais aussi dans ce qui nous avait semblé inutile à l’époque. Et…Eurêka! Je crois que j’ai trouvé!
Slow and Steady Get Me Ready

June Oberlander.

Ayant travaillé auprès de jeunes enfants durant de nombreuses années, June Oberlander décida de monter ce programme de développement pour la petite enfance à la naissance de sa première petite-fille. Elle concède que la capacité d’attention des enfants est limitée, focussant donc sur des activités ciblées et de qualité, appropriées au stade de développement de l’enfant.

Dans son livre, elle suggère, pour chaque semaine de vie de l’enfant, de 0 à 5 ans, des activités nous permettant d’accompagner nos enfants dans l’acquisition d’aptitudes et/ou de connaissances essentielles. Bien sûr, il s’agit là d’idées générales, à chacun d’adapter en fonction de sa famille, de son enfant, de ses envies du moment.

Ainsi va la vie qui va.

Je commencerai donc, dès la semaine prochaine, la série telle que la propose l’auteur, adaptée en fonction de mon fils.

Pour la fin de l’année, nous ferons donc:

– En haut, en bas

– À bout de bras

– Livro-couleurs

Je vous reviens avec les résultats. Et sûrement du matériel pour celles qui seraient tentées d’essayer chez elles.

Cap d’Espoir.

J’ai espoir. Je connais très bien les  forces de mon enfant. Je sais qu’il peut aller loin, même c’est très exigeant de répondre à ses besoins. N’ayez crainte, nous sommes d’ardents travailleurs et d’ambitieux parents. Nous relèverons le défi.

Et, peut-être réussirons-nous à nous en sortir sans dents cassées ou cornée écorchée.

10352738_900544546642154_774696590507203782_n

Hélios LeBlanc, 2 ans. Crédit photo: Victor Lépine