Pas de deux

Tempo.

Le tempo est donné. La mesure est lancée. Il n’aura fallu qu’une journée. Qu’une occasion. Insérée. Proposée. Imposée. Un peu. Parce que la vie est ainsi faite. Il faut parfois la brusquer. Pour la ramener. Les mauvais plis sont facilement créés. Je crois que vous le savez.

La danse.

Nous y voilà. Nous y sommes entrés. Dans la danse. Dans la cadence. Sentir le rythme. Qui mijote. Qui concocte. Un changement. Qui s’opère tranquillement. Comme un murmure dans le temps. Comme une brise qui s’entend. À peine. Mais qui est là. Constante. Confiante. Que le mouvement s’inscrit. Sans heurts. Ni bruits.

Hier.

Hier, je vous parlais de lumière. De cette invitation à éclairer le chemin. À éblouir demain. À la lueur de la douceur. De celle qui mène au bonheur. Hier, je vous parlais du présent. De celui qui fuit. Aussi vite que le temps. De celui qu’il faut valoriser à tout moment. Mais, ce présent est passé. La lumière s’est installée. Il ne faut pas en douter. Par l’action. Par l’intention.

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Aujourd’hui.

Mais aujourd’hui apparaît. Il prend le relais. Avec l’insistance. D’imposer sa prévalence. Aujourd’hui s’inscrit. Se définit. S’écrie. Emprunte sa voie. Ou sa voix. C’est selon. À chacun ses démons. Car oui. Ils sont là. Alimentés par la précarité. Par le doute. Qui survient. Ici et là. Sur la route. L’importance de la lumière. De la chaleur. Construire. Avec ardeur.

Aujourd’hui se construit. Des premiers rayons. Jusqu’à la dernière respiration. Il vivra. Il grandira. S’enflammera. Se nourrira. Il gravera sa marque. S’assurera qu’on le remarque. À condition qu’on s’y attaque. Qu’on fasse l’effort. De le prendre. À bras-le-corps.

Ensemble.

Et si on dansait. Ensemble. Et si on valsait. À s’y méprendre. Sur la vie. Qui étourdit. Sur les peurs. Qui engendrent la noirceur. Si on dansait. Ensemble. Dans une nuée. À travers la journée. Mettant le rythme en suspens. Et si on se choisissait. Comme famille. Dans un monde qui grapille. Sans gêne aucune. Ce qui nourrit. Ce qui unit.

Car la famille, ça se construit. Ça se renforcit. À coup de choix. Et d’émois. Car il faut être là. La présence. Ça s’invente pas. Il faut oser se mettre en pause. Obliger le silence. Se permettre. De reprendre son souffle. De s’écouter.

Il faut se donner le droit. De s’arrêter. De se regarder. De se retrouver. De reprendre. Là où on a laissé. Rien ne sert de s’acharner. Il suffit d’un instant. D’un temps. D’un silence. Pour reprendre la danse. Mais. Chaque note a son importance. Chaque soupir est créateur de souvenir.

2.

On est jour deux. Tout est encore possible. Rien n’est déterminé. Le chemin est entamé. Mais à peine. C’est l’ivresse. De l’infini qui se dessine. Et de l’appel de la destination. Vous avez trouvé? Ce à quoi aujourd’hui est destiné?

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Cidre chaud.

Pour réchauffer. Pour apaiser. Pour rassembler. Pour visualiser. Patiemment. La douceur du temps. Qui s’infuse. Qui se charge. Des saveurs. Qu’on lui offre. Avec coeur.

Secret.

Le secret. 10pommes. 1 orange. 1main pleine de canneberges. Du sirop d’érable. C’est selon. Allez-y avec votre besoin de douceur. 1 bâton de cannelle. Pour la force. Une étoile d’anis. Pour le côté festif. Un peu de poussière de muscade. Une trainée de gingembre. Mettez à tremper. Laissez reposer. Avec chaleur. Et douceur. Et partager. C’est le secret.

Tant qu’à y être.

Je vous propose ceci. Comme un éloge. À la lenteur. Au ensemble. À la simplicité. D’être. Comme dessiné. D’un trait. Qui se prolonge. Au fil des jours. Au fil du temps.

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Excusez-la.

Ceci n’est pas un post.

En fait pas un post standard. Pas le genre que j’écris d’habitude. Et pas le genre que j’écrirai dans l’avenir. Ce blog recense du beau. Ce que j’aime. C’est mon aide-mémoire de bonnes choses. J’y répertorie mes bons coups. Mes coups de coeur. Mes coups de foudre. Tout ce qui rend ma vie si belle. Mais, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de quelque chose que je voudrais oublier. Le genre de truc qui te donne envie de te pincer. Mais surtout le genre de truc qui fait mal. Parce que c’est le genre de truc qui n’est pas en rêve. C’est dans la belle grosse réalité. Aujourd’hui, je me mets les tripes et le coeur sur l’écran. Parce que j’ai besoin que ce qui se passe soit du passé. Pis parce que je me dis que tu as peut-être une idée. Pis parce que je me dis que je dois pas être la seule à ramer. Suis-je la seule?
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Les cartes sur la table.

J’ai une famille merveilleuse. Un homme que j’aime dans ma vie. Et qui m’aime. Un super papa. On est en santé. On bûche fort. Pour prouver à nos enfants que les rêves peuvent être réalités. Que les passions peuvent être un métier. On fait de l’art. On en mange. On aime ça comme des fous. C’est pas le métier le plus facile. Le plus stable. Le plus réconfortant. C’est un vrai parc de montagnes russes. Toutes aussi surprenantes les unes que les autres. Certaines plus freakantes que d’autres. On respire. On se soutient. On regarde loin. On s’arrange pour passer au travers. Parce qu’on y croit.

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La table ronde.

On est des êtres de famille. Famille bio. Famille immédiate. Famille élargie. Famille reconstruite. Famille découverte. Trouvée. Nommez-les. On les aime. On aime notre monde. Pis on fait le choix d’être là. Autant qu’on peut. On ouvre notre porte à des gens exceptionnels. On leur ouvre notre coeur aussi. Parce qu’on croît que c’est important. D’être là. Je sais pas ce que vous en pensez…Mais, j’ai tendance à croire qu’on est toujours plus fort ensemble. Que c’est tellement bon de savoir que d’autres sont là. Autant pour célébrer. Que pour nous rattraper. Parce que ça arrive à tout le monde. De chuter.

Une idée d’même.

Pis on a eu une idée d’même. Un peu folle. Mais pas tant que ça. Parce que ça allait de soi. Que c’était dans l’ordre logique des choses. 4 enfants. 2 parents. Quelques animaux. Des amis. De la famille. On a eu envie d’un point de rencontre. D’une convivialité. Créée de toutes pièces. À notre image. Pour nous. Et pour vous. Parce qu’on voulait que vous vous y sentiez bienvenus. Parce qu’on voulait vous avoir avec nous. Plus souvent. Plus longtemps. Parce qu’on voulait que les projets continuent de grandir. Parce que vous êtes vraiment importants.

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On a sauté.

On a essayé de concrétiser. On s’est dit qu’on devrait acheter. On a trouver une belle maison. Qui a le charme d’une petite vieille. Dans une campagne toute simple. Ça c’est compliqué. Parce que pour une caisse on est risqués. On a les moyens. Mais. On n’a pas de payroll. Tsé. Pis ça s’est encore compliqué. Parce que les petites vieilles, c’est pas réconfortant. Du moins pour la bureaucratie. Du moins dans la cas d’une maison. On a décidé d’avancer. Parce que c’est ça la vie. Non? Parce qu’on a pas envie de stagner. C’est humain.

La danse.

Pis la valse a commencé. Je vais vous expliquer la chanson. Juste un peu. Je veux pas vous saouler. Je vous l’ai déjà dit. Je vous aime vraiment! La musique commence avec un courtier hypothécaire. Celui qui te dit. Comment danser. Pis ce que ça te prend. C’est lui qui donne le coup d’envoi. En quelque sorte. Pis là, ça change un peu de tempo. Parce que si t’es comme nous, t’as pas une mine d’or dans ton compte. Pas tout le temps. Disons qu’on a travail saisonnier. Mon chum fait des murales. Pas juste ça. Mais en partie. Pis comme ça sèche pas vite en janvier. Ben c’est un plus tranquille de ce côté. Bref. Revenons à la danse. T’as pas le 20% de ta maison cash dans ton compte. Faque tu changes de cavalier. Pis tu te retrouves au bras de la SCHL. La sacro sainte Société. Celle que tu connaissais pas vraiment avant. Mais t’as pas le choix. C’est elle qui mène. Pis c’est là que ça part en vrille. Pis tu te mets à tourner. Pis tourner. À en avoir le tournis. Un peu la nausée même. Mais c’est elle qui mène. Pis tu perds un peu le contrôle. Pis plus tu perds le contrôle. Plus tu perds de vue d’où tu es parti.

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Sur le banc.

Un moment donné t’en peux plus. Tu as envie de t’écrouler. C’est là qu’on va te mener sur le banc. En marge. C’est là où j’en suis. Je suis sur le banc. Je suis dans ma belle maison de rêve. Depuis plus de 2 mois. Je l’aime. Pis j’ai l’impression qu’elle nous aime par pire. On la cajole. On essaie d’être le plus doux possible avec. Comme on le ferait avec une grand-maman. Ben oui. Elle a des petits bobos. Elle craque par ci. Elle est plus fragile par là. Mais c’est pour ça qu’on est là. J’y crois. Sérieusement.

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Dring!

Pis v’là qu’un beau matin tu te réveilles. Avec une impression de lendemain de veille. Tu sais plus trop quoi faire. Parce que ta maison te coûte moins cher que ton petit 5 1/2. En ville. Où t’as failli y laisser ta peau. Ton coeur. Ta tête. Parce que ta famille revit. Parce que tes enfants s’épanouissent. Parce que ton couple reprend du sens. Parce que tout ce que te glissait entre les doigts s’agglutine. Parce que l’abstrait devient concret. Parce que tes désirs prennent forme. As-tu déjà vu ça de tes yeux du bonheur, toi? Moi, depuis 2 mois j’en vois. Chaque jour. À chaque heure.

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Ventre plein.

Il faut que le répète. Je veux pas me plaindre le ventre plein. La vie me gâte déjà. Mais je suis essoufflée. Essoufflée de me battre. Au quotidien. Je suis déçue d’un système. Qui me dit que je ne peux pas avoir de maison. Mais qui n’a pas de problème à me faire payer un loyer le double. Je ne veux pas me vautrer dans le luxe, là.  Pis c’est pas tout le monde qui serait bien ici. Non plus. Mais je sais qu’on a trouvé notre place. Je sais que j’ai assez de sous. Parce que je la loue. Pas mal plus cher que le prix de l’hypothèque. Mais ça, ça compte pas. Notre désir de revenir en région. En famille. De contribuer. Ça compte pas. Le fait que la ville m’essouffle. M’éteint. Ça compte pas. Ce qui compte, c’est que je suis pas assez standard. C’est beau. Je le sais. Que je suis plus à risque que si j’étais fonctionnaire. Je suis pas totalement dans le champs. Mais maison ou pas. Je dois me loger. Moi et ma famille. C’est une évidence. C’est un besoin premier.

La liste.

Je pourrais le faire. Lister. En détail. Décrire tout le beau. Que cette vie nous apporte. Comment notre chemin de vie s’affirme. Comment il s’éclaire aussi. Parce que marcher dans le noir. Ça fait peur. Mais là n’est pas la question. Ma question est au niveau du futur. De celui des familles. De celui des régions. De celui des villes aussi. Parce que des citoyens heureux. C’est mieux. Parce que c’est de ça dont il est question. De vie en société. De familles impliquées. De parents. Et d’enfants. De possibilités. De libertés. Pas pour partir sur la go. Mais pour grandir. Pour avoir l’énergie d’être. De créer. De développer. De redonner. Parce que je ne suis pas revenue par hasard. Dans ce village où je suis née. Qui n’est pas le plus glamour. Mais qui est cher à mon coeur. Dans ce village que j’aime suffisamment pour vouloir y faire grandir mes enfants. Dans ce village où j’ai envie de rebâtir notre vie. Où j’ai envie de donner. Où j’ai envie de participer.

En somme.

Je suis triste. Vraiment triste. Parce que j’ai le vent dans face. Parce que le brouillard est épais. Parce que je demande pas la lune. Promis. Parce que je travaille fort. Qu’on travaille fort. Parce que le système me draine. Me prend ce qu’il me reste d’énergie. Parce que je veux contribuer. Ici. Parce que. Tout simplement parce que. Pis je me questionne. Sommes-nous les seuls? À ramer. Contre la marée. À avoir tant de difficultés à trouver le courant. À trouver l’horizon vascillant.

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Pis si jamais t’as une idée…ben j’la prend. Parce que c’est à mon tour. De pas trouver. Pis d’avoir besoin d’une méga dose d’amour.

Merci d’avoir lu. Merci d’être là.

Mélissa

(J59) Patience et longueur de temps

Contexte.

Les gens du milieu le savent. Le public en a eu vent. Par les médias. Avec ce que ça comporte. Et colporte. Et puis il y a mes collègues. Celles de l’école-maison. Qui sont sur le qui-vive. Comme les gardiennes que nous sommes. Depuis longtemps. Presque toujours. Gardiennes de la liberté de choix. Et éducative. Au nom du respect de l’enfance. De la famille. De l’individualité. Et de son importance dans le groupe. De la richesse qu’elle procure. À la société. Le milieu éducatif québécois est en remodelage. En processus de remodelage.

Terrain glissant.

Le climat est incertain. Le terrain s’effrite. Devant nos yeux. Il faut s’en occuper. On ne peut le nier. Il faut y aller de prudence. Comme toujours. Quand de grands changements sont en jeu. Il faut faire le portrait général. Échafauder des plans. Esquisser des visions. Tenir compte de l’environnement. De la clientèle. Les temps changent. Les gens aussi. Il faut s’adapter. Pour le bien commun. Sans s’oublier. Sans oublier l’individu. Ses besoins. Ses attentes aussi.

Restauration.

C’est un peu dans ce contexte que nous sommes. Dans ce contexte que flotte l’incertitude. Née du dépôt d’un projet de loi. Le projet de loi 144. Mais je le rappelle. C’est un projet. De par son nom. Sa nature. Et son état. Il s’agit d’une entrée en matière. D’un brut. Issu de rencontres. De recherches. De discussions. De constatations. Issu également d’intentions. De visions. De valeurs. Et sûrement de quelques promesses électorales. Faut pas se leurrer non plus. Le temps est au réalisme. Pas à la partisanerie. Et quelque part. Au milieu de tout ça. Pour une raison ou une autre. Il y a la volonté de changer. D’essayer. Et qui dit essai. Dit risques. De gagner. D’échouer. De bouleverser. De surprendre…c’est normal.

Danger.

Il est là le danger. À mon avis. Celui d’être aveuglés. Par la surprise. Ou la peur. Celui qui survient quand on monte aux barricades. Trop rapidement. Mal informés. Mal préparés. Dépourvus des outils nécessaires. Il faut prendre sur soi. Affiner sa stratégie. Avant de s’élancer. Il faut connaître la lutte qui nous attend. Avoir une idée des défis qui sont au-devant de nous. Plutôt que de s’acharner. À s’en épuiser. Dans des combats trop nombreux. Inadéquatement ciblés. Sans en avoir valider la nécessité. Ou la pertinence.

Patience.

C’est ma première arme. Celle qui constitue ma base. Je choisis de prendre le temps. Et je vous invite à me rejoindre. En tout. Ou en partie. Je choisis de prendre le temps d’éduquer. Comme je l’ai fait depuis le début de l’aventure. Parce que c’est important de se connaître. Pour ensuite se reconnaître. Le temps n’est plus à la peur. Il est à l’ouverture. Au dévoilement. À la force d’association. À l’acceptation.

Longueur de temps.

Il faut voir loin. Peu importe notre parcours. Comme dans tout projet d’envergure. C’est d’une société dont il est question. Pas d’une aventure improvisée. Encore moins sans lendemain. Il est question de demain. Et c’est grand demain. Et c’est long. Long longtemps. Alors. Aussi bien prendre son temps.

Évaluer la route

Entrevoir le chemin à parcourir


Prendre son temps.

Je parle de prendre son temps. Pas de le perdre. Pas de le regarder passer. Inerte. Je parle de prendre le temps de sonder le terrain. De planifier la route. De s’informer. De se former. Et aussi prendre le temps. Pour respirer. Se ressourcer. S’enrichir. Intellectuellement. Humainement. Pour grandir. Intérieurement. Et redonner. S’impliquer. Contribuer efficacement. À la cause que nous soutenons.

Vers l’avant.

Elle est là. L’arrivée. Entre temps, je suis en route. Je reste alerte. Attentive. Mais aussi confiante. C’est ce qui me donne l’élan. Pour continuer. À y croire. À voir grand. Et beau. Et loin. J’espère vous croiser sur ma route. Ou même la partager avec vous. Le temps qu’il faut. Le temps que ça durera. Par ci. Par là. J’ai envie de vous connaître. Ça me fait grandir. Inévitablement. Et ça me rend fière. De ce que le groupe auquel je suis associée construit. Chaque jour. 

Mes convictions sont profondes. Mais ouvertes. Elles sont solidement enracinées. Elles soutiennent un sol. Propice à l’érosion. Depuis la nuit des temps. Mes convictions sont celles qui veulent un avenir grand. Pour mes enfants. Pour les vôtres. Et pour les leurs. Pourquoi pas. Mes convictions sont aussi celles qui soutendent mon présent. Un présent que je vois diversifié. Riche. Collaboratif.  Un présent qui nous mènera tous vers un horizon. Un horizon gagnant.

Pour s’informer. Et réfléchir.

Je vous laisse ma liste. De trucs à lire. Ou à relire. À voir. Ou revoir. Pour l’été.Ne vous gênez pas.  Si vous avez des coups de cœur. Des découvertes. Partagez!

Education documentaries on creativity and the future of learning

Waiting for Superman

School of trust

Race to nowhere

Where to invade next (disponible sur Netflix)

(J57) Sauve qui peut

Il était une fois.

Il était une fois une maman. Il était une fois une famille. De trois enfants. Bientôt quatre. Il était une fois un ventre qui grossissait. Un utérus en mode BabyHouse. Il était une fois une petite fille. Curieuse de ce qui se tramait. De ce qui se transformait. Devant elle. Mais derrière des portes closes à la fois. Il était une fois une famille ordinaire. Qui se préparait à l’extraordinaire.

Bedon de laine, bedon rond.

Et puis j’arrondissais. Je devenais de plus en plus évidente. Difficile à manquer. Le projet se concrétisait. Tranquillement. On se préparait. Et on préparait les enfants. On voulait une épopée familiale. Un happy ending à notre image. À l’image de ce vers quoi nos rêves soutendent. Une grande finale. Une grandiose symphonie. Ça aura été autre chose. Mais j’y reviendrai. Sûrement. Quand ce sera le bon moment.

Introduction.

Bref. On jasait. Les enfants posaient des questions. On tentait de les laisser diriger les conversations. Pour répondre à leurs interrogations. Pour apaiser leurs inquiétudes. Pour qu’ils se sentent impliqués. Parce qu’on les voulait ainsi. Impliqués. On les invitait à suivre le parcours. On leur faisait des comptes-rendus. On y allait au gré de leurs envies. Dans le plus grand respect de leurs limites. On les incitait à créer le contact. Avec le futur membre de la famille. Doucement. En lui parlant. Le touchant. L’écoutant.  On entrevoyait un germe de lien. On se délectait de cette naissance qui s’effectuait sous nos yeux. Celle de la fratrie qui nous faisait rêver. On était aux anges.

Bébé de famille.

Puis il y avait Aster. La petite dernière. Sur qui on portait une attention particulière. Parce que fragile comme le verre. À cause d’un sevrage forcé. Imposé. Mais nécessaire. Pour mon équilibre. De femme. De mère. À cause de ce qu’elle est aussi. Tout simplement. On l’entraînait dans l’aventure. Prudemment. Conscients des défis que la situation lui imposait. En lui permettant de rester à l’écart. Au besoin. Et en l’accueillant avec une joie immense. Le reste du temps.

Puis.

Le temps est venu. Pas comme on avait prévu. Pas de la façon qu’on l’aurait voulu. Malgré la visualisation. Malgré les préparatifs. Et tout le cœur qu’on y avait mis. Ainsi va la vie. L’expérience en famille n’aura pas eu lieu. Malgré notre bonne volonté. C’est douloureux. Mais ce fût pour le mieux. C’est ce que la tête finit par comprendre. Pendant que le corps guérit. Et que le cœur se donne du temps. Pour digérer. Cicatriser.

5H48.

Il était 5H48. Quand bébé est arrivé dans mes bras. Quand enfin nos yeux se sont croisés. Dans un fragile équilibre. De douceur et de froideur. Dans une atmosphère à l’image des émotions. Qui nous envahissaient. Nous submergeaient. On aurait voulu que ça se passe en équipe. Que les présentations soient futiles. Superflues. Mais il fallait faire avec ce que la vie nous offrait.

Ciao. Bye.

Quitter. C’est tout ce qu’on voulait. Quitter. Pour rentrer. Se retrouver. À l’endroit où nous nous devions d’être. Entourés de ceux qui nous sont le plus chers. Retrouver la famille. Pour que l’équipe soit complète. Pour s’unir. Dans l’intensité du moment. Après des jours d’incertitude. De déception. Pour reprendre pied. En s’appuyant. Les uns sur les autres.

Toc. Toc. Toc.

6H. Il aura fallu attendre 6H. Une éternité. Dans les circonstances. Puis on l’a eu. Le fameux OK. Timide. Forcé. Hésitant. Mais on l’a eu. On a emmitouflé bébé. On a pris la route. Puis on est arrivés. Soulagés. Essoufflés. Fatigués. Fébriles. Mais heureux. Au travers de tout ça. On était surtout heureux. On a pris soin de cogner à la porte. Comme se doit de faire tout invité. Parce que ultimement. On avait quelqu’un à présenter.

Rencontre.

Et la porte s’est ouverte. Et on est entrés. On a déposé la coquille au sol. Pour faciliter le contact. Hélios s’est approché. A salué bébé. Mais pas d’Aster. Ma petite qui m’avait tant manqué. Elle ne venait pas vers moi. Ni vers le bébé. Qu’elle chérissait. Quelques jours auparavant. À travers moi. Puis je l’ai aperçue. Foncer comme une fusée. Pour aller se cacher.

24H.

Et ce fût ainsi. Durant 24H. 24 longues heures. Où elle s’est retirée. Où elle refusait mon contact. La proximité avec bébé. La nouvelle réalité. Qu’elle se faisait imposer. 24H d’impuissance. À ne pas pouvoir la réconforter. Car après tout. J’étais à l’origine de ce qui la troublait. Ce bébé qui venait tout chambouler. Une longue journée. Où j’ai oscillé. Entre la reconnaissance envers la vie. Pour cet autre miracle de la maternité. Et l’impuissance. Devant ma petite en désarroi. Face à un si grand changement.

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Trouver l’équilibre ensemble.

Abracadabra!

Puis tout s’est placé. Comme par magie. En toute simplicité. Il aura fallu une sortie. Puis une entrée en scène. Différente. Où Aster était a l’honneur. Où elle revêtait un nouveau rôle. Il aura fallu qu’elle soit celle qui s’intègre à l’environnement de son nouveau petit frère. Et non le contraire. On aurait pû y penser. Vaut mieux tard que jamais. La suite s’est déroulée plus rondement. On a recommencé à respirer. Graduellement. Et à espérer. Que nos rêves de famille allaient se réaliser.

Retour du balancier.

Les jours se suivent. Les choses se placent. Nous sommes satisfaits. De ce qui a été fait. De comment on l’a fait. Nous somme fiers d’avoir fait confiance à la vie. Mais surtout à nos enfants. De leur avoir fait cadeau du temps qu’ils nécessitaient. D’avoir pris la voie de la patience. Et surtout de la confiance. De la résilience. Il nous reste encore beaucoup  à apprendre. Surtout au niveau de l’équilibre. De l’ensemble. Et des individus qui le composent. C’est un défi de taille. Qui n’a comme égal que le bonheur. D’avoir enfin cette famille. Dont j’ai tant rêvé. Mais on y parvient. En se ressourçant. À travers les enfants. À travers les victoires. En les voyant. S’aimant. S’entraidant. De temps en temps. Entre deux séances de picossage. C’est inévitable.

(🚸) Les voyages forment la jeunesse

« Dans le cadre d’un projet commun initié par Julie (Maman escargot), je me suis jointe à d’autres parents-éducateurs blogueurs afin de témoigner de mon expérience de scolarisation à domicile. Le thème proposé: Ce que la scolarisation à domicile représente pour vous (votre famille, vos enfants), ce que ça vous apporte et comment vous le vivez au quotidien. »

Un jour.

Je ne me souviens pas trop du moment précis. De l’instant où l’idée a germé? Où l’élan de folie a pris forme. J’ai plutôt l’impression que c’était ce qui devait être. L’école-maison ne s’est pas imposée dans notre vie. Elle a été la suite. Logique. De ce qui avait été. Et elle allait teinter ce qui allait s’offrir à nous. Par la suite.

Point de départ.

Si vous nous avez déjà lu vous savez. Vous savez que j’ai eu mon premier fils assez jeune. Je suis devenue adulte en devenant mère. Et nous avons grandi ensemble. Pas à pas. Tour à tour, j’ai enfilé les rôles. Constamment maman. Mais ponctuellement étudiante. Puis travailleuse autonome. Nous nous sommes habitués à une routine à deux. Nous sommes devenus une équipe. Des compagnons de voyage.

Planifier.

Donc. Rien n’a réellement été planifié. Nous sommes partis à l’aventure. Simple de même. Pas toujours en fait. Mais pour commencer du moins. Sans trop savoir où on s’en allait. Ni où ça allait nous conduire. Ni combien de temps on serait sur la route. C’est sûrement dû à la candeur de la jeunesse. Mais ce fut merveilleux.

La route.

Le voyage aura été riche. Ponctué de paysages splendides. De rencontres enrichissantes. D’expériences confrontantes. On aura vécu des moments de doute. D’incertitudes. On aura escaladé des montagnes. Mais on aura tout traversé ensemble. Comme l’équipe que l’on était. Et on en ressort forts. Comme jamais je ne l’aurais cru.

Faut pas se leurrer.

Il y a eu des jours de tempête. Des orages. Et des grands vents. Des moments d’attente. Des impressions d’immobilité. Des ruelles sombres et lugubres. Des douaniers zélés aussi. On en a vu de toutes les couleurs. Mais au final. Ce que j’en retiens. Ce sont les arcs-en-ciel. Qui ont toujours suivis. Juré. Craché.

Terminus.

Ce premier voyage est fini. Du moins presque. Du moins avec moi. Mon fils prend une autre route. Qui lui appartient. Et je sais qu’il saura se repérer. J’ai confiance. Je l’ai vu grandir. Tomber. Se relever. Il ira loin. Aussi loin qu’il le souhaitera. Et j’en suis émue. Et fière. Et un brin nostalgique. Quand je pense école-maison, c’est ce qui me vient en tête. Instantanément.

Tout le monde ne descend pas.

Et nous y voilà. Nous reprenons la route. Avec un nouvel équipage. Cette fois nous sommes deux capitaines. Évidemment, tout est à refaire. Rien n’est acquis. Parce que l’équipe a de nouveaux rêves. D’autres besoins. Elle a ses forces. Et ses faiblesses. Et un vécu. Indépendant. Et collectif. Ce n’est pas négligeable.

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Revenir et repartir

Voir du pays.

Le plus beau dans tout ça. Ce qui fait qu’on a le courage de reprendre la route. Ce qui fait qu’on a l’énergie de s’élancer à nouveau. Dans le vide. C’est…indescriptible. Décevant de même. Je ne saurai jamais ce que l’on serait devenus. L’allure que notre famille aurait prise. Si on avait choisi de vivre autrement. Mais je sais que j’aime ce que nous sommes. Tellement. Et que j’ai envie que l’on continue. De découvrir. De foncer. De vivre. Ensemble. Je veux voir mes enfants se construire. Devenir et être. Ce qu’ils sont réellement. Sans pression. Ni jugement. Parce que je sais aujourd’hui. Je sais que c’est de cette façon qu’ils seront à leur meilleur. Et qu’ils toucheront au bonheur. Et qu’ils auront envie de le partager. Avec d’autres. Inévitablement.

Lever l’ancre.

Nous repartons donc. Sous peu. Vers de nouveaux horizons. Fébriles. Devant l’inconnu. Mais forts. Et confiants. D’être ensemble. C’est le plus beau. Quel chemin prendrons-nous? Je ne sais pas. Pour combien de temps serons-nous du voyage? Je ne sais pas plus. Ce que je sais? Je sais que j’en sortirai grandie. Et que ce sera le cas pour tout le monde. Je sais que le voyage sera une aventure. Marquante. Formatrice. Enrichissante. Pour tous. Jeunes et moins jeunes.

Et.

Avant de mettre le point final. Avant de clore. Laissez-moi vous souhaiter bon voyage. Peu importe votre destination. Peu importe avec qui vous partez. Prenez le temps de le vivre. Et de vous laisser imprégner. Et si l’école-maison vous interpelle. Si vos pas vous y mènent. Préparez-vous à vivre. De grandes émotions. De grandes réalisations.

(J56) Mea Culpa

Contexte.

Juste pour vous situer. Parce que c’est là que j’en suis rendue. À la presque fin. Ou au presque début. Je ne saurais trop vers lequel pencher. Bref, 39-2 semaines dans la bedaine. Avec ce que ça entraîne. De bouleversements. Physiques. Hormonaux. De doutes. De questionnements. D’impatience. Et, disons le. De sérénité aussi. Quand même!

Le début de la fin.

C’est à peu près là. Où je me situe. Parce que cette grossesse tire à sa fin. Mais également parce que ce sera la dernière. Ne vous détrompez pas. Le deuil est assumé. Et serein. J’ai l’impression d’avoir donné le meilleur de moi-même. Du moins de ce côté. J’ai l’impression aussi d’y avoir vécu ce que j’avais à y vivre. J’en ai profité. Pour grandir. Pour aimer. Pour m’apprivoiser. Pour découvrir. Pour me découvrir. Pour me situer. Et me projeter aussi. Bref, je crois vraiment en avoir retirer énormément. Mais ce temps est maintenant presque chose du passé. Après 4 grossesses. Je me sens extrêmement choyée.

Nouveau chapitre.

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Je n’ose même pas penser aux nombre de chapitres qu’il a conclus. Aux nombres de pages tournées. Mon arrière-grand-père avec les plus jeunes des 4 générations qui l’ont suivi.

En même temps. C’est un peu bouleversant. Ça signifie tourner une page. Et en démarrer une autre. Bien entendu. Une autre page encore vierge. Et même si l’appel se fait sentir. Je suis encore hésitante. Ou peut-être que je suis plus consciente. Tout simplement. Il faut dire que le dernier chapitre représente toute ma vie d’adulte. Jusqu’à  aujourd’hui. 17 ans de vie. C’est pas rien. Je sais désormais que le prochain chapitre verra rapidement mon premier bébé devenir adulte. À son tour. C’est un chapitre annonciateur de nouveaux cycles. Ça fait un peu peur tout ça.

J’y pense.

Quand j’y pense, j’ai le vertige. Tout se bouscule. Tout s’emmêle. S’embrouille. Par ici. Par là. Bref, j’entrevois les grandes lignes. Et c’est enivrant. Et inconfortant. Je me demande parfois si je suis la seule à vivre autant de dualités.

Je n’ai pas peur du quotidien. De relever des défis. De foncer vers de l’inconnu. Ce n’est pas ça. C’est autre chose. Difficile à décrire. À écrire. De l’ordre du ressenti. De l’intangible. L’impression d’être sur la corde raide. Surplombant la frontière entre l’espoir. Et la fatalité. En souhaitant ardemment garder confiance. Et surtout en ne voulant pas se faire tester par la vie. C’est probablement un peu hormonal. Mais peu importe. Il faut que l’avancée se poursuive. À une bonne cadence. De façon régulière. Car c’est le meilleur moyen de garder le cap. Et de maintenir l’équilibre.

Constat.

Outre les doutes. Outre les questionnements. Clore un chapitre entraîne son lot de constats. Inévitablement. Des mises au point. Nécessaires. Plus souvent qu’autrement. Et dans l’ensemble, je suis assez fière. Du chemin parcouru. Des obstacles surmontés. De la confiance acquise. Mais il y a place à l’amélioration. J’en conviens. Pour la suite. J’espère avant tout être à la hauteur. De quoi? On verra bien ce que la vie proposera. Mais en attendant. Je tente de prendre du recul. De voir le portrait dans l’ensemble. Sans filtre. Ni recadrage. La vie ce n’est pas Instagram. Il ne faut pas l’oublier.

Effort soutenu.

Le quotidien est la chose la plus exigeante du monde. Du moins, pour moi. C’est aller rêver sur Pinterest de la parfaite cuisine organisée. Se retrouver dans la sienne après le passage de 3 enfants éternellement affamés. Et se dire qu’on aurait dû lâcher l’écran bien avant. Si vous saviez tout ce qui se produit dans notre cuisine en 10 minutes! C’est monter un projet scolaire étoffé. Sur un sujet qui passionne notre enfant. Et le voir s’en désintéresser. Au moment où. On s’apprête à lui présenter. Et tout recommencer. C’est se lever à 4:30AM. Pour essayer de passer un peu de temps avec son chum. Et pour travailler un peu. Et déclencher le détecteur de fumée en se faisant un café. Misère! Et c’est aussi tout ce qui tourne autour de nous. Tous ces satellites qui influencent notre vie. Directement ou indirectement. C’est gens qu’on aime et qui vieillissent. Ou sont malades. Ou tristes. À qui ont fait une place dans notre vie. Avec tout notre cœur. Et les meilleures intentions du monde. Même si ça bouleverse les plans.

Mea Culpa. Je ne suis pas la plus organisée. Ne vous détrompez pas. Je suis pleine de bonne volonté. Mais ciel que je trouve ça difficile. De tout coordonner. De tout conjuguer. D’insérer l’imprévisible dans la routine. Je voudrais prendre soin de moi, des enfants, de mon couple, des animaux et de la maison. Avoir plus de temps à investir sur ma carrière et faire plus d’activités avec les enfants. En famille. Je voudrais que mes enfants se réveillent chaque matin à l’odeur du pain frais et passer des heures à leur lire des histoires chaque soir. Mais il faut apprendre à laisser-aller. Un peu. Ici et là. Pour qu’à la fin on sente un équilibre. Individuel. Et familial. Du moins momentanément. Car. Entre vous et moi. La culpabilité ne fait pas avancer. Malheureusement.

Focus.

C’est un peu aussi la raison de ce blog. Qui va. Par ci par là. Dans les différentes sphères de notre vie. Sans s’attarder. Plutôt en survolant ce qui nous tient à cœur. En répertoriant ce que nous aimons par-dessus tout. En concrétisant ce qui nous rend le plus heureux. Le plus fiers. Et ce qui fait de nous qui nous sommes. À travers le temps. C’est un peu notre Vision Board familial. Intemporel. Avec beaucoup de mots. C’est ce qui nous donne la force de patienter. Quand on a l’impression que la vie nous maintient. Immobiles. Et celui qui nous redonne l’énergie d’avancer. Quand les obstacles se dressent.

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Un clin d’oeil à mon grand. Celui avec qui tout a commencé. Celui avec qui je suis devenue adulte. Celui avec qui j’ai bravé vents et marées. Celui qui s’apprête, aujourd’hui, à devenir adulte. À son tour.

J’imagine.

J’imagine que c’est ça la vie. Regarder devant. Avoir un peu peur. Avancer quand même. Que les pas soient hésitants. Ou assurés. Juste garder le cap. Par espoir. Par curiosité. Par volonté d’aller plus loin. De risquer.

J’imagine que c’est ça la vie. Changer de trajet. Et accepter que d’autres prennent un autre tracé.

J’imagine que c’est aussi ça la vie. Prendre de l’expérience. Gagner en assurance. Devenir plus téméraire. Ou simplement plus confiant.

En fait. J’imagine que la vie est bien plus le résultat de ce que l’on est. Et des traces que nos pas auront laissées. Que de ce que nous ne sommes pas. En fait. Je l’espère.